Crise du logement: qu’arrivera-t-il le 1er juillet?

Par Marie-Catherine Goudreau
Crise du logement: qu’arrivera-t-il le 1er juillet?
Saint-Jérôme (Photo : Nordy)

À l’approche du 1er juillet, les organismes communautaires de la région sont inquiets de toutes les personnes qui se retrouveront sans logement lors de la grande journée du déménagement.

Le Conseil régional de développement social des Laurentides a créé un sondage afin d’identifier les personnes qui pourraient se retrouver sans logement le 1er juillet. Des intervenants des organismes communautaires de la MRC de La Rivière-du-Nord se sont regroupés pour former un comité afin d’aider ces gens dans le besoin.

Le sondage permettra de compiler toutes les familles et personnes seules qui ont des problèmes à se trouver un logement pour le 1er juillet. « On va avoir une équipe qui va les diriger au bon endroit. On essaie aussi de répertorier les logements qui sont disponibles à Saint-Jérôme, c’est là qu’il y a le plus grand besoin », nous a expliqué Monique Côté, responsable en droits du logement et de l’aide sociale au Carrefour d’actions populaires (CAP) de Saint-Jérôme. Avec le comité, elle tente de lister des logements abordables et d’accompagner les personnes qui en cherchent. À partir de ce qu’ils vont trouver, ils vont tenter d’accompagner les répondants du sondage.

Solutions à court terme

« Trouver des logements disponibles à loyer abordable en ce moment, c’est difficile », affirme-t-elle. « On cogne à la porte de l’Office municipale d’habitation (OMH) à Saint- Jérôme pour savoir s’il peut réserver temporairement des unités de logements pour ceux qui n’auront pas de logement le 1er juillet. » Mais ces solutions sont temporaires.

Daniel Denis est directeur général de l’OMH à Saint-Jérôme. Selon lui, la situation n’est pas encore hors de contrôle, mais il reçoit plus de demandes cette année. « On ne sent pas que les gens sont en panique, mais on se prépare et on essaie de prévoir cette vague pour être prêts pour les demandes. Avec la Ville et les organismes communautaires, on essaie d’unifier nos forces pour être capable de répondre si jamais il faudrait faire face à des situations d’urgence. »

À l’OMH, on offre des logements avec des loyers qui représentent 25% du revenu de la personne, en plus des services d’électricité. Ce sont surtout des familles avec des mères et des pères monoparentales et des personnes seules qui font appel aux services de l’OMH. La liste d’attente s’étend actuellement jusqu’à 300 personnes et a augmenté de 10 à 15% cette année selon M. Denis.

« Notre liste d’attente est plus longue qu’à l’habitude, mais elle varie selon les besoins. Le plus long, c’est pour les personnes seules et âgées de plus de 50 ans. Ils représentent au moins 50% de la liste. »

« Mais ce qu’on craint, ce sont les deux dernières semaines de juin » – Monique Côté, responsable au Carrefour d’actions populaires de Saint-Jérôme.

À court terme, qu’est-ce que peut offrir l’OMH pour les personnes qui se retrouvent sans logement ? Il y a certains critères à respecter : avoir des revenus inférieurs à un certain montant, avoir reçu un avis d’éviction, avoir tout fait pour trouver une solution, etc. « À ce moment-là, l’OMH avec la Ville pourrait trouver une façon d’aider, par exemple en signant une entente avec le propriétaire. On appelle ça le supplément au loyer. » Le programme Supplément au loyer du gouvernement québécois permet, entre autres, à des ménages à faible revenu d’habiter dans des logements qui font partie du marché locatif privé en payant un loyer plus modique.

Agir trop tard

Selon Mme Côté, c’est lors des deux dernières semaines du mois de juin que l’on verra la véritable ampleur du problème. « Au niveau des appels téléphoniques, on en reçoit moins au carrefour. Mais ce qu’on craint, ce sont les deux dernières semaines de juin. C’est là qu’on recommence à avoir des appels, selon les expériences des autres années. C’est à ce moment que les gens se mettent à paniquer s’ils ne trouvent pas. »

Les investissements annoncés par le gouvernement Legault ne sont pas suffisants selon Mme Côté. Du moins, ils ne règleront pas le problème à court terme. « Ce qu’on nous a dit, c’est qu’on devrait ajouter des ressources et des programmes de soutien au logement, mais le temps que ça se fasse, ça ne sera pas prêt pour le 1er juillet », explique-t-elle. Alors que la « crise du logement » n’a pas été reconnue par les instances gouvernementales à ce jour, Mme Côté croit qu’il aurait fallu intervenir et prévenir le problème avant.

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