Environnement : Des saules nourris par les eaux usées

Photo de France Poirier
Par France Poirier
Environnement : Des saules nourris par les eaux usées
Ghislain Lacombe, directeur de l’ingénierie et de l’environnement chez WM, Yves Comeau, ing., Ph.D., professeur à Polytechnique Montréal, Marguerite Blais députée de Prévost et ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Michel Labrecque, Ph.D., botaniste à l’IRBV du Jardin botanique de Montréal et professeur l’UDM, Louise Gallant, mairesse de Sainte-Sophie, Francis Allard, président et co-fondateur de Ramea phytotechnologies, Bruno Laroche, préfet de la MRC de La-Rivière-du-Nord et Guy Charbonneau, maire de la ville de Sainte-Anne-des-Plaines. (Photo : Courtoisie )

Un projet-pilote novateur d’économie circulaire et de phytotechnologie sur le site d’enfouissement technique de Sainte-Sophie a été dévoilé, la semaine dernière. Il s’agit de la valorisation des eaux usées pour la croissance des saules.

 

Les phytotechnologies sont des solutions technologiques qui utilisent les végétaux pour générer des solutions environnementales. Les eaux usées (lixiviat ou eaux de lixiviation) proviennent de la percolation des précipitations à travers les matières résiduelles en décomposition. Cette eau, principalement chargée de matière organique, est recueillie par un système de captage aménagé dans le fond des cellules d’enfouissement étanches, avant d’être traitée.      

Deux ans de travail

Le projet PhytoVaLix ( phyto traitement et valorisation de lixiviat) a été réalisé grâce au fruit du travail de chercheurs durant deux ans. Ainsi, les partenaires Waste Management (WM Québec), Ramea phytotechnologies, l’Institut de recherche en biologie végétale du Jardin botanique de Montréal et Polytechnique Montréal, ont découvert une toute nouvelle alternative pour le traitement du lixiviat par biofiltration grâce à la plantation de saules à croissance rapide.

Ghislain Lacombe, directeur de l’ingénierie et de l’environnement chez Waste Management souligne : « Notre objectif est de redonner au site sa vocation agricole initiale. La vision agroenvironnementale de Ramea phytotechnologies nous permet de réduire notre empreinte environnementale tout en contribuant à l’essor d’une entreprise régionale très prometteuse. Cette technologie pourrait être appelée à générer d’importants bénéfices environnementaux au-delà des frontières du Québec ».

Le mur antibruit de saule séché écorcé aux abords de l’Autoroute 15, Montréal (hauteur Henri-Bourassa et de l’Acadie).

Volet scientifique

Le volet scientifique de PhytoVaLix est encadré par une équipe d’une vingtaine de chercheurs et étudiants s’intéressant au traitement des eaux usées et à la biologie végétale, de même que par l’équipe technique de Ramea phytotechnologies. L’objectif de la recherche est de valider la performance de cette technologie et de déterminer les conditions optimales de traitement du lixiviat, de la croissance des saules et de la qualité du bois. Huit variétés de saules seront irriguées afin de déterminer quelles espèces répondent le mieux à ces conditions de culture.

Pour Yves Comeau, spécialiste en traitement des eaux usées : « L’eau et les matières organiques et inorganiques issues des déchets présentent une réelle valeur en nutriments pour les plantes. Les procédés phytotechnologiques ont le potentiel de contribuer au traitement de lixiviat de façon efficace et économique. Riches en azote et en minéraux, les eaux de lixiviation ont démontré jusqu’ici qu’elles pourraient doubler la croissance normale des saules ».

Gestion du projet

Près de 160 000 saules ont déjà été plantés sur neuf hectares des secteurs fermés du site d’enfouissement, dont 13 % font partie du projet PhytoVaLix. La gestion de la plantation et du procédé est assurée par Ramea phytotechnologies, entreprise spécialisée dans le développement de technologies végétalisées et la production et la commercialisation de saules à croissance rapide, tandis que l’équipe de Waste Managment Québec est responsable du contrôle environnemental.

Murs antibruit

« PhytoVaLix est un exemple remarquable d’économie circulaire, regroupant de multiples bénéfices en un seul projet. Nous valorisons des eaux usées, nous favorisons une croissance rapide des saules, qui contribuent à la biodiversité sur la propriété de Waste Managment, pour au bout du compte créer des produits bons pour l’environnement. Les tiges seront tressées en panneaux pour la confection de murs antibruit Écrans Verts, qui constituent une alternative verte et durable aux murs antibruit de béton. Les tiges moins propices à la fabrication de panneaux seront pour leur part transformées en paillis horticole », souligne Francis Allard, président de Ramea phytotechnologies.

Financement

Il s’agit d’un projet de 1,2 million $ financé par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), le Consortium de recherche et innovations en bioprocédés industriels au Québec (CRIBIQ), Ramea phytotechnologies et WM Québec.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'abonner  
Notifier de