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Une exposition inspirée des expropriés de Mirabel


Publié le 11 avril 2017

Cheryl Sim croit que l'histoire des expropriés de Mirabel peut servir de leçon.

©Photo: gracieuseté- martinelimage.com

ARTS. Les agriculteurs de Mirabel, qui ont été expropriés dans les années 60 à la suite de la construction de l'aéroport, ont inspiré une exposition à Montréal.

Présentée par l'artiste Cheryl Sim, l’exposition Migrations, terres et pertes après Mirabel a pour trame de fond le thème du déplacement. Bien sûr, il y a eu l'expropriation des agriculteurs, mais il y a également ceux qui arrivent et qui, pour certains, ont dû fuir des pays en guerre. «Il y a des gens d'autres pays qui sont arrivés à l'aéroport de Mirabel. Il y a également les peuples mohawks qui étaient là avant», explique Mme Sim qui est née au Canada d'une mère philippine et d'un père chinois.

«C'est une exposition qui aborde l'espoir et la perte», poursuit-elle.

Expérience immersive

L'idée de cette exposition est née de Matt Soar, un enseignant de l'Université de Concordia, qui a récupéré deux enseignes qui appartenaient à l'aéroport de Mirabel. D'autres éléments de l'endroit ont ensuite été ajoutés, tellement que les gens peuvent se sentir comme dans un aéroport.

«C'est une expérience immersive pour les visiteurs. Toutefois, il n'y a pas l'angoisse vécue dans les aéroports ces temps-ci», raconte l'artiste.
L'exposition présente, notamment un poème de Pierre Nepveu, un exproprié ainsi qu'un vidéo mettant en vedette l'auteure Kim Thuy et Prem Sooriyakumar, deux personnes qui sont arrivées au Canada par Mirabel.

Une métaphore

Plusieurs années plus tard, l'artiste constate que le gouvernement a exproprié plus de propriétaires qu'il aurait dû. Elle estime que cette histoire peut servir de leçon. «Ce qui s'est passé à Mirabel, c'est une métaphore. Lorsqu'il est question de grand projet, il faut écouter le peuple. Les gens se doivent de résister et réfléchir», souligne-t-elle.

Son exposition se déroule jusqu'au 13 avril à la Galerie Popop à Montréal.