Cas vide?

Chronique Zigzaguer en ligne droite de Benoît Simard
Cas vide?

C’est fou comme les choses changent rapidement ces derniers jours, même si nous avons l’impression d’être à l’arrêt. Parce que la vie, elle, continue. Tout dépendant à qui l’on demande, certains y voient un obstacle, d’autres une opportunité de changement. Pendant ce temps, à ronger notre frein de la sorte, comment fait-on pour que ça ne sente pas trop les «brake» et ne pas user les plaquettes en faisant du sur place?

 

Franchement, je n’ai pas vraiment de réponses. Personnellement, avec deux garçons à la maison mes freins chauffent pas mal tout le temps en cette période Covid… Bon, c’est sur qu’on peut faire le tour des boites à photos et se remémorer de bons souvenirs, mais les souvenirs, quand on veut avancer, ça mène plus au divan qu’à l’aventure.

Chaque jour, on se fait fermer quelques portes de plus, on comprend que c’est pour que l’on puisse ouvrir les fenêtres «tout le monde en même temps» -comme le chante si bien Louis Jean Cormier – mais en attendant, qu’est ce qu’on fait? Avec autant d’options que nous prenions pour acquis et qui semblent nous être maintenant interdites, on doit se creuser les méninges un peu plus profondément pour tirer tout le jus de chaussettes qui reste de nos explorations d’hier.

Ça donne place à de nouvelles modes, telle que celle de courir un marathon dans sa cours arrière, ou de se taper le Tour de France à vélo stationnaire. Et nous qui nous payions la gueule des hamsters dans leur cage, bonjour le karma.

Pour les coureurs et les marcheurs (c’est un peu plus long à la marche, mais on a plus de temps, non?), on peut toujours se rabattre sur les rues de son quartier. J’ai d’ailleurs le Toutadroite et le Toutagauche à proposer.  Le Toutadroite, c’est simple: tu pars de chez vous, et à chaque rue, tu tournes à droite. Pour la version Toutagauche, et bien, tu tournes à gauche. Facile. Ça a l’air nono, mais y’a pleins de variantes possibles pour pimenter un quotidien qui manque un peu de salsa.

Pour les amateurs de bicyclette, les ateliers de réparations ont été déclarés comme étant des services essentiels, c’est pas rien, et ça en dit beaucoup sur l’importance de faire tourner la roue. Pour son côté pratique de mode de transport à distanciation sociale assurée (ok, oubliez le tandem), et pour l’hygiène mentale, le vélo a fait ses preuves. Einstein lui même en vantait les mérites, et apparemment, le gars il s’y connaissait en science.

Ceci étant dit, même si les raisons derrière certaines décisions nous échappent, nous devons nous contraindre, et restreindre nos choix de parcours. Des villes ont même clairement énoncé que les cyclistes non indigènes et visiteurs d’autres régions n’étaient pas bienvenus. Il reste que je me considère privilégié de ne pas habiter en ville, on a tout de même accès à de l’air frais, et il n’y a rarement eu aussi peu de véhicule sur les routes. Faut penser au ravitaillement par exemple, oubliez le petit achat d’un Coke Classique et d’une barre Mars: soyez autonome.

Pour en revenir à l’analogie du freinage, on m’a déjà dit qu’un véhicule qui reste trop longtemps avec le frein à main engagé pourrait développer un problème de rouille. Tâchons donc d’éviter de rouiller sur place.  Une terre en jachère a tendance à retrouver l’action avec une fertilité grandie,  soyons ce type de terre. Je suis de ceux qui voient des opportunités dans le changement. Soyez le changement les amis, moi je sors méditer, à vélo, bien sûr.

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