Entre répit et dignité

Entre répit et dignité

Chronique affaires et économie
Jean-Claude Tremblay, MBA Collaboration spéciale

jctremblay@cogitas.ca

Entretien avec Guylaine Charlot – Maison Aloïs Alzheimer

Cette semaine, chers lecteurs, pleins feux sur une organisation où l’on a troqué le mot profitabilité pour celui de dignité. Bienvenue à la chaleureuse Maison Aloïs Alzheimer, là où l’expression « milieu de vie » est résolument promue et incarnée, par l’empathique gardienne de la joie de vivre des lieux, Mme Guylaine Charlot, directrice générale.

Je débute avec une déclaration volontaire : je suis très familier avec la maladie d’Alzheimer, ce qui inclut ses périlleux tenants et aboutissants, pour l’avoir côtoyée personnellement pendant plusieurs années. Malgré toute l’expérience, tant dans des institutions publiques que privées, je dois avouer que rien dans mon parcours ne pouvait me préparer à m’imprégner d’une si magnifique démonstration d’amour qui, chaque jour, prend place dans cet établissement.

L’organisation

C’est en 1997, après avoir eu soin de son mari atteint de la maladie, que Mme Louise Laroque-Guérin commença son travail de mobilisation. Son idée était de mettre sur pied une halte-répit qui donna, en 2010, naissance à la Maison Aloïs Alzheimer. Dès mon premier contact téléphonique avec Marie à la réception, j’étais séduit! Mon arrivée sur place fut mémorable, alors que j’ai pu observer un groupe de participants en pleine session d’activité de stimulation.

Les animateurs et intervenants étaient courtois, professionnels, mais surtout, ils semblaient tous être, sans exception, heureux et comblés.

Une équipe unie, influencée par une leader magnétique

Un conseil d’administration impliqué, une cinquantaine d’âmes bénévoles, appuyant une dizaine d’employés permanents multidisciplinaires, tous accrochés à la même mission : favoriser la qualité de vie des personnes atteintes d’Alzheimer et de maladies apparentées, ainsi que celle de leurs proches aidants.

Juste pour la dernière année fiscale, cette équipe d’anges gardiens a épaulé 284 proches aidants, en plus d’accueillir 168 participants : une augmentation significative par rapport à l’an dernier.

La DG, Mme Charlot, n’est pas une dirigeante comme les autres. Ayant œuvré en gestion dans des agences de communication marketing, ainsi que dans des environnements corporatifs, sa santé lui a un jour ordonné de se réorienter, et d’écouter immédiatement l’appel de sa mission de vie. Elle décida donc de suivre son cœur, et de tout laisser tomber pour retourner aux études… en gériatrie! De fil en aiguille, son destin l’a mené naturellement vers sa voie : la relation d’aide et le service aux aînés.

« Pour la première fois de ma vie, je me sens totalement à ma place et je sais exactement pourquoi je suis là. »

Toujours des défis

Le financement d’un tel organisme demeure toujours le défi central, sans compter que la demande est en explosion et vient littéralement de partout. D’ailleurs, lorsque l’émission de Chantal Lacroix intitulée 8 heures pour la cause a sélectionné la Maison Aloïs Alzheimer pour un épisode, la directrice générale se souvient d’avoir reçu de nombreux appels provenant de partout au Québec. « Les gens me demandent encore régulièrement : quand allez-vous venir dans notre coin, on a besoin de vos précieux services ici! Ça me fait toujours de la peine de ne pas pouvoir les aider immédiatement, mais en même temps, ça me donne l’énergie nécessaire et la vision pour faire croître l’organisme, et ainsi aider encore plus de gens. » Lorsque l’on consulte les statistiques démographiques, et l’énigmatique progression des maladies de type cognitif, on ne peut que supporter les projets visant à multiplier ce genre d’établissements fournissant, je vous prie de me croire sur parole, des services carrément essentiels.

Mes conclusions

Pour être consulté régulièrement sur des enjeux concernant le leadership et la dynamique organisationnelle, je vous assure que l’entreprise communautaire sort du lot, de par l’efficacité de son approche en mobilisation des talents, tant internes qu’externes. Tout part du métronome, Mme Charlot, qui, appuyée par son CA, prône un style de gestion coopératif, et mise sur la force de l’équipe. Une gestion décentralisée basée sur le respect et la bonne humeur, permet à cet organisme d’offrir à tous ceux qui le croisent, une expérience extraordinaire. Cette entité, focalisée entièrement sur ses « clients », ici appelés dans leur respectueux jargon, le participant et le proche aidant, m’a réconcilié avec le « système » et le genre humain. Joignez-vous à moi pour remercier cette grande équipe de soleils qui, chaque jour, réchauffent la vie des personnes qui en ont grandement besoin.

Maison Aloïs Alzheimer
651, 5e rue, Saint-Jérôme, QC, J7Z 2W8
www.maisonaloisalzheimer.org/
info@maisonaloisalzheimer.org
450 660-6225