(Photo : Audrée Wilhelmy)
Avec son nouveau livre, Gabrielle Filteau-Chiba navigue entre la dystopie et l'utopie.
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Hexa: Gabrielle Filteau-Chiba fait de la fiction un geste militant

Par Ève Ménard

Avec son plus récent livre, Hexa, Gabrielle Filteau-Chiba reste fidèle à ses thèmes de prédilection : le féminisme, l’écologie, la forêt, la nature, la sororité et le militantisme. Mais l’auteure les aborde par l’entremise d’un tout nouveau genre littéraire : le roman d’anticipation.

Entre dystopie et utopie

Celle qui habite Sainte-Adèle raconte avoir travaillé pendant cinq ans sur ce livre, pour en arriver au roman qu’on retrouve dans les librairies depuis le 25 octobre. Hexa navigue habillement entre la dystopie et l’utopie. Le roman est campé dans un futur pas si lointain. Thalie et ses parents, Gabriel et Sandrine, vivent dans la Cité de Sainte-Foy, où des drones surveillent tous les gestes des résidents. Les enfants et les adolescents apprennent le « conditionnement citoyen » à l’école. Les femmes ne peuvent pas accoucher sans permis. Les arbres ont été remplacés par des capteurs de carbone. La Cité est entourée d’une enceinte : personne ne peut y sortir, sans autorisation.

Chaque printemps, Sandrine quitte pourtant la Cité vers le Nord. Elle fait partie d’une communauté de femmes, planteuses d’arbres. Cette fois, Thalie a aussi l’autorisation de partir avec sa mère. Là-bas, elle découvre la liberté, la sororité et une nouvelle vie, en harmonie avec la nature et le territoire.

Nourrir l’imagination

Le roman oscille entre le terrifiant et le beau. Pour l’auteure, il était important de trouver cet équilibre. Gabrielle Filteau-Chiba adore lire des dystopies. Mais elle les trouve aussi anxiogènes. « J’ai beaucoup de lecteurs qui me parlent de leur éco-anxiété. Ils s’inquiètent des coupes à blanc et des feux de forêts. C’est hyper paralysant, on a l’impression d’être tout petit et de ne pas avoir les connaissances, les capacités ou le pouvoir nécessaires pour changer les choses. Quand on craint la fin du monde, c’est surtout parce qu’on manque d’imagination. Et c’est ça le rôle des artistes, nourrir cette imagination-là, positivement », explique Gabrielle Filteau-Chiba.

Hexa, c’est aussi un guide sur comment prendre soin des forêts et de la biodiversité. Les descriptions sur les types d’arbres ou sur les manières de planter sont d’ailleurs fondées sur des faits, sur les propres années de l’auteure en tant que planteuse d’arbres et sur ses rencontres. Avec ce livre, Gabrielle Filteau-Chiba veut mettre un « baume » sur nos éco-anxiétés.


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