HEARTS IN THE ICE

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Par Journal Le Nord
HEARTS IN THE ICE
Bamsebu et la réserve de bois de chauffage (Photo : Pascale Lortie)

9 mois en arctique

par Pascale lortie

Pascale.lortie@live.fr

Dans 20 ans, vous serez plus déçu par ces choses que vous n’avez pas faites que par celles que vous avez faites. Alors larguez les amarres. Mettez les voiles et sortez du port ô combien sécurisant. Explorez. Rêvez. Découvrez.” – Mark Twain

Des nouvelles fraîches

 

Déjà un mois que Sunniva et Hilde sont isolées aux confins de l’Arctique sans électricité ni eau courante, mais leur quotidien est loin d’être morose. Beaucoup de corvées au programme avant la tombée de la longue et froide nuit polaire. En effet, le soleil disparaîtra sous l’horizon le 26 octobre pour ne réapparaître que le 16 février. Elles doivent donc s’assurer d’avoir à portée de main tout ce dont elles auront besoin : bois, eau, vêtements, nourriture. À quelques semaines avant de perdre la lumière du jour, elles se demandent : « Qu’allons-nous voir lorsque nous ne verrons plus rien? Lorsque la lumière du soleil s’éteindra pour laisser place à celle des étoiles et du clair de lune ? »

Pour l’instant, le plus urgent est de récolter par bateau suffisamment de bois de grève sur les plages environnantes pour ensuite le couper et l’empiler, puisqu’il s’agit de leur principale source de chaleur. Les stocks sont insuffisants ; il reste donc du travail à faire. L’approvisionnement en eau douce constitue également un défi. Elles doivent se ravitailler aux quelques sources environnantes pour remplir le réservoir extérieur de 1 000 litres qui est déjà gelé. De plus, la capacité de stockage au Bamsebu est limitée. Il faut donc trier judicieusement ce qui peut geler et être entreposé à l’extérieur dans les barils à l’épreuve des ours polaires et la petite remise temporaire construite à cet effet. Bref, il faut beaucoup de temps pour survivre, faire à manger et rester au chaud.

Heureusement, elles sont équipées du nec plus ultra en matière de communications pour se rappeler qu’elles ne sont pas les deux derniers êtres humains sur la planète. L’équipement de communication Met-Ocean / Mission Link et le téléphone satellite Iridium sont très efficaces en matière de connectivité. Elles ont toutefois perdu toute alimentation pendant 48 heures, probablement parce qu’elles avaient laissé la batterie dehors !

La collecte de données est en cours

Sunniva et Hilde prennent leur rôle de citoyennes scientifiques très au sérieux. Elles ont déjà collecté plusieurs spécimens d’insectes pour le chercheur Borge Damsgaards de l’UNIS et recueilli leurs premiers échantillons d’eau de mer et de phytoplancton pour la biologiste Allison Cusick de l’Institut océanographique Scripps. Elles ont aussi effectué un vol chronométré à l’aide du drone à imagerie thermique Indro. Les données recueillies permettront de mieux comprendre la relation entre la température de surface de l’eau et les concentrations de phytoplancton dans le milieu marin.

Observation de la faune

Octobre est le mois d’accouplement des rennes de Svalbard et nos deux aventurières ont eu droit à tout un spectacle. Puisqu’ils n’ont pas de prédateurs, ces rennes sont tout sauf timides. Un jour, plus d’une vingtaine entouraient le Bamsebu à si proche distance qu’elles pouvaient les entendre respirer. Un mâle s’est même approché à deux mètres d’Hilde et de la chienne Ettra pour ensuite s’en retourner nonchalamment. On estime la population des rennes de Svalbard à 22 000 environ. Toutefois, quelque 200 rennes ont été retrouvés morts de faim l’été dernier et beaucoup souffrent d’une perte de poids et d’une diminution de taille, en raison des changements climatiques.

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Hilde qui coupe du bois. Photo : Hearts in the Ice
La salle à manger. Photo : Pascale Lortie
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