Cloée Germain La passion des combats médiévaux

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Par Martine Laval
Cloée Germain La passion des combats médiévaux
Cloée Germain

Cloée Germain a la passion des combats médiévaux. Elle participe à des tournois pour assouvir son désir de manier les armes. Discussion avec une jeune femme de 25 ans qui a grandi dans les Laurentides et qui remporte des combats d’un autre temps.

 

D’où vous vient cette passion de l’époque médiévale et l’envie de livrer des combats ?

Lorsque j’étais jeune, je tripais sur « Star Wars » avec les sabres laser et sur les films historiques comme « Troie », et je rêvais de faire ça. Je n’ai pas de passion particulière pour l’époque médiévale. C’est surtout mon désir de savoir manier l’épée qui m’exalte.

Sportive de nature, j’ai longtemps joué au hockey et au football américain. J’ai fait mes premières armes en escrime, mais je trouvais le sport trop modernisé et pas suffisamment intense physiquement.

Quand j’ai découvert le béhourd, un sport de combat full-contact impliquant l’utilisation d’armes et d’armures issues du Moyen Âge, j’ai tout de suite tripé. Ce sport me donne aussi l’occasion de voyager et de rencontrer des gens venant de partout.

Cloée (gauche) en compagnie de deux combattantes

Quel genre d’entraînement suivez-vous ?

Je vais au gym trois fois par semaine en plus de m’entraîner de façon spécifique avec armes et armure. Comme l’armure complète pèse 60 livres et qu’elle n’est pas extensible (rires), j’ai intérêt à être assidue pour pouvoir la porter et être compétitive!

Les armures sont-elles authentiques ? Quelles sont vos armes ?

On fait en sorte que les armures soient le plus authentique possible, mais on les modifie un peu pour des questions de sécurité. Mon armure est en titane, un métal léger. Je n’ai pas à m’inquiéter de la rouille.

Pour les armes, dépendant du combat – duels ou en équipe –, j’utilise la hallebarde (hampe en bois assez longue au bout de laquelle se trouvent une pointe, un fer de hache et un crochet), ou l’épée longue.

Et le pointage ?

Les duels fonctionnent au point. Chaque fois que je touche mon adversaire avec mon arme, je compte un point. Pour le béhourd (combat d’équipe), le but est de mettre l’adversaire au sol, peu importe la manière.

Il y a des règles, mais ce sont surtout des projections, de la lutte et des frappes avec l’arme afin que l’autre abandonne. Dès qu’un combattant tombe, il est considéré comme hors-combat et c’est l’équipe qui réussit à mettre tous ses adversaires au sol qui gagne.

Est-ce aussi violent ou barbare qu’à l’époque ?

Oui, surtout en ce qui concerne les combats d’équipe. Cette année, en duels, le combattant ukrainien a mis K.-O. tous ses adversaires et a même envoyé un de ceux-là par-dessus la barrière!

Selon les règlements, il y a des endroits où on n’a pas le droit de frapper : derrière les genoux, à l’entrejambe, dans le cou et sur la colonne vertébrale. Le taux de blessures est très faible et, en général, elles sont dues à une armure de mauvaise qualité.

Même si le sport peut sembler violent, il y a une grande fraternité et un esprit sportif entre les combattants, chose que je n’ai pas vue dans les autres sports que j’ai pratiqués.

Des résultats éloquents

Voici les résultats de Cloée Germain aux Championnats du monde :

2016 : Médaille d’or en combat d’équipe (victoire contre la Pologne) et médaille d’argent en hallebarde (défaite contre les États-Unis) aux championnats du monde au Portugal.

2017 : Médaille d’or en combat d’équipe (victoire contre l’Ukraine) et médaille d’or en hallebarde (victoire contre l’Ukraine) aux championnats du monde au Danemark.

2018 : Médaille d’or en combat d’équipe (victoire contre l’Ukraine) et médaille d’or en hallebarde (victoire contre la Pologne) aux championnats du monde en Écosse.

2019 : Médaille d’argent en hallebarde (défaite contre l’Irlande) et médaille de bronze (victoire en match de bronze contre le Danemark) aux championnats du monde en Ukraine.

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