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Élisabeth Alarie : passion et persévérance

Par lpbw

Lancée en 2004, la compagnie québécoise d’Élisabeth Alarie, maquilleuse professionnelle, doit son succès à la persévérance et la passion de sa créatrice. Élisabeth Alarie a commencé à être maquilleuse à l’âge de 15 ans.

«J’ai toujours fait ça!» Elle travaillait les fins de semaine dans les comptoirs cosmétiques. Tout de suite après le secondaire, elle suit des cours à l’école de maquillage artistique à Montréal. À 17 ans, elle rentre à TVA Publications. «Je maquillais pour les shootings photo!» Elle maquille ensuite pour Musimax.

À 19 ans, elle part vivre trois ans à Los Angeles, maquilleuse pour le célèbre coiffeur de Californie José Eber. Ce sera le déclencheur de sa carrière. À son retour, elle ouvre sa propre entreprise. «Être maquilleuse, c’est mon rêve, devenir une des meilleures. Ensuite, j’ai pris le créneau des produits, ça s’est fait tout seul.»

Aujourd’hui, à 30 ans, la jeune femme est à la tête de Rouge Cosmetics une entreprise qui comporte trois autres divisions : Rouge On the go (agence de maquilleuses professionnelles). «On travaille pour des mariages, des soirées, des spectacles, des shootings photo ». Rouge Pro, l’académie de maquillage artistique. Le soir Élisabeth enseigne le maquillage professionnel. Sans oublier Lili Rouge, une gamme de maquillage professionnel.

Connue partout au Québec, la compagnie à pignon sur rue à Saint-Jérôme, rue de la gare, depuis 5 ans. La compagnie est présente dans 130 pharmacies et 200 points de vente.

Des sacrifices

«Ce n’est pas facile d’être jeune entrepreneure, surtout quand on se bat juste contre des multinationales; parce qu’il n’y a pas vraiment d’autres compagnies de maquillage de produits québécois à part Lise Watier, qui est ici depuis 40 ans, partage Élisabeth Alarie. C’est un combat assez ardu. Je n’ai pas d’enfant. J’ai un copain, mais j’habite chez mes parents. Ce sont des sacrifices, parce à trente ans, quand tu dis «j’habite encore chez mon père et ma mère» ce n’est pas facile. Mais mes parents sont entrepreneurs aussi, donc c’est encourageant, parce qu’ils peuvent me transmettre leur connaissance et leur expérience. Ils travaillent fort aussi. Ma mère est très présente, ici, dans l’entreprise. C’est plus au niveau de la vie personnelle que ça m’a affecté, surtout ces temps-ci. On prend de l’expansion. Ce sont de longues heures, je peux être ici à 7 h et partit à 11 h minuit, au moins 80 heures par semaine !»

Entrepreneurs de famille

«J’ai eu mon bureau dans le sous-sol de leur commerce (Sylvain Alarie et Jacinthe Plouffe). Ça donne un bon coup de main d’avoir un local spacieux pour démarrer un business sans avoir à payer de loyer. Et côté moral, ils sont là! Ils travaillent beaucoup eux-mêmes, donc ils savent c’est quoi faire des heures, faire des sacrifices. Ils sont dans le commerce du Golf depuis trente ans. Ils ne voient pas leur été passer. Ils n’ont jamais vraiment eu de vacances d’été. On est habitué, mes grands-parents sont entrepreneurs, toute ma famille, mes oncles mes tantes, sont tous dans le golf. Mon frère travaille avec mes parents. On est un peu workchoolic, » lance-t-elle en riant.

Solitude

Des regrets ? « Il y des périodes de solitude, et pourtant je suis occupée! Le samedi après toute la frénésie, le brouhaha, je suis toute seule chez moi. J’ai 4-5 bonnes amies, mais les liens amicaux c’est difficile de les conserver, les entretenir. J’enseigne 4 soirs par semaine. Je fais parfois de la comptabilité jusqu’à minuit. Mais je me dis que c’est une période de ma vie. Avant j’avais le temps, mais à 30 ans, je me dis qu’il faut que je profite un peu. Ma vie se résume à Rouge Cosmetics. Ce n’est pas du regret. Je me questionne : qu’est ce que j’aimerais faire d’autres? J’aurais plus profité de la vie avec un autre emploi, mais j’aime mon travail, c’est ma passion. Mon entreprise me ressemble beaucoup et je m’amuse en même temps. »

