| Par France Poirier

Éric Tchouaket étend son projet dans les CHSLD

La prévention pour contrôler les infections

Le professeur Éric Tchouaket est spécialiste de la prévention et du contrôle des infections. Il s’intéresse aux centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD), où la pandémie de la COVID-19 a fait le plus de victimes au Québec.

 

En tant que professeur-chercheur en sciences infirmières à l’Université du Québec en Outaouais (UQO) au Campus de Saint-Jérôme, Éric Tchouaket a déjà effectué des recherches sur l’impact économique de la prévention et contrôle des infections (PCI) dans les centres hospitaliers. Il a décidé d’étendre ses recherches sur les CHLSD, où les nombreuses éclosions ont forcé les autorités de la santé à agir et à demander l’aide des Forces armées canadiennes.

« Nous sommes prêts à payer pour des soins curatifs, alors que nous devrions investir dans la prévention pour éviter la maladie. Selon la littérature, la prévention permet de sauver 1,6 million de dollars (en raison d’infections sauvées). Cette somme pourrait être réinvestie en sensibilisation et en achat de matériels et produits relatifs à la prévention », soutient Éric Tchouaket.

En collaboration avec Sandra Boivin, infirmière en prévention et contrôle des infections (PCI), à la direction de la santé publique du Centre intégré de la santé et des services sociaux (CISSS) des Laurentides, et coordonnatrice à son projet de recherche, le professeur Tchouaket analyse différentes situations pour apporter des recommandations.

Centralisation des soins de santé

Avec une gestion centralisée du réseau de la santé, et surtout une vision axée sur les soins, on observe très peu d’habitudes en matière de prévention. Dans un centre hospitalier, selon le rap-port Aucoin (2005), une infirmière spécialisée en PCI doit être disponible pour 133 lits de courte durée, et dans un CHSLD, une infirmière de PCI doit assurer le suivi pour 250 lits. On constate que plus il y a de patients à traiter, plus les mesures d’hygiène (lavage de main et pratiques de base) s’additionnent et moins le personnel a le temps de consacrer du temps à effectuer ces bonnes habitudes. C’est à ce moment que l’on veut démontrer les coûts de la prévention, et l’importance de cette dernière pour réduire le nombre d’éclosions d’infection, comme la COVID-19.

Des pratiques de base d’hygiène

« Il faut également renforcer les pratiques de base auprès des résidents, mais aussi auprès des visiteurs », explique le professeur Tchouaket. Ces mesures sont entre autres l’éternuement dans le pli du coude, le lavage de mains, l’importance d’avoir les produits de soins pour chaque patient, un environnement et des occupants propres ainsi que des tests de dépistage.

On devra apprendre à vivre avec les différentes infections et développer une culture préventive, selon lui. Après cette pandémie, l’équipe du professeur Tchouaket recueillera les données pour savoir si les intervenants de la santé et la population poursuivent leurs bonnes habitudes.

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