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«On a tendance à confondre dangerosité et criminalité»-Marc Gascon

Par mychel_lapointe

« Dénombre-t-on plus de crimes à Saint-Jérôme qu’à Montréal? Je ne le pense pas… Mais il se trouve une fois de plus des gens pour casser du sucre sur le dos de Saint-Jérôme… » note M.Marc Gascon.

Le maire de Saint-Jérôme était furieux lundi matin dernier quand il a pris connaissance d’un article du quotidien La Presse qui classe Saint-Jérôme au deuxième rang des villes les plus criminalisées au Québec, derrière Mont-Tremblant et devant Montréal.

Selon des données émanant de Statistiques Canada et en établissant, comme l’a fait La Presse, un pourcentage du nombre de dossiers traités par rapport à la population en 2007, Mont-Tremblant obtient un score de 12,9 %, devant Saint-Jérôme à 8,6 % et Montréal à 7,6 %. La moyenne québécoise s’établit à 5,8 %. « Voyons donc, combien a-t-on dénombré de meurtres à Montréal l’année dernière? Environ 80. À Saint-Jérôme, on a enregistré un seul meurtre au cours des quatre dernières années, et peut être depuis plus longtemps si on recule dans le temps, et c’était un meurtre relié à un cas de maladie mentale » s’objecte M.Gascon.

Victime du succès

En fait, le premier magistrat considère que Saint-Jérôme serait en quelque sorte victime de son succès. « On a tendance à confondre dangerosité et criminalité. Saint-Jérôme est une ville sécuritaire. La majorité des crimes dénombrés chez nous sont des crimes contre la propriété qui se traduisent particulièrement par des vols de moins de 5 000 $. La différence entre Saint-Jérôme et d’autres municipalités, c’est que nous ouvrons un dossier pour chaque crime commis. Ce qui nous permet de faire de la prévention et d’ajuster nos interventions futures. Je ne pense pas qu’à Montréal, on ouvre un dossier pour un vol de bicyclette, par exemple. À Saint-Jérôme, nous le faisons ». « À Saint-Jérôme la police fait du bon travail. On s’est donné pour mission que nos policiers répondent aux appels des citoyens dans un délai d’une heure. Dans les écoles secondaires, c’est tolérance 0 en matière de violence et de criminalité. C’est une stratégie policière qui rapporte des résultats, mais qui fait aussi gonfler les statistiques. A quelque part, c’est à se demander si nous ne sommes pas victimes de notre succès. Avec des études du genre (celle publiée dans La Presse lundi matin dernier), quand on fait le travail convenablement, on est pénalisé… Notre police fait du maudit bon travail, mais c’est en raison de la qualité de ce travail que nous sommes ciblés…. Ce qu’on oublie de dire par contre, c’est que notre taux de résolution de crimes est de 48 %. Un crime sur deux qui est résolu, c’est extraordinaire… » souligne le maire.

Trop fous…

Dans tout cela, Marc Gascon se défend bien de jouer à l’autruche. Criminologue de formation, il sait bien que la criminalité est présente à Saint-Jérôme. Il est bien conscient que le trafic de drogues est monnaie courante, « comme c’est le lot de toutes villes centres… ». La présence des motards criminalisés à Saint-Jérôme est un secret de polichinelle, « c’est le lot de toutes les grandes villes… » Mais depuis la frappe opérée par la SQ il y a quelques années, « on les voit de moins en moins dans le secteur ». Par contre, Marc Gascon refuse de croire à la présence des gangs de rue chez nous. « Des gangs de rue à Saint-Jérôme, il n’y en a pas. Nos policiers sont d’une dureté et d’une sévérité telle que les membres de gangs de rue considèrent qu’ils sont mieux d’aller ailleurs parce que ils sont trop fous à Saint-Jérôme… »

Il faut par contre dire que les criminels de passage à Saint-Jérôme ont souvent beau jeu. « L’autoroute 15 est la voie d’accès et de fuite par excellence pour les criminels qui viennent faire leurs coups à Saint-Jérôme… ” note le maire.

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