« Tout est possible sauf que souvent je me dis que c’est beaucoup de sacrifices. Les gens ne réalisent pas. Ce sont des casse-têtes financiers, du challenge… J’aurais pu avoir mon magasin, sans ma gamme de maquillage. Je conseillerais de partir doucement. On a démarré les trois divisions en même temps, c’est beaucoup. C’est comme avoir trois entreprises plus la boutique. J’aurai pu me concentrer sur une chose, ce qui est le plus payant. »

Réussites

« Je fais plein de belles rencontres parce que je maquille beaucoup d’artistes. On participe à beaucoup d’événements. Toute mon expérience aux États-Unis m’a aussi marqué. C’est de là que tout part. Aussi quand on est rentré chez Jean Coutu, qui nous a approché, fut un moment marquant pour l’entreprise et pour moi. De voir la première pharmacie sur Sainte-Catherine qui avait les produits et les grosses affiches dans les vitrines. C’est une belle réussite. »

Sur les pas de Lise Watier?

« C’est sûr que Lise Watier c’est un modèle, elle a tracé le chemin, il faut juste le suivre. Au Québec, ça a été la première. Je voudrais suivre ses traces, peut être encore mieux ou différemment. Elle avait une bonne longueur d’avance parce qu’elle était connue, elle travaillait à la télé. Ce n’est pas facile d’être femme d’affaires, elle a ouvert les portes. »

«On grossit de plus en plus. Saint-Jérôme est notre siège social. Notre but maintenant est de se faire connaitre par les gens autour. Les professionnels, les gens dans notre milieu vont nous connaitre, ça fait 10 ans que j’ai lancé la marque, mais le grand public nous connait un peu moins. Notre but est de grandir encore. On continue à cogner sur le clou pour se faire connaitre. »

Inspirations

« Souvent je vais m’inspirer de la saison. Cet hiver, c’est la reine des neiges, la reine des glaces. J’aime quand ça brille, quand ça scintille. Mon inspiration? Plus les couleurs froides, et en même temps avec une bouche plus éclatante, dans des couleurs plus profondes, comme les rouges, les bordeaux, des roses plus soutenues. La collection est beaucoup inspirée des années 50. Tout ce qui «rétro fifties, look pin-up à la Marilyn Monroe». Je trouve que les femmes, à cette époque-là, étaient très féminines, très glamour. Avec un petit air coquet. Ce sont des choses que j’aime. Élisabeth Alarie voulait aussi un côté rétro glamour pour son image. «Le logo avec des cerises est aussi inspiré des années 50. J’ai choisi ça parce que, en tant que femme, que tu aies 12 ou 62 ans, les cerises tu trouves ça beau! » Lili Rouge est un diminutif d’Élisabeth choisit pour avoir un sens autant en anglais qu’en français.

Création des produits

« Je choisis les couleurs, les textures qui vont être dans la nouvelle collection, ensuite je travaille avec des laboratoires. Depuis l’année dernière, 70 % de la collection est produite ici, au Québec. On travaille avec des labos canadiens et québécois. C’est le fun de travailler avec les chimistes. Je leur dis, ‘je veux telle couleur, telle texture’ et eux me font des échantillons que j’approuve après. »

Rêves ?

« L’international m’attire. Beaucoup de gens sur notre Facebook nous écrivent de la France. Aussi beaucoup de gens des pays du Sud parce que ce qui démarque Lili Rouge, c’est tout ce qui est pigmentation des fards à paupières. Souvent sur une peau basanée les gens ont des difficultés à trouver des couleurs qui vont bien ressortir. Nos produits conviennent pour des peaux plus foncées. L’Amérique du Sud est un marché que j’aimerais ainsi que l’Europe. »

« Notre rêve pour le moment, à toute l’équipe*, c’est les magasins Sephora. On travaille fort pour ça, c’est un peu le but ultime quand on est dans le domaine des cosmétiques de faire partie de cette chaine de magasins.»

*(Six employées dans l’équipe et dans l’agence de maquilleuses 12 travaillent à la pige.)

La fondatrice de
la gamme Lili Rouge Élisabeth Alarie lance sa nouvelle collection hiver 2012-2013 le 15 octobre prochain

Studio et boutique,16 de la Gare Saint-Jérôme, 450 565 0309

Gamme de maquillage professionnelle Lili Rouge

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