Frimas: un court-métrage sur l’avortement pour Marianne Farley

Par Ève Ménard
Frimas: un court-métrage sur l’avortement pour Marianne Farley
L’actrice Karine Gonthier-Hyndman joue le rôle de Kara dans le court-métrage Frimas. (Photo : Courtoisie)

La réalisatrice Marianne Farley, qui a grandi à Sainte-Adèle, présente cette semaine son court-métrage Frimas au Festival REGARD qui se tient du 9 au 13 juin. Il s’agit d’un premier court-métrage depuis Marguerite, qui avait valu à l’artiste une nomination aux Oscars en 2019.

Le terme « frimas » est défini comme étant un brouillard froid et épais, qui se glace en tombant. Pour Marianne, il s’agissait de la métaphore parfaite et suffisamment subtile pour aborder la réalité actuelle du droit à l’avortement et des risques de le croire intouchable. Elle s’explique : « En ce moment, nous sommes en quelque sorte aveuglés par ce brouillard, mais éventuellement, ça peut retomber en glace; il peut y avoir des conséquences à croire que c’est un droit complètement acquis. »

Il n’y a qu’à regarder chez nos voisins américains qui déposent projet de loi après projet de loi afin de restreindre l’accès et le droit à l’avortement. En parallèle, le courtmétrage traduit aussi l’inquiétude de sa réalisatrice quant à la montée des discours d’extrême-droite et de la polarisation, autant ailleurs qu’ici, au Canada et au Québec. « Ce n’est pas tout le monde qui a fait la paix avec l’idée que la femme puisse choisir pour son corps », affirme-t-elle à contrecoeur.

Dystopie

Bref, le thème du droit à l’avortement était évident. Mais la réalisatrice n’avait pas envie de situer l’action dans les années précédant sa décriminalisation, étant donné que plusieurs films l’avaient déjà fait par le passé. Dans l’objectif de créer quelque chose de plus contemporain, Marianne a eu l’idée de projeter l’action dans le futur. On se retrouve ainsi dans un Québec dystopique au coeur duquel l’avortement est de nouveau criminalisé.

Le personnage de Kara, joué à merveille par Karine Gonthier-Hyndman, choisit malgré les risques de faire appel à une clinique d’avortement mobile illégale. Ce synopsis permet de se questionner sur les répercussions d’une telle tournure d’évènements, à une époque où la technologie est en plein essor.

L’hypocrisie du mouvement

Dans une des meilleures scènes du court-métrage, le personnage de Kara affirme à la dame qui lui vient en aide, interprétée par Chantal Baril, que son mari est pro-vie. Ce à quoi le personnage répond : « Ton mari n’est pas pro-vie, on dit anti-avortement. »

Cette réplique traduit l’hypocrisie du mouvement, que dénonce Marianne Farley. « Je trouve aberrant depuis toujours que les gens anti-avortement se déclarent comme étant pro-vie. Pro-vie de qui? Certainement pas de la mère ou de la femme qui est enceinte. » La réalisatrice expose du même souffle que ces personnes sont très souvent contre l’immigration ou encore pour le port d’armes à feu. « Ils ne veulent pas perdre le droit de porter des armes à feu, alors que pleins de jeunes sont tués par ces armes chaque année, chaque jour. »

Au nord d’Albany pour 2022

Marianne Farley est aussi bien occupée par son premier longmétrage, Au Nord d’Albany. Le tournage de celui-ci s’est échelonné sur 28 jours, en pleine pandémie. La réalisatrice a d’ailleurs tourné dans les Laurentides pendant une journée et demie. Actuellement, elle est dans les dernières étapes du montage. Le film risque de sortir dans la première moitié de l’année 2022.

Tournage Marianne Farley
Marianne Farley en plein tournage de son premier long-métrage.
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