Guillaume Lemay-Thivierge

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Par France Poirier
Guillaume Lemay-Thivierge
Guillaume Lemay-Thivierge (Photo : Julien Faugere)

« Les tournages apporteront de grands défis »

Le retour sur les plateaux de tournage est une bonne nouvelle en soi, mais ce sera sûrement un gros défi à relever tant pour les producteurs, les acteurs que pour les équipes techniques. Nous avons voulu savoir ce qu’en pensait l’acteur et réalisateur Guillaume Lemay-Thivierge.

Que pense l’acteur ?

Actuellement, je ne suis pas impliqué dans un tournage imminent alors j’ai la chance de pouvoir être spectateur, je vais regarder ça aller. J’ai été faire l’émission Bonsoir Bonsoir dernièrement. Les mesures sont prises, la distanciation est là, il n’y a personne qui s’approche de moi, pas de maquillage, pas de coiffure. Le technicien qui installait mon micro était derrière une vitre, portait un masque, il avait des gants. Alors, côté show de variétés, ça se fait relativement bien.

En tant que réalisateur ?

Ce n’est pas à mon tour de réaliser sur District 31, donc je ne pourrai qu’être spectateur en prenant des nouvelles de mes amis pour savoir comment ça se passe. J’imagine que ça va être un drôle de casse-tête pas évident à gérer. Déjà on est des Latins, on est habitué de se rapprocher quand on parle à quelqu’un, on travaille toujours très proche, ce sera le premier défi.  Une fois qu’on a établi que les acteurs doivent garder une distanciation, ça va être facile de marquer des lignes, de faire des mises en place pour mettre une certaine distance. Si on prend par exemple, les enquêteurs de District 31, s’ils sont chacun à leur bureau, il n’y a pas de problème et tout le monde est à deux mètres. Par contre, je pense à l’accessoiriste, aux caméramans, au directeur photo, à l’aide-caméraman qui est collé sur le caméraman pour pouvoir faire le focus, à ce moment-là ça devient plus compliqué. Je pense que la technique sera plus complexe que le jeu d’acteur. Maintenant, comment on fait une arrestation, comment on met des menottes, ça aussi ce sera un énorme défi.  Il va sûrement y avoir une période d’ajustement.

Lorsque tout a arrêté à la mi-mars, tu travaillais sur quoi ?

Le hasard a fait que je réalisais sur District 31 la semaine du retour de la relâche et quand j’ai terminé ma semaine de tournage, le confinement est arrivé. Les dernières journées, sur le plateau, les gens ne se donnaient plus la main, on gardait nos distances, on se mettait du Purel. On se disait : « il y a quelque chose de grave qui s’en vient ».

Trois jours après c’était le confinement général. Sur District 31, ce n’est pas comme une autre série, étant une quotidienne, il y a plusieurs réalisateurs qui font une semaine chacun à tour de rôle.

Est-ce qu’il y a des projets qui ont dû être annulés pour toi ?

Nous autres on lançait la deuxième saison de Si on s’aimait et ça regardait bien pour la faire assez rapidement, mais ça été décalé. Ce qui a été le plus marquant dans tout ce que je devais faire ça été tout ce qui est théâtre : les derniers spectacles de Ladies Night et on terminait la tournée de Fais-toi une belle vie également et ça je te dirais que c’est énorme : plus de 25 shows qui ont été reportés et je ne sais pas quand ils seront faits. Un film en écriture qui est l’adaptation de la pièce Fais-toi une belle vie. On allait déposer le projet début avril. Je suis dans un brouillard très dense ces temps-ci, sans être en panique. C’est de l’inconnu que je vis.

Comment ça se passe pour Voltige ton école de parachutisme ?

On travaille fort pour préparer la suite de Voltige. On attend de voir de quelle façon et quand nous pourrons rouvrir. Nous avons déjà deux mois de retard. On a eu de l’aide, on devrait s’en sortir. Difficile pour nos employés, on n’est pas capable de donner d’heures garanties pour le moment. Nous sommes des battants, mon équipe et moi. Toutes les écoles de parachutisme on a fait un front commun d’ouvrir en même temps pour se donner une chance à tous.

Comment as-tu vécu cette période d’arrêt ?

Au début j’ai vécu ça carrément comme des vacances. Je me suis dit on ne va pas se mettre à paniquer, ça va être intense, ça va être spécial, ça va être de l’inconnu, mais on va le vivre comme si c’était agréable. C’est la décision que j’ai prise avec ma famille, ma blonde. On a pris le côté léger, on a fait bouger les enfants, on a essayé de faire l’école à la maison du mieux que l’on pouvait, on est resté proche les uns des autres, tout en respectant le confinement. Tout ça dans la légèreté et le plaisir. Pour ma part, j’ai vécu une belle période jusqu’à présent. J’ai pris le temps de vivre, de respirer, ce que je n’avais pas fait depuis longtemps. Je travaille énormément depuis quelques années. Dans un sens, j’ai été content de prendre une pause.

Qu’est-ce que ça t’a appris sur toi ?

Ce que j’ai appris le plus c’est que je n’ai pas besoin d’être si occupé pour apprécier la vie. J’aime être occupé dans des trucs personnels, m’occuper de mon terrain, aller dans le bois. Déjeuner tard, ne pas courir tout le temps pour les devoirs, le souper. Détendre la routine m’a énormément plu, je veux dire qu’il y a une routine, mais elle est moins serrée, moins obligatoire. On n’avait pas à courir tout le temps pour aller porter les enfants à l’école, à la garderie. C’est précieux cet espace de temps qui m’a fait découvrir plein de choses que j’aimais faire comme aller marcher dans le bois, grimper une montagne.

Comment tu vois la vie après la COVID ?

Moi je vois malheureusement l’après que le naturel pourrait revenir au galop. Notre standard naturel était de courir, de prendre trop de choses, de rentabiliser le temps. Il
y aura peut-être une bonne partie de la population qui ne voudra pas revenir à
ça, ce qui va peut-être créer un certain équilibre là-dedans.

 

En rafale :

Lecture : Hubert Reeves

Série : C’est pour ça que je t’aime, que j’ai adoré. Je fais découvrir à mes enfants la série Tactik et mes enfants capotent sur Les beaux malaises

Musique : la chanson française, Charles Aznavour, Joe Dassin, Gilles Vigneault, Félix Leclerc, c’est ce qui joue chez nous.

Ce que tu cuisines : je suis le spécialiste des déjeuners (crêpes, œufs c’est moi qui s’occupe de ça). Ma blonde et moi, on adore tout ce qui est à base de cari, épicé, la cuisine Thai, on adore.

Petits bonheurs : aller dans le bois, monter une montagne, bûcher du bois, j’adore ça et ça me rend heureux

Ce qui t’indigne : l’injustice, la violence, l’imbécillité humaine et le racisme me choquent au plus haut point

Ce que les gens ignorent de toi : je ne suis pas si hyperactif qu’on le croit, j’apprécie la solitude.

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