Haltérophilie : Des objectifs ambitieux même après 30 années de pratique

Luc Robert
Haltérophilie : Des objectifs ambitieux même après 30 années de pratique
Manon Poulin (à gauche), médaillée d’argent en haltérophilie. Photo de Richard Metthé.

Intronisée au Temple international de la renommée d’haltérophilie en 2018, Manon Poulin, de Prévost, entend atteindre à nouveau les standards qui ont fait sa renommée.

 

Plusieurs fois championne du monde et championne panaméricaine, l’athlète est également détentrice de plusieurs records mondiaux de la discipline. « J’ai beau évoluer chez les Maîtres, soit dans le groupe d’âge des 55 à 59 ans, j’ai encore des objectifs à moyen et à long terme. Je veux aller au bout des capacités de mon corps : refaire 60 kilos à l’arrachée (son record imbattu depuis 1999) et 75 kilos à l’épaule et jetée. Je vais remonter à ces niveaux par paliers. Ça se fera en douceur, pendant quelques années. J’ai toujours aimer faire mentir la loi de la moyenne », a lancé Mme Poulin.

Cette dernière est revenue de loin, à la suite d’une blessure subie en 2009 à une cheville. « Je me suis blessée hors-compétition, lors d’un accident de terrain. Les ligaments ont été atteints. Je compensais à cause de la douleur. J’ai une cheville plus grosse que l’autre. De nos jours, je ne prend aucune chance, par mesure de sécurité, peu importe la douleur, je consulte dès que je ressens des symptômes qui me font penser à une blessure. Chiro, physio et massothérapeutes font partie de mes mesures de sécurité », a-t-elle plaidé.

Concentration

Le Championnat du monde maîtres d’haltérophilie 2019 (athlètes de 35 ans et plus) se tient pour la première fois à Montréal, jusqu’au 24 août, au Centre Pierre-Charbonneau. Plus de 150 Canadiens participent à cette compétition, pour un total de 800 athlètes, provenant d’une soixantaine de pays.

« Ça m’allume de me sentir dans le climat olympique, de refaire vivre les installations des Jeux olympiques de 1976, même si l’haltérophilie était présentée à l’époque à l’aréna Saint-Michel. J’étais très jeune, lors des ces jeux d’été. J’ai grandi à Rosemont et je me souviens à peine de la vague olympique. »

Compétitionner à domicile présente à la fois des avantages, mais aussi quelques soucis. « Par exemple, l’an dernier à Barcelone, je pouvais m’isoler avant de monter sur l’estrade. Ici, les gens sont intrigués par la discipline et viennent s’informer auprès des athlètes du coin. C’est un peu dérangeant par moments, mais j’aime leur expliquer notre sport. » Manon Poulin est à l’affiche à Montréal dans la division des 59 kg. « À Montréal, ils ont décidé de fonctionner à deux plateaux, sur deux sites adjacents. Pour le public, ça développe un engouement. Mais disons que pour un entraîneur (elle supervise Rosalie Larouche de Joliette), c’est dur à suivre, d’autant que je compétitionne en plus. »

Club « Re-Lève »

Au cours des trois dernières années, Mme Poulin s’est consacrée à la mise sur pied du club d’haltérophilie « Re-Lève », actif à la Polyvalente de Saint-Jérôme. Il s’agit d’un nom inspiré de sa philosophie de vie, « re-lever » des poids, mais aussi se « relever » dans la vie.

Manon Poulin se destinait plus jeune à une carrière de coureuse cycliste. Elle a été ensuite recrutée en 1989-1990 par Pierre Roy, au Centre Claude Robillard, où elle s’adonnait à des séances de musculation.

Mission accomplie

Manon Poulin peut crier mission accomplie. Au championnat du monde d’haltérophilie des Maîtres 2019, à Montréal, elle a décroché

la médaille d’argent dans les 59 kg et moins, au groupe d’âge des 55-59 ans. «Techniquement, je suis très satisfaite, ayant réussi tous mes essais, soit 6 sur 6 !  Je vis au quotidien. J’ai vécu une merveilleuse expérience de pouvoir m’accomplir devant les miens.

Merci à mon époux Richard, mes enfants Maximilien et Christine, ainsi qu’à cette merveilleuse famille de l’haltérophilie».

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'abonner  
Notifier de