Entreprises Rolland

Par Luc Robert
Entreprises Rolland
Les employés de bureau des Entreprises Rolland entendent reconduire leur période de piquetage. (Photo : Juana Laurin)

Les employés intensifieront les moyens de pression

Luc Robert — Après avoir été mis en lock-out mardi matin, les employés de bureau des Entreprises Rolland, de Saint-Jérôme, entendent renouveler leur mandat de six jours additionnels de piquetage.

Devant la lenteur des négociations pour signer une nouvelle convention collective, les employés ont sorti leurs pancartes de grève, vendredi dernier, à l’usine de papier située sur le boulevard Jean-Baptiste Rolland Ouest.

« La direction a embauché des gardiens de sécurité, pour nous tenir loin de leur terrain. Ce n’est pas un problème, car nous manifestons au coin de la rue. Nous allons renouveler notre mandat de six jours de grève. Avant, la Rolland était un employeur de choix. Ce n’est visiblement plus le cas depuis que la compagnie est passée aux mains de l’Américaine H.I.G. Capital, en 2014 », a pointé du doigt Mme Elysa Bergin, présidente du syndicat des travailleuses et travailleurs des Entreprises Rolland — affilié à la CSN.

24 employés, syndiqués à la CSN depuis la fin de décembre 2016, veulent que la direction en arrive à un règlement avec celles et ceux qui occupent des postes très variés au sein de l’entreprise. 

« Ce sont les patrons qui jouent aux remplaçants, présentement. Leurs nouveaux critères bloquent les avancements de nos membres. Les départs ne sont pas renouvelés. Nous étions près d’une trentaine d’employés, maintenant 24. Pour progresser dans l’entreprise, ils exigent maintenant un DEP et une expérience pertinente de cinq ans. Plusieurs membres ne peuvent progresser ou obtenir un transfert latéral dans une autre division de l’entreprise, avec ces conditions », a-t-elle poursuivi.

« Depuis le mois de mars 2018, plus d’une vingtaine de séances de négociation et de conciliation se sont tenues, sans que l’employeur démontre une véritable intention de négocier sur des bases équitables. La fin des négos a eu lieu le 14 novembre; aucune nouvelle d’eux depuis, sinon le lock-out », a-t-elle déploré.

Deux poids, deux mesures

Selon le syndicat, des mesures concernant les pensions sont également au coeur du conflit.

«Dans le temps de Cascades, en 2012, les anciens fonctionnaient selon des prestations déterminées avec l’employeur, alors que maintenant, ils fonctionnent avec des cotisations de 3 % des jeunes employés. Nous dénonçons cette disparité de traitement. La direction semble s’en laver les mains: c’est un traitement à deux vitesses».

Soulignons que la direction n’a pas répondu à la demande d’entrevue par courriel du journal Le Nord.

«Depuis le début de la négociation, nous ne sentons pas que notre employeur respecte nos principales revendications, notamment celle mettant fin à la disparité de traitement du régime de retraite » a repris Mme Bergin.

Bien que le syndicat se réjouisse du fait que leurs collègues de l’usine bénéficient d’un contrat de travail négocié depuis le mois de mars 2019, les employés de bureau devraient compter sur le respect de l’employeur, estime la CSN.

«La convention collective est échue depuis plus de deux ans. Les postes (de bureau) qu’ils et elles occupent, bien qu’indirectement liés à la production, font en sorte que l’entreprise livre la marchandise auprès de sa clientèle canadienne, américaine et internationale. Ces emplois garantissent à la compagnie une image de marque; ils sont donc essentiels au maintien d’une clientèle fidèle».

Reculs ?

La présidente du syndicat estime «qu’au contraire, non seulement la direction ne fournit pas les efforts pour régler, mais qu’en plus, elle tente d’imposer des reculs, plus particulièrement concernant les critères de qualification, rendant presque impossibles les promotions à l’interne. »

Dernier recours

Selon Chantal Maillé, présidente du Conseil central des Laurentides (CSN) : «Ce n’est pas de gaieté de cœur que les salariées se privent de salaire, avec une grève pour faire valoir leur point de vue. Pourtant, les enjeux sont assez importants pour ce faire et d’autres jours de perturbation sont à prévoir si la situation stagne. Nous souhaitons que l’entreprise centenaire, fondée en 1882 et emblème de la région, plus particulièrement de Saint-Jérôme, donne l’exemple. Le travail de qualité de ses salariés, en pleine période de pénurie de main-d’œuvre, devrait être reconnu et les iniquités, éliminées».

Soulignons que le syndicat des travailleuses et travailleurs des entreprises Rolland – CSN est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière, qui compte quelque 320 syndicats et, régionalement, au Conseil central des Laurentides (CSN).

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