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Un hiver à apprivoiser

Par lpbw

L’organisme communautaire jérômien Le Coffret accueille des nouveaux arrivants et les aide à se trouver un logis, à apprendre le français, se préparer au temps froid, etc. Même s’ils ont une bonne idée du climat québécois, ils ne s’attendaient certainement pas à voir autant de neige en 2008…

Nous avons profité de la tempête de samedi pour aller voir comment des gens de la région, fraîchement arrivés au Québec percevaient le phénomène et s’ils se sentent toujours aussi confortables chez nous… « Je n’ai jamais vu autant de neige. Je suis ici depuis 2004, j’ai vu des hivers, mais jamais comme celui-ci. Ce qui me fait peur, c’est la fonte. Où elle ira toute cette neige. Au Liban, d’où je viens, le sol peut s’effondrer à cause des inondations. Ici, j’ai l’impression que nous serons envahis d’eau. », explique Zahraa Mohamad, mère célibataire vivant avec ses 2 filles.

Peur de sortir

Beaucoup d’étrangers entendent parler de l’hiver depuis leurs pays et peuvent s’imaginer que nous vivons ainsi à longueur d’année. Pour ceux qui vivent ici, hiver veut souvent dire, rester à l’abri. « Je suis arrivée il y a 2 ans et cette année, on montrait la crise du verglas de 1998 partout à la télévision. J’ai cru que ça nous arriverait encore, j’étais paniquée! Chaque fois que j’entends parler d’une tempête, j’ai tellement peur que ça se reproduise. », affirme la Malienne Adam Diop.

La petite famille de Zahraa Mohamad, par contre, a justement profité de cette température pour aller « jouer dehors ». « Ma plus jeune (8 mois) n’a jamais joué dans la neige, elle adore ça. Nous ne sortons que pour faire les courses habituellement, mais avec ce que je vois aujourd’hui, je crois que nous allons répéter l’activité plus souvent. On peut finalement s’amuser avec la neige! », poursuit-elle.

Line Chaloux, directrice du Coffret, explique que : « Dès leur arrivée, ils sont dirigés et nous recevons de l’aide de la Communauté Internationale pour les soutenir et les aider à s’intégrer. Nous leur fournissons les vêtements nécessaires bien sûr et aussi, pour ce qui est des réalités de l’hiver, nous leur expliquons en détail comment s’y adapter. On leur explique le fonctionnement d’un thermostat par exemple, on leur fait comprendre qu’avec les bons vêtements, sortir n’a rien de dangereux. Nous tenons à les rencontrer à l’automne pour ce genre d’informations. Si on leur disait tout ça en été, ils ne nous croiraient pas. Ils ne savent pas dans quelle proportion l’hiver peut se présenter. Si on y pense, cette année, même nous Québécois avons eu des surprises… »

50 fois confronté à l’hiver

Cet automne, c’est une cinquantaine de réfugiés provenant d’un peu partout qui sont venus vivre à Saint-Jérôme. Certains d’entre eux découvrent l’hiver pour la première fois de leur vie. Expérience pour le moins éprouvante. « C’est très impressionnant! Ce n’est pas tant la neige qui surprend, mais le froid. Nous venons de la Colombie et je pense qu’il faut vraiment vivre ici pour croire que l’hiver peut être comme ça. », explique Katia Colombia Castillo Gonzalez.

Certains se surprennent de l’optimisme des Québécois, « Quand je regarde à l’extérieur et que je vois des gens d’ici avec leurs grosses pelles, presque ensevelis de neige qui me font un grand sourire, ça me fascine vraiment! », s’exprime la Camerounaise Christine Bouté Simo.

On retient une chose de ces nombreux témoignages, l’hiver surprend, mais on s’habitue. Plusieurs de nos intervenants sont des réfugiés et préfèrent avoir froid ici que de vivre dans la peur dans leur pays d’origine.

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