(Photo : Wikipédia)
Dali dans les années 1960, avec son ocelot de compagnie.
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La moustache dans l’Histoire

Par Simon Cordeau

La moustache, qui la porte et ce qu’elle représente, a changé à de maintes reprises dans l’Histoire. Pour souligner le début du Movember, voici un survol de son évolution.

Premiers poils

Hadrien est le premier empereur romain à porter la barbe.

Pour les Romains, se raser était non seulement un signe de civilité, mais permettait aussi de se distinguer des Grecs. Pour un jeune Romain, le premier rasage était considéré comme le passage à l’âge adulte. On en faisait une fête où on dédiait ses premiers poils à un dieu.

Hadrien fut le premier empereur à se laisser pousser la barbe. C’était pour cacher ses cicatrices au visage, mais sa barbe, imitée par plusieurs, causa une mode dans l’Empire.

Encore une taxe!

« Dengi vziaty », c’est-à-dire « La taxe a été perçue ».

Après la Renaissance, la barbe, perçue comme grossière, perd en popularité. La moustache, plus discrète et raffinée, devient l’alternative de choix. Pour « moderniser » son pays et imiter les Européens, Pierre le Grand, tsar de Russie, tente même d’interdire la barbe, en 1699. Mais devant les contestations, il recule : il impose plutôt un impôt sur la barbe, en 1704.

Lorsqu’il est payé, on vous remet un jeton de bronze, que vous devez présenter lorsque les autorités vous contrôlent. Le montant à payer varie selon la classe sociale. Les membres de l’Église finiront par en être exemptés. L’impôt est aboli en 1772.

D’autres pays ont aussi taxé la barbe, dont l’Angleterre et la France au 16e siècle, et le Yémen en 1936.

Moustache guerrière

À partir du 19e siècle, la barbe fait un retour. On la considère comme un signe de virilité, de force et de courage. Plusieurs figures politiques et culturelles l’adoptent, de Napoléon III en France à Alexandre III en Russie, en passant par Karl Marx. De 1832 à 1933, la moustache est aussi obligatoire pour les militaires et les gendarmes en France. Durant la Première Guerre mondiale, les soldats français avaient même le surnom de Poilus, comme il n’était pas toujours possible de se raser dans les tranchées.


Culture poilue

Dali’s Mustache

Dans cet album photo de 1954, la moustache du célèbre peintre Salvador Dali est mise à l’honneur. Des techniques de photographies innovatrices (pour l’époque) créent des effets surréalistes. Sous la forme d’une fausse entrevue, un court question-réponse accompagne chaque photo. Le résultat est parfois absurde, parfois ironique, et toujours hilarant.

La Moustache, d’Emmanuel Carrère

Marc a toujours porté la moustache. Un soir, il décide de la raser. Mais à sa grande surprise, personne ne le remarque. Lorsqu’il confronte ses proches, ils lui répondent… qu’il n’a jamais eu de moustache! Est-ce qu’on lui joue un tour? Ou perd-t-il la raison? Peut-être est-il tombé dans une dimension parallèle?

Dans le livre (1986), on suit le protagoniste alors qu’il s’enfonce de plus en plus dans le délire et la paranoïa, jusqu’à ne plus savoir ce qui est vrai.

Dans le film (2005), la musique de Philip Glass nous jette dans une profonde tourmente, alors que le monde de Marc se déconstruit autour de lui.

Barbes, moustaches… et identité sociale

Courte capsule documentaire de La Fabrique culturelle de Télé-Québec. On y explore l’histoire de la pilosité faciale masculine et l’évolution de ce qu’elle symbolise en société.

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