(Photo : Ève Ménard )
Diane Brodeur expose ses nouvelles oeuvres pour la première fois à la Galerie L'Apostrophe à Sainte-Adèle.
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Exposition: Diane Brodeur rend hommage à la mémoire autochtone

Par Ève Ménard

La Galerie L’Apostrophe, fondée par Nadia Bertrand, est ouverte depuis plus d’un an à Sainte-Adèle. Du 21 janvier au 5 mars, elle fera rayonner le travail d’une artiste du coin, Diane Brodeur.

Installée dans le secteur de Mont-Rolland depuis 2009, Mme Brodeur est une autodidacte qui cumule des expériences artistiques depuis une quarantaine d’années. Sa toute première exposition remonte à 1982 : elle présente alors des dessins et de la poésie au Collège André-Grasset à Montréal.

Rendre hommage à ses ancêtres

En 2020, elle commence un nouveau projet qui deviendra le fruit de cette nouvelle exposition intitulée Le temps témoin. L’artiste s’intéresse aux montres et aux horloges, qui symbolisent le temps qui passe, la généalogie et l’héritage. Elle transforme ces artéfacts en œuvres, dans l’objectif de donner vie à la mémoire autochtone à travers le temps.

Métis Micmac, Diane Brodeur cherche à rendre hommage à ses ancêtres et à transmettre le savoir autochtone, tout en posant un regard artistique sur l’actualité. « Mon arrière-arrière-arrière-grand-père, Henri Membertou, était un chef autochtone. Je voulais parler de son histoire, parler de l’histoire de ma famille autochtone », indique-t-elle.

En haut de l’horloge, des montres sont transformées en plusieurs visages, où les aiguilles font office de yeux. Plus bas, des objets symbolisent l’arrivée des colonisateurs et de l’alcool, des couvertures contaminées et des pensionnats.

Ainsi, dans une de ses horloges transformées, des objets symbolisent l’arrivée des colonisateurs et de l’alcool, des couvertures contaminées et des pensionnats. L’artiste utilise également les montres qu’elle vide de leurs mécanismes. Elle conserve toutes les petites pièces – engrenages, cadrans, piles et vis – qu’elle réutilisent pour créer des formes et bonifier son œuvre. À l’intérieur des montres maintenant vidées, elle fabrique des visages, les aiguilles deviennent des yeux et elle complète en ajoutant des plumes, de la couleur et des fourrures, selon la grosseur de l’objet.

Exposées pour la première fois

« Quand j’ai vu les œuvres, je suis tombée à terre », affirme Nadia Bertrand, fondatrice de la galerie et également artiste. Dans le travail de Diane, Nadia témoigne d’une grande beauté, d’une impressionnante poésie du temps et de l’objet. En début d’année 2023, Mme Bertrand avait pourtant prévu se consacrer à sa propre création. Mais devant cette découverte, elle tenait absolument à faire rayonner le travail de cette artiste locale.

Du 21 janvier au 5 mars, les nouvelles œuvres de Diane Brodeur seront donc exposées pour la toute première fois. Cette dernière compte poursuivre ses créations dans le même thème, et elle espère éventuellement exposer aussi à Saint-Jérôme. Le vernissage aura lieu le samedi 21 janvier dès 13h, à la Galerie L’Apostrophe au 3094 rue Charrette à Sainte-Adèle. La galerie est ouverte les fins de semaine de 11h à 16h ou sur rendez-vous au 581-578-5033.

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