(Photo : Ève Ménard )
Faire des tresses peut prendre jusqu'à 4 heures de travail.
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Pauline Loukou, coiffeuse de passion

Par Ève Ménard

Depuis 5 ans, Pauline Loukou, coiffeuse, possède le salon Coiffure Beauté d’Afrique sur la rue Saint-Georges à Saint-Jérôme.

Originaire de Côte-d’Ivoire, elle est arrivée à Saint-Hippolyte le 31 décembre 2014 pour y rejoindre son mari. Le froid et la neige l’avaient bien surprise. « C’était tout nouveau pour moi », dit-elle. « Dans mon pays, je ne supportais même pas le ventilateur. Je suis très frileuse ».

Malgré tout, elle s’est acclimatée rapidement à son nouveau milieu de vie. Aujourd’hui, Pauline considère que le froid, « c’est dans la tête ». De toute manière, peu importe la température, il faut continuer de travailler, ajoute-t-elle. Une semaine après son arrivée, elle était déjà engagée dans un salon de coiffure.

La coiffure, une passion

En Côte-d’Ivoire, Pauline grandit dans les salons de coiffure. Dès l’âge de 14 ans, elle tresse des clientes et elle apprend des coiffeuses qu’elle côtoie. C’est toute petite que Pauline se découvre une passion pour ce métier. Elle s’amuse à l’époque à faire des tresses à ses amies. « Un moment donné, j’ai dit à ma mère que j’allais arrêter l’école et que je serais coiffeuse. Au départ, elle ne voulait pas. Ça n’a pas été facile. Mais finalement, j’ai lâché-prise et j’ai décidé de foncer. » À 28 ans, elle ouvre son propre salon, en Côte-d’Ivoire.

Elle répète l’expérience, quelques années plus tard, à Saint-Jérôme. Elle y fonde le salon Coiffure Beauté d’Afrique en 2018. « Avant de partir à mon compte, j’ai travaillé dans un salon de coiffure africain. J’ai su que même les gens ici aimaient les tresses africaines. En nommant le salon Beauté d’Afrique, je me suis dit que ça allait attirer un peu de curiosité », explique l’entrepreneure. Elle fait de tout : surtout des tresses, qui peuvent prendre jusqu’à 4 heures de travail, et des rallonges, ainsi des teintures et toutes autres demandes de ses clientes.

La grande différence entre son salon en Afrique et celui qu’elle tient maintenant dans les Laurentides repose sur l’argent. « Côté prix, ce n’est pas comparable », dit-elle. Lorsqu’elle était coiffeuse en Côte-d’Ivoire, Pauline faisait l’équivalent d’un salaire de 150 dollars canadiens par mois. « Ici, je peux faire le 150 $ en une heure ou deux de coiffure ». D’un point de vue financier, c’est particulièrement bénéfique.

« Ça passe ou ça casse »

Démarrer une entreprise à Saint-Jérôme n’a pas inquiété la coiffeuse une seule seconde. « Dans la vie, je suis quelqu’un qui fonce. Je me dis, ça passe ou ça casse. Je vais y aller, je vais essayer et si ça ne fonctionne pas, je ferai autre chose. Et par la grâce de Dieu, tout s’est bien passé et je n’ai pas eu de misère à me faire un nom », se réjouie-t-elle.

Sa clientèle est régulière et lui est extrêmement fidèle. La coiffeuse travaille d’ailleurs seule dans son salon, du mardi au samedi. En moyenne, elle prend de 3 à 4 clientes par jour. En été, ses journées de travail peuvent s’étirer jusqu’à 21h. Physiquement, c’est très exigeant, reconnait Pauline. « Ça demande beaucoup. Et en ce moment, c’est tellement difficile de trouver des coiffeuses que tu dois travailler toute seule », ajoute-t-elle.

Paisible

Pauline Loukou se plaît énormément dans les Laurentides. « Si on m’offrait une maison à Montréal, je la vendrais! », affirme-t-elle. Saint-Hippolyte est bien plus paisible. « Avec le travail que je fais, je rencontre toujours du monde. Je passe mes journées avec des gens, à jaser. Quand j’arrive à Saint-Hippolyte, c’est la paix quoi! » s’exclame l’entrepreneure.


Sa vision du féminisme?

Je suis très féministe. Ce que je demande à la jeunesse, c’est de ne pas baisser les bras. Depuis que je suis toute jeune, je suis travaillante. J’encourage les jeunes à travailler. Le travail, c’est important. Si l’école n’a pas fonctionné, il faut un plan B. Il s’agit d’encourager la jeunesse, surtout les femmes, à aller de l’avant et de ne jamais baisser les bras.

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