Encore des inquiétudes chez les enseignants de Rivière-du-Nord

par Ève Ménard
Encore des inquiétudes chez les enseignants de Rivière-du-Nord
Christian Aubin, président du syndicat de l'enseignement de la Rivière-du-Nord

Syndicat de l’enseignement

Plan sanitaire actualisé et les moyens de pallier au rattrapage scolaire annoncés, cette rentrée scolaire atypique prend forme. Christian Aubin, président du syndicat de l’enseignement de la Rivière-du-Nord, nous expose sa perception des récentes annonces en plus de dévoiler les craintes principales des enseignants et des enseignantes. Bien que le plan de la Santé publique semble « bien », ce dernier affirme que des « points d’interrogation » demeurent.

 

À cet effet, monsieur Aubin reçoit des appels d’enseignants dont les questionnements restent parfois sans réponses, par exemple, à savoir comment la distanciation sera possible dans les salles de professeurs. D’autres comparent certains endroits publics au milieu scolaire, se questionnant sur le niveau variable des précautions mises en place. « On m’a dit que le IGA semble plus sécuritaire que l’école », souligne le président. Des professeurs relèvent que dans les épiceries, des plexiglass sont installés et le port du masque est obligatoire en tout temps tandis que dans les écoles, de telles mesures ne semblent pas nécessaires.

Monsieur Aubin spécifie qu’il y a cette idée que la classe deviendra la « bulle », un concept qui n’est pas présent dans les lieux publics où les mesures sont renforcées. Or, dans cette perspective, la situation des suppléants demeure nébuleuse, comme certains lui ont souligné. « Quand tu fais de la suppléance, ça ne veut pas dire que tu feras de la suppléance dans la même classe du même professeur. Il est possible que tu sois amené dans une journée à remplacer quatre enseignants différents. » Ainsi, Christian Aubin croit qu’au cours de ce début d’année scolaire, des décisions supplémentaires devront être prises dans les établissements et des ajustements devront sans contredit être réalisés.

Des dommages collatéraux

Les directives émises par le ministère ont aussi poussé certains établissements à modifier leurs horaires de cours ou de transport. Christian Aubin donne l’exemple d’écoles secondaires qui pour éviter les masses d’élèves, ont choisi d’établir deux heures d’arrivée distinctes. En conséquence, certains professeurs termineront leur journée plus tard qu’à l’habitude et craignent de ne pas pouvoir aller chercher leur enfant avant la fermeture des garde-ries. À l’inverse, une enseignante a aussi contacté le président du syndicat pour lui expliquer qu’elle devait être dans sa classe de préscolaire pour 6h45, mais que sa fille de 6 ans doit prendre l’autobus à 7h15.

« Il y a pleins de dommages collatéraux que je ne sais pas comment nous allons gérer. La seule réponse que j’ai, c’est qu’il faudra de la souplesse, par exemple dans les garderies ou les directions d’école. »

Un investissement insuffisant

Le 17 août dernier, le ministre de l’Éducation a abordé l’enjeu du rattrapage scolaire et du soutien pédagogique en annonçant notamment 20M$ de plus afin d’ajouter l’équivalent de 350 professionnels dans les écoles, une aide insuffisante selon Monsieur Aubin. « Quand on compte le nombre d’écoles au Québec, c’est rien. On dirait qu’on met un « band aid ». Dans l’opinion publique, cela paraît bien, mais les professeurs sont bien conscients que ce ne sera pas assez. »

En bref

Le Syndicat de l’enseignement de la Rivière-du-Nord regroupe quelque 2500 enseignantes et enseignants oeuvrant dans une soixantaine d’établissements d’enseignement primaire et secondaire, de formation professionnelle et de formation générale pour les adultes.

Partager cet article
S'abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments