Les Pékans font de nombreuses victimes parmi les chats

Par Luc Robert
Les Pékans font de nombreuses victimes parmi les chats

Les régions rurales voient de plus en plus de petits animaux, comme des chats en liberté, disparaître: ils sont souvent victimes des Pékans, qui chassent 12 mois de l’année.

Ces animaux ont un corps bas et allongé. Carnivores, ils chassent des proies plus petites qu’eux-mêmes.

« Comme le carcajou et la martre d’Amérique, ils sont de la famille des mustélidés. Il se gavent de lièvres, d’écureuils roux, de perdrix, de carcasses… et de chats. Le Pékan voit ces petits animaux domestiques en liberté comme des compétiteurs, dans la chasse aux petits rongeurs. Les griffes acérées des Pékans et leurs dents pointues leur permettent de maintenir la proie et de déchiqueter sa chair », a décrit M. Jacques Boucher, trappeur depuis plus de 30 ans.

Ce sont des prédateurs habiles et astucieux, qui profitent de toutes les occasions pour s’alimenter.

« Le Pékan est le seul à oser s’attaquer aux porcs-épics, dont il est le seul prédateur. Le Pékan l’attaque dans les arbres, jusqu’à ce que le porc-épic tombe de fatigue. C’est un animal périurbain, que l’on retrouve des Mille Îles jusqu’à Saint-Hippolyte, dans notre secteur des Basses-Laurentides. Il se chasse de deux manières : sur les territoires de piégeage, comme à la réserve du parc Papineau-Labelle, où encore on peut le trapper sur des territoires libres, soit des terres privées (avec permission) ou de la couronne. »

Certains le considèrent comme un animal nuisible. Ils sont notamment recherchés pour leur fourrure.

« On trappe le Pékan de deux façons : soit par une cage-piège fabriquée, ou encore en l’appâtant vers un piège mortel, avec de la viande ou du gibier. Pour ce qui est de sa fourrure, elle est prisée par les Chinois, qui l’utilisent pour confectionner des cols et des chapeaux. »

Rusé, le Pékan chasse surtout la nuit, à des distances élargies.

« Le mâle parcourt de grands territoires. Il se déplace presque uniquement dans le but de manger. La femelle, elle, couvre moins de terrain. Elle peut être aussi féroce. Les mâles peuvent atteindre 12 livres, bien que j’en ai déjà capté un de 14 livres. Certains Pékans sont aussi costauds qu’un renard», a analysé M. Boucher.

Malgré sa force, les Pékans ne tiennent pas tête à l’humain.

« Lorsqu’on croise un Pékan, il ne te confrontera pas. Il va plutôt se pousser, jugeant le «combat» inégal. Ses griffes lui permettent de grimper aux arbres et d’évaluer la situation de leur perchoir. Ils n’ont pas beaucoup de prédateurs, donc leur population prolifère. Mais le grand-duc, le lynx et l’ours noir peuvent leur rendre la vie dure. »

Le Pékan mâle atteint sa maturité à 1 an, alors qu’il en faut le double pour la femelle. Sa gestation peut atteindre 350 jours. La femelle accouche normalement jusqu’à six petits, lors d’une portée.

« Le Pékan est très présent dans nos forêts et il prend ses aises. Comme sa cousine, la martre d’Amérique, il convoite les mêmes ressources pour se nourrir. On le reconnaît à sa fourrure plus foncée, toutefois. Mais comme ils sont discrets le jour, ils sont difficiles à repérer dans leur milieu naturel », a-t-il achevé.

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