| Par France Poirier

Catherine Duhamel propose son aide à Saint-Hippolyte

Spécialiste en gestion de crise à l’ONU

Avocate en responsabilité sociale d’entreprise, l’éthique et la gouver-nance au niveau des corporations ont mené Catherine Duhamel à l’ONU.

 

« Pendant mes études en droit, j’ai toujours travaillé à l’étranger et dès la fin de mon barreau je me suis retrouvée en Haïti pendant le coup d’État en 1993. C’était ma première mission pour les Nations unies. »

Lorsque la crise de la COVID-19 s’est déclarée au Québec, elle était chez elle à Saint-Hippolyte, et a décidé d’offrir son aide pour la gestion des priorités. « Il n’y a pas de façon unique pour aborder une crise. L’important est de voir où on est rendu dans les étapes. Une crise ne naît pas, il y a une évolution pour que ça devienne un conflit ou avant qu’elle arrive à un moment d’urgence. La gestion de la crise se fait avec les équipes en place et les situations qui se présentent », nous soulignait Catherine Duhamel.

Agir ensemble

« En situation de crise, je pense que le plus important est de garder le cap et de voir le portrait global. Du point de vue d’une municipalité, il est important d’être au diapason des informations qui circulent. Dans la crise actuelle ce qui est très important, c’est l’information, la pandémie est l’occasion d’agir ensembleet de s’entraider. Ça nous ramène à l’essentiel, chacun de nous, et à nos forces et nos faiblesses individuelles », ajoute Me Duhamel.

Le fait pour elle d’avoir été des dans conditions extrêmes, la situation actuelle n’est pas tout à fait l’inconnu comme ça l’est pour d’autres personnes. « L’important est la flexibilité. On a très peu de contrôle sur beaucoup de choses. C’est de voir où l’on peut agir et d’agir rapidement. Toutes les entités ont des rôles à jouer et sont appelées à intervenir », ajoute-t-elle.

Post Mortem

Il y aura sûrement un bilan. « Faut regarder ce qui s’est passé dans d’autres pays où il n’y a pas eu de confinement comme la Thaïlande, l’Islande et la Corée du Sud qui ont eu une autre façon de répondre à tout ça. Nous étions loin de l’épicentre et notre réaction n’a probablement pas été aussi vive qu’ailleurs. C’est à repenser tout ça. Nous ne pourrons pas réagir de la même façon une autre fois pour des raisons sociales, économiques et environnementales. La préparation est primordiale et ça partout. »

Relativiser

« Le simple fait de se réunir, de sortir à l’extérieur, ces choses qu’on prenait pour acquises, le ¾ de la population de la planète le vit au quotidien. Nous sommes des privilégiés. L’insécurité alimentaire, l’incertitude économique, ce sont des situations que l’on ne connaissait pas », souligne Catherine Duhamel.

Est-ce que l’on va tirer des leçons de ça ? « On est tous très fragiles. En travaillant de concert, en se préparant mieux, la réponse et les impacts seront différents. Est-ce qu’on apprend de l’histoire? Ce n’est pas la première et ce ne sera pas la dernière. Oui on peut agir, on doit essayer de reprendre le contrôle en se penchant sur l’autosuffisance, comme au temps de nos ancêtres. Est-ce le pendule qui revient? Mon adolescent de 14 ans m’a dit c’est un « reset » pour la planète, elle en avait besoin », ajoute celle-ci.

« La liberté de circuler, le droit de se rassembler, ce sont des choses que l’on tenait pour acquises. Nous avons le droit aux soins de santé, ce qui n’est pas assuré partout sut la planète surtout en temps de pandémie. Il y a certains pays où les parents vont reconduire leurs enfants à l’école et ne savent pas s’ils vont les retrouver le soir », nous rappelle Me Duhamel.

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