(Photo : RDL)
Le lac Croche.
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« Prendre soin de nos lacs, c’est prendre soin de sa santé »

Par Marie-Catherine Goudreau

Le printemps s’est pointé le bout du nez et certains pensent déjà à sortir leurs embarcations nautiques. Toutefois, avant de se mettre à l’eau, il est important de prendre connaissance des enjeux environnementaux liés aux lacs de la région avant la saison estivale. C’est la mission que s’est donnée le Regroupement des lacs de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et d’Estérel (RDL).

« Tous les lacs au Québec sont en danger », souligne d’entrée de jeu Pierre Campeau du RDL. L’organisme travaille depuis 2007 à la sensibilisation pour la protection des lacs. Il regroupe toutes les associations de lacs de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et d’Estérel. Ces municipalités comptent plus d’une cinquantaine de lacs et de cours d’eau sur leur territoire.

« Tous les lacs ont des préoccupations particulières. Mais le fait de se regrouper, ça nous permet d’augmenter notre visibilité et d’influencer un peu plus les décisions des municipalités », souligne Michèle Lacoste, présidente du RDL. Le regroupement aide également les gens qui voudraient créer un association pour leur lac.

Mme Lacoste croit que « prendre soin de nos lacs, c’est comme prendre soin de sa santé, de ses enfants ou de ses parents ». « Il y a tellement de choses à prendre en considération pour les protéger. »

Depuis la pandémie, la densification du territoire des Laurentides s’est ajoutée aux nombreux enjeux qui touchent les points d’eau. Par exemple, les installations sanitaires peuvent représenter un risque pour les lacs si elles ne sont pas bien entrevues. « Puis, les installations sanitaires sont conçues pour être efficaces selon un seuil dans un territoire. Toutefois, en ce moment, la quantité va bien au-delà de ce seuil », explique Mme Lacoste. Plus tu as une densité d’habitations, plus les risques sont grands pour les lacs.

Trois éléments à surveiller au printemps

1.Tout ce qui entre dans le sol ira dans le lac

Le printemps est un moment propice pour planter des fleurs, des arbres et travailler la pelouse. « Souvent, les gens vont mettre des engrais qui pénètrent dans le sol. Mais il faut savoir que tout ce que tu mets sur ton sol, que ce soit bio ou non, peut avoir un impact sur le lac », rapporte M. Campeau.

L’utilisation des engrais et des pesticides « stimule la croissance et la prolifération des algues et des plantes aquatiques. Cela fait vieillir le lac prématurément. Contrairement à ce qu’on entend souvent, même les engrais organiques sont à proscrire », peut-on lire dans la brochure du RDL. « Le lac va se dégrader rapidement, ce qu’on appelle le processus d’eutrophisation », indique Mme Lacoste.

D’où l’importance de garder une bande riveraine de 10 à 15 mètres entre le lac et la maison. « C’est un élément très important au printemps si tu veux protéger ton lac de tout ce que tu mets sur ton terrain », ajoute M. Campeau.

2. Nettoyer son embarcation

« Tout ce qu’on met à l’eau peut entrainer une contamination », indique M. Campeau. Il y a des centaines, voir des milliers de bateaux qui entrent dans les lacs. Ainsi, il est important de passer à la station de lavage avant de mettre son embarcation à l’eau. 

Puis, si l’embarcation est entreposée dans une compagnie quelconque, il est important que la remorque aussi soit nettoyée afin de ne pas contaminer d’autres lacs. « Quand tu as quelque chose qui arrive d’un autre lac, particulièrement au printemps, c’est important de tout nettoyer », indique Mme Lacoste.

3. Vérifier son installation sceptique

De plus, « des installations septiques en bon état sont essentielles pour la santé des lacs et des cours d’eau », peut-on lire dans la brochure. La contamination bactérienne et l’augmentation de la présence de phosphate dans nos lacs sont des risques à prendre en considération. Il est donc important de rester vigilant des fosses septiques et des éléments épurateurs.

Par exemple, « une installation septique conçue pour trois chambres à coucher ne peut pas accepter plus de 1620 litres d’eau à la fois sur une période de 24 heures. Au-delà de cette limite, les bactéries n’ont pas le temps de faire leur travail d’épuration. » Les riverains peuvent faire appel à des professionnels qui viennent vérifier l’étanchéité du système.


Les ressources en ligne 

Pour mieux vous informer sur les risques et les actions à prendre pour la protection de nos lacs, vous pouvez consulter les liens suivants :

Courriel : regroupementdeslacs@gmail.com

Téléphone : 450 629-0739

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