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Questions et réponses avec Katherine Levac

« Le contact humain, ce qu’on vit ensemble, c’est important »

L’humoriste Katherine Levac est devenue temporairement enseignante de français dans l’émission éducative pour adolescents de Télé-Québec, « Les suppléants ». Ayant elle-même étudié plus jeune pour devenir enseignante, elle prend plaisir à tenir ce nouveau rôle. Elle répond à nos questions à propos de son implication auprès des jeunes et de sa vision de la crise.

Pourquoi avoir choisi de t’impliquer auprès des jeunes, via Les suppléants?

Depuis le début de la crise, j’ai l’impression qu’évidemment, on parle des personnes âgées; ils sont les personnes les plus touchées. Mais au niveau du confinement, je me mets beaucoup à la place des jeunes. Imagine à 14 ou 15 ans, être pris avec tes parents 24 heures sur 24, toutes tes affaires sont annulées, tu ne vois pas tes amis. Moi, en tout cas, j’aurais eu de la difficulté, donc on dirait que j’ai eu envie de m’impliquer à ce niveau. Il y a Les suppléants, mais il y a aussi beaucoup de jeunes qui nous écrivent sur Instagram pour faire des live alors que normalement, je n’aurais pas eu le temps ou la chance de leur écrire.

Quand les jeunes te parlent, qu’est-ce que tu perçois de leur gestion de la crise?

Tout d’abord, ils sont vraiment résilients. Au début, tout le monde était un peu stressé et maintenant, je les sens quand même triste à certains niveaux. Il y a quand même quelques deuils à faire : des graduations, des tournois, des remises de prix, des remises de diplômes. Ce sont des moments importants dans des vies. Mais en même temps, je les sens très compréhensifs.

Pourquoi crois-tu que ton humour rejoint les jeunes?

Je pense à ce qui moi, me rejoignait quand j’étais jeune. C’est surtout quand on ne nous prenait pas pour des niaiseux. Je pense à des séries comme « Dans une galaxie près de chez vous ». Et je pense que je leur parle comme si je parlais à quelqu’un de 35 ans. À code F – je pense que c’est là que ma relation a débuté avec eux – ça n’a jamais été « vous les jeunes … ». Je leur parle comme je te parle.

Qu’est-ce que tu aimes chez le public jeunesse?

Je crois en les jeunes, j’ai tellement foi en eux. Je les trouve inspirants et allumés Je les aime vraiment. Parfois, on est comme « bon les jeunes d’aujourd’hui… » Je me dis voyons dont, ça paraît que tu ne les connais pas pour dire ça. Ils sont brillants, ils veulent se dépasser, ils sont impliqués. Moi ce que je vois c’est tellement positif. Les jeunes sont magnifiques.

En tant qu’adulte, comment vis-tu la période?

Je la vis quand même bien. Dans le sens où j’étais dans une fin de cycle; j’arrivais à la fin de ma tournée. C’est certain que ça me coupe un peu l’herbe sous le pied parce que j’avais commencé le rodage de mon deuxième spectacle. Donc ça me fait un petit pincement de le laisser de côté, mais je me dis que c’est le fun d’écrire sans avoir de pression, c’est le fun d’avoir du temps pour soi. Ça fait quatre ans que je suis en tournée, que je ne suis pas chez moi. J’essaie de voir le positif et je trouve le positif.

Qu’est-ce que le confinement t’as justement appris de positif?

Juste de prendre du temps pour parler à des gens. On se parle beaucoup sur Facetime avec notre famille ou nos amis. On ne peut pas se voir, alors on se parle. Et cela fait en sorte que ma grand-mère, je lui parle plus souvent qu’à l’habitude. On voit l’essentiel, qu’est ce qui nous manque vraiment, qu’est ce qui nous tient vraiment à cœur. Tu fais un peu la part des choses et tu te rends compte ce qui est important et ce qui est moins important. Je pense que tout le monde est en train de faire quelques mises au point.

Comment vois-tu la vie après la Covid-19?

Je pense qu’au début, nous allons être extrêmement reconnaissants de se voir. Nous deviendrons conscients de ce besoin de contact humain. De plus en plus, nous sommes sur nos réseaux, dans nos affaires, sur nos cellulaires, dans notre vie à nous, dans nos têtes et nous réalisons que ça ne marche pas comme ça, en tout cas pour moi, ça ne marche pas comme ça. Je pense que ça va être un petit wake up call que le contact humain, ce qu’on vit ensemble, c’est important. Je pense aux spectacles, de se rencontrer tout le monde ensemble, de vivre quelque chose ensemble. Mais aussi juste d’aller au restaurant. Il y a une raison pour laquelle nous allons au restaurant – oui nous voulons bien manger – mais nous voulons aussi être entourés de gens. C’est nécessaire pour l’humain d’être entouré, de connecter. Peut-être que nous prenions ça pour acquis.

Qu’est-ce qui t’aura le plus manqué durant le confinement?

Moi ce qui m’a la plus manqué, c’est le magasinage. J’aime aller me promener dans une quincaillerie, acheter des trucs que je n’ai pas de besoin. J’aime ça faire mes commissions. Au début, je commandais en ligne, mais ça ne me donne pas le même feeling que d’aller me promener avec un petit carrosse; je suis un peu matante, un peu madame pour ça.

 

En vrac

Séries télévisées ou films :  Les Invincibles, C’est comme ça que je t’aime, Série noire.

Lecture : National Geographic

Musique : L’album Bon enfant

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