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Immobilier : Un début d’année au ralenti

Par Aurélie Moulun

« On assiste à une baisse des ventes si l’on compare avec l’an dernier. C’est un des débuts d’année les plus faibles enregistrés », explique Charles Brant, directeur de l’analyse du marché à l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ).

Le Journal a obtenu les données des ventes immobilières pour les mois de janvier et février 2023. Au sein des MRC de La Rivière-du-Nord et des Pays-d’en-Haut, on compte une baisse de 19 % des ventes de résidences unifamiliales comparé à la même période l’an dernier.

Si moins de transactions ont été conclues jusqu’à maintenant, c’est notamment parce que « les gens sont moins qualifiés à l’achat, ils ont moins la capacité d’acheter aujourd’hui. Les taux sont très élevés et les gens attendent que ça se stabilise », soutient M. Brant.

« Les transactions, en ce moment, sont surtout faites par des acheteurs expérimentés », ajoute-t-il. Il s’agit d’acheteurs possédant déjà de bonnes mises de fonds.

« Donc les prix se maintiennent, mais il y a une baisse des ventes parce que les acheteurs ne sont pas en mesure d’acheter », résume-t-il.

Des délais de ventes plus longs

« Même s’il y a une baisse des ventes, on voit qu’il y a quand même le nombre d’inscriptions en vigueur qui augmente. Ça veut dire qu’il y a beaucoup de propriétés sur le marché qui ne trouvent pas de preneur », indique le directeur de l’analyse du marché.

Pour M. Brant, cette augmentation du taux d’inscriptions ne reflète pas tout à fait la réalité. Il explique que l’on assiste à un effet d’accumulation. « Il y a beaucoup moins de ventes conclues et il n’y a pas beaucoup de nouvelles inscriptions chaque mois non plus. Ça crée donc un effet d’accumulation des inscriptions en vigueur. »

« On voit qu’il y a beaucoup d’accumulation, les délais de vente sont beaucoup plus longs et il y a plus de négociations. Alors, le processus de vente est plus lent. »

D’après l’APCIQ, le délai de vente moyen pour une propriété unifamiliale dans La Rivière-du-Nord serait de 49 jours, soit 13 jours de plus qu’en janvier-février 2022. Du côté des Pays-d’en-Haut, le délai moyen s’élève plutôt à 60 jours.

De moins en moins de surenchère

Selon Charles Brant, les prix du marché immobilier dans les Laurentides montrent « une résilience intéressante ». « Au cours des mois de janvier et de février 2023, environ 65 % des ventes se sont conclues au prix affiché. Puis, 10 % des ventes auraient été conclues après une surenchère. Le 25 % restant aurait été négocié à la baisse », indique le directeur.

Il ajoute que le phénomène de surenchère des dernières années est en train de s’estomper. « Il y en a beaucoup moins aujourd’hui. Vers les mois de juin-juillet 2022, c’était près de 50 % des ventes qui étaient conclues après une surenchère. Aujourd’hui, on est plutôt autour de 10 % », rappelle-t-il.

« Je pense qu’au cours des prochains mois, il y aura plus d’activité, mais ça restera quand même faible comparé à l’an dernier. » D’après M. Brant, la situation devrait commencer à se stabiliser au printemps. « Je pense que les gens vont pouvoir acheter avec moins de peur à ce moment-là. »

Ainsi, il prévoit une hausse de l’activité sur le marché immobilier des Laurentides au cours des prochains mois, mais celle-ci restera moins élevé qu’en début d’année 2022.

Bilan de la situation immobilière dans la MRC de La Rivière-du-Nord pour janvier-février 2023 comparé à la même période en 2022

Bilan de la situation immobilière dans la MRC des Pays-d’en-Haut pour janvier-février 2023 comparé à la même période en 2022

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