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Quand la détermination mène au sommet

Par Marie-Catherine Goudreau

Dans le film Em, qui sera présenté au Festival du film de montagne de Banff, on suit le parcours et la détermination de la grimpeuse professionnelle Emilie Pellerin dans son ascension de la paroi mythique La Zébrée à Val-David.

Le projet du film, réalisé par Alexa Fay, a commencé alors qu’Emilie s’est fait approcher par un ami qui voulait la filmer en train d’escalader La Zébrée. « Je n’étais pas certaine au début si je voulais essayer cette voie, si j’allais la réussir et si c’était quelque chose de mon niveau », explique la grimpeuse, qui travaille présentement sur un film en Jordanie.

Au bout d’un moment, elle s’est dit que c’était quelque chose qu’elle voulait essayer, pas nécessairement pour être filmée, mais plus pour elle-même. « Je me suis dit pourquoi pas ? »

Exploit inattendu

La première journée qu’ils se sont rendus à Val-David pour filmer, la voie était en « conditions horribles », raconte Emilie. « On n’avait aucune attente. Alexa est montée sur la corde pour filmer le moment de l’ascension. Ça ne me dérangeait pas parce que je me disais que c’était juste pour un essai. »

Puis elle a réussi, à sa grande surprise, à monter la voie au complet. Le tout était filmé, ce qui a laissé place à des images très authentiques de sa réussite. « C’est assez spécial, car c’est rare d’avoir ces images là », souligne Emilie.

Durant le tournage du film Em. Photo : Alexa Fay

Ce qui rend La Zébrée si spéciale, c’est que la voie est très rarement en bonnes conditions. « Les prises ne sont pas bonnes. C’est hyper pompant et c’est comme deux toits, un après l’autre, où tu dois être sur tes bras tout le long. Ça fait partie de la difficulté, que la voie est toujours mouillée et qu’on ne peut pas la faire toute l’année », explique Emilie.

Peu de personnes ont réussi à monter cette voie. « Il faut vraiment être quelqu’un de local pour la faire. Il faut savoir comment la travailler, bien se positionner. Ce n’est pas un truc que tu fais en une journée, mais plus un projet à long terme », souligne-telle. C’est un chemin qui s’apprivoise et qui doit être travaillé avant.

Une première

Dans Em, on voit aussi la grimpeuse qui réussit l’ascension du Shadow Pitch à Squamish en Colombie-Britannique pour une première fois, sans l’avoir essayé avant. Elle est la première à réussir cet exploit, depuis la première ascension de la voie dans les années 1990. Ce style, l’escalade « à vue », consiste à faire l’ascension d’une voie sans avoir aucune information à son sujet.

Selon la grimpeuse, c’est tout le chemin avant d’atteindre le sommet qui est spécial. « Quand tu es là, il y a juste la prochaine prise à laquelle tu penses. C’est comme de la méditation jusqu’au sommet. D’un côté, c’est un soulagement d’atteindre le sommet, et de l’autre, c’est la fierté d’avoir accompli quelque chose », raconte Emilie.

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