(Photo : France Poirier)

En toute confidence avec Marie-Claude Barrette

Par France Poirier

Marie-Claude Barrette est une excellente communicatrice. Le 7 septembre dernier, elle animait la soirée hommage à Béatrice Picard dans le cadre du lancement médiatique du Salon des aînés de Saint-Jérôme. Nous l’avons rencontrée pour lui parler notamment de son balado qu’elle produit.

As-tu eu l’idée de faire un balado après le retrait de ton émission ?

L’été dernier, j’ai créé Humano Productions en partenariat avec Attraction. Ça me donne accès à un paquet de choses. J’ai fait avec eux Où es-tu ? et Projet innocence Québec. Alors ce sont des gens que je connais bien. Puis, ça faisait longtemps que je voulais produire. Alors on s’était dit on va faire un balado. Pendant la pandémie, j’avais fait Marie-Claude en quarantaine qui était déjà un balado. J’en avait fait 40 quand même !

Quand il y a le retrait de mon émission à TVA, mon équipe chez Humano m’a dit au lendemain de mes enregistrements, le 12 avril, qu’on devait faire un balado dès la semaine suivante. Il restait quand même neuf semaines en ondes à l’émission Marie-Claude. On a plongé, mais je voulais avoir un concept. J’ai fait beaucoup d’entrevues et il y a beaucoup de balados.

C’est en discutant qu’on a décidé de faire un jeu avec des questions. Chaque invité a son jeu de question. Ainsi, on a fait un pilote avec Shirley Théroux et on savait que ça marcherait. Puis, dès le lundi suivant, on avait comme invité Laurent Paquin que j’avais rencontré sur le plateau de Tout le monde en parle et qui m’avait dit : « Si tu as besoin d’un invité, je suis disponible. » Il avait l’expériences des balados. Même chose pour Normand D’Amour qui était aussi présent. Alors nous avons commencé tranquillement et finalement, nous en avons fait 17 ! Puis, j’ai pris une pause vacances et là nous sommes repartis pour au moins une autre saison.

Pourquoi penses-tu que le balado facilite les confidences ?

Parce qu’il n’y a pas de temps ! En télé, il y a un régisseur, il a le temps et on doit s’arrêter pour les publicités. Alors ça refroidit tout le temps. Sur mon plateau, on n’arrêtait jamais longtemps. Mais si on arrête, il se passe d’autres choses. Quelqu’un peut venir me parler, ça casse le rythme. Tandis que sur le balado, on ne se quitte pas.

J’ai un technicien qui est derrière un écran qu’on ne voit pas, puis il y a des caméras sans techniciens. Je suis seule avec mon invité dans un petit espace. Je voulais que ce soit petit, intime. Les invités et moi pigeons les questions, et ils peuvent choisir d’y répondre ou non. Ça me donne une grande latitude et j’ai l’impression de faire une nouvelle forme d’entrevue. J’adore ça !

Tu as de la facilité à aller chercher des confidences. Toi, te confies-tu facilement ?

Non, pas du tout ! Je trouve que les gens n’écoutent pas pour être bien franche. Ça ne veut pas dire que je ne me confie pas, j’ai quand même des amis. Mais je trouve que c’est difficile de se confier. Des fois, on veut raconter des choses et là, l’autre personne nous dit : « Moi aussi, ça m’est arrivé, c’est pire. » Dans ce temps-là, je me ferme. C’est facile pour moi d’écouter alors je vais tomber en mode écoute et je réalise que, finalement, je n’ai pas raconté mon affaire ! C’est ma personnalité. J’ai toujours plus écouté, mais cela dit, j’ai de bonnes et belles personnes autour de moi et c’est important pour l’équilibre.

Quelle est la plus grande confidence que tu as reçue ?

Ah ! Nathalie Simard. Elle avait fait cette confidence sur mon plateau de Marie-Claude ainsi que dans mon balado. Quand elle est partie en République dominicaine et qu’elle et sa famille sont revenus au Québec, ils n’avaient plus un sous et ils ont pensé mettre fin à leurs jours, sa fille, son conjoint et elle. Ça m’a rentré dedans !

C’est lourd comme confidence, mais ça démontre le lien de confiance. Elle l’a répété et ce moment m’habite. Aujourd’hui, elle goûte à la vie. Je trouve ça beau et je la trouve belle !

As-tu des projets télé à venir ?

Non, je n’ai pas de projets de quotidienne par exemple, mais avec ma maison de production, j’ai des projets de documentaires. Je suis en train de développer quelque chose avec ma compagnie qui devrait intéresser beaucoup les gens ! Je vais l’annoncer en novembre. Je suis maintenant ma propre patronne.

J’ai une équipe qui me pousse dans le dos, alors que j’avais toujours l’impression de devoir pousser les autres. Tout d’un coup, c’est un vent de fraicheur ! Ma fille Juliette travaille avec nous aussi, à temps partiel parce qu’elle va à l’école. Elle connait l’univers du balado – elle n’écoute pratiquement pas la télé ! C’est l’fun de travailler avec des jeunes et de voir que le balado est écouté par des hommes, des femmes, des plus vieux et des plus jeunes. Ça touche tout le monde !

Quelle est ton opinion sur le fait de vieillir à la télévision ?

C’est difficile vieillir à la télévision parce que les femmes, on est toujours perdantes. Si tu te fais faire des retouches par des agents de comblement, comme du botox, alors rapidement, on te juge. Et quand tu ne le fais pas, on te juge aussi. Je me dis : les femmes, on doit apprendre à s’assumer si on veut avancer. Moi aussi je traite ma peau, mais je n’ai pas d’injections.

Cependant, si on décide de le faire, on doit s’assumer. Quand on s’assume on est jamais perdant ! Si on le laisse le pouvoir aux gens de nous juger, on l’est. Ça part de nous : dans le fait de s’assumer, ne pas être gênée des choix que l’on faits. Parce que si nos grands-mères et arrière-grands-mères avaient eu accès à tout ce que l’on a aujourd’hui, elles y auraient touché aussi.

Puis, la télé vieillit. Je me souviens de Lise Dion qui disait : « Ce n’est pas de la haute définition, c’est de la haute démolition ». Il y a des hommes qui sont à la télé et qui sont négligés. Si c’étaient des femmes, ça ne passerait pas. Il y a encore deux poids, deux mesures.

Dernièrement, tu as fait ton premier tattoo avec tes enfants. Pourquoi ?

Le 1er septembre dernier, ç’a fait un an que ma mère est décédée. Elle a toujours dit : « Quand je vais mourir, je vais revenir sous forme de plume. » On a eu plein d’histoires de plumes dans la dernière année. Puis, j’avais dit à ma fille que j’aimerais avoir un tattoo – mes deux filles en ont.

L’autre jour, on a un souper à la maison avec les enfants et Juliette me demande si j’ai encore le goût de me faire tatouer. J’aimerais avoir une plume, alors elle a dit : « On le fait ! ». Et les trois enfants m’ont suivie là-dedans. Nous sommes trois qui avons des plumes et Juliette a un oiseau avec plein de plumes. Je ne pensais jamais le faire ! C’était un beau moment mère-enfants en hommage à ma mère.

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