(Photo : Courtoisie)

La Ville Éponge : Une solution pour mieux gérer l’eau

Par Marie-Catherine Goudreau

L’initiative Ville Éponge a vu le jour en 2020. Sa mission est de favoriser le développement des infrastructures vertes de gestion durable des eaux pluviales partout au Québec afin que les villes deviennent comme des « éponges ».

Le concept de ville éponge est déjà utilisé à travers le monde et commence à l’être un peu dans la province. À la base, les villes ont été aménagées de manière à remplacer les sols et la végétalisation par des surfaces minérales. Cela entraîne une « imperméabilisation des surfaces », ce qui augmente les risques d’inondations et menace la qualité des cours d’eau.

Le Marais Bellevue à Québec.

Des infrastructures non adaptées

Ainsi, il survient plusieurs enjeux reliés à la gestion de l’eau dans les villes. Notamment, pour certains types d’égouts, lorsqu’il y a de fortes pluies, le réseau municipal se retrouve engorgé. Cela oblige des ouvrages de surverses, permettant de rejeter des eaux usées dans l’environnement avant qu’elles ne soient acheminées à la station d’épuration. « Cela pollue les eaux des rivières et des cours d’eau », indique Sarah Verret, coordonnatrice en verdissement et infrastructures vertes au Conseil régional en environnement de la Capitale-Nationale.

« Puis, avec les changements climatiques, on assiste à une augmentation des précipitations, en intensité et en fréquence. Certaines infrastructures désuètes ne sont pas capables de répondre à ces quantités d’eau importantes. Cela crée des refoulements d’égout, des inondations », explique Mme Verret.

Ainsi, avec les infrastructures vertes, l’eau s’infiltre dans le sol et permet de réduire ces risques. Cela passe aussi par la protection des infrastructures naturelles déjà présentes sur le territoire, comme les boisés ou les milieux humides. « C’est important de protéger ces écosystèmes qui jouent déjà un rôle important », souligne-t-elle.

La Place Fleur-de-Macadam à Montréal.

Recréer le cycle naturel

Ville Éponge vise donc à « recréer le cycle naturel de l’eau », explique Mme Verret. « Le concept vient originalement de la Chine. Il vise à ce qu’on aménage nos espaces pour que l’eau soit gérée à la source et que la ville agisse comme une éponge. Au lieu de rejeter l’eau vers les égouts, on veut que l’eau s’infiltre dans le sol. »

« Plus tu minéralises ton territoire, plus tu le rends imperméable. » – Sarah Verret

Comme infrastructure verte à plus petite échelle, il y a notamment les jardins de pluie. Il s’agit d’un « aménagement paysager conçu avec un abaissement du niveau du sol et d’un mélange de végétaux et de sols vers lequel les eaux de surface sont dirigées ». Grâce à une aire de biorétention, les eaux sont filtrées et retenues par différents processus naturels. Puis elles sont par la suite infiltrées ou dirigées naturellement vers le réseau de drainage.

À plus grand échelle, on retrouve les parcs résilients. « Ils permettent d’offrir des espaces de jeux, mais aussi d’être inondés. Ainsi, l’eau peut être stockée et accumulée durant de fortes pluies », indique Mme Verret.

Manque de connaissances

Certains freins sont toutefois encore présents face à ces infrastructures. Mme Verret souligne qu’il y a une méconnaissance générale du concept. « Il y a beaucoup d’idées préconçues, notamment en lien avec les coûts additionnels que les infrastructures engendrent. Mais ce n’est pas forcément vrai », soutient-elle. Comme c’est plus difficilement calculable que les infrastructures grises, les Villes ou propriétaires de terrains vont se tourner vers d’autres options.

« C’est pour ça que nous avons mis en place un site web avec beaucoup d’informations et d’outils à la disposition de tous. On a aussi une carte interactive pour voir quels projets se font au Québec pour en inspirer d’autres ! »


Ville Éponge a été mis sur pied par le CRE – région de la Capitale-Nationale.

L’initiative regroupe des organismes à but non lucratif, des municipalités, des institutions, des entreprises, des promoteurs et gestionnaires immobiliers, ainsi que des professionnels en ingénierie, architecture et urbanisme.

Pour en savoir plus sur le concept et découvrir leur boîte à outils, visitez le site web de Ville Éponge. 

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