Pallier à la pénurie de main-d'oeuvre.

| Par Simon Cordeau

Séduire ses futurs employés

Pour pallier la pénurie de main-d’œuvre dans la région, une foire virtuelle de l’emploi débutera le 18 mai, organisée par le Réseau des gens d’affaires de Prévost (RGAP). La participation est gratuite pour les chercheurs d’emploi, et au coût de 250 $ pour les employeurs, qui pourront afficher un nombre illimité de postes à combler. Le format virtuel permettra aux employeurs et aux candidats de se connecter par vidéo, par clavardage ou par rendez-vous en présence.

Mesure exceptionnelle : la foire durera un mois. « Les entreprises ont présentement beaucoup de pression de performance. Concentrer leurs ressources sur un seul jour peut être difficile. En faisant l’événement sur un mois, ça leur permet de s’adapter et de souffler. C’est la même chose pour les chercheurs d’emploi. Au lieu de manquer la date, ils ont le temps de prendre le train », explique Mylene Halley, vice-présidente du RGAP.

Bien que la foire soit une initiative prévostoise, tous les intéressés sont bienvenus. « On est sensibles à la pénurie de main-d’œuvre et aux difficultés des employeurs. Donc on a décidé d’ouvrir nos portes à tout le monde », invite Mme Halley.

Un problème sous-estimé

Malgré la prolifération des affiches « On embauche », les employeurs sont peu enthousiastes à participer à la foire, du moins jusqu’à maintenant, s’étonne Mme Halley.
« On pense qu’il y a un marasme qui s’est installé au niveau des employeurs. Il y a beaucoup de fatigue. On pense aussi qu’ils ne sont peut-être pas prêts, qu’ils ont mal anticipé la pénurie. »

Pourtant cette pénurie de main-d’œuvre, causée par le vieillissement de la population, est annoncée depuis quelques années. « La COVID n’a rien inventé : elle a mis en lumière ce qui existait déjà, depuis longtemps », souligne Mme Halley. Toutefois, peut-être que les employeurs n’en réalisent pas encore l’ampleur, avance-t-elle.

« J’ai visité une vingtaine d’entreprises à Prévost. Au moins 80 % des employés sur le plancher nous le disent : oui, on vit une pénurie de main-d’œuvre. Mais parfois, les directions disent le contraire », illustre-t-elle.

S’adapter et écouter

Il y a 20 ou 30 ans, c’étaient les entreprises qui faisaient vivre les familles, indique Mme Halley. « Maintenant, c’est l’inverse. » Elle compare les entreprises qui cherchent des candidats à des célibataires. « Si tu ne te présentes pas sous ton plus beau jour, ça ne marchera pas. » Par exemple, afficher une offre d’emploi sans le salaire qui l’accompagne est « peine perdue », selon elle.

Pour trouver (et garder) la perle rare, les employeurs doivent plutôt s’adapter à leurs employés, être à leur écoute et les accompagner. « Accueillir ses nouveaux employés, c’est super important. Pourtant, beaucoup ne le font pas. Mine de rien, quand tu as 14 ans, c’est impressionnant arriver dans une nouvelle entreprise, c’est intimidant. Mais de savoir que quelqu’un va t’attendre à la porte à 10h00, tu es déjà plus la bienvenue », illustre Mme Halley.

Et comme dans le monde du dating, certaines actions sont à proscrire. « J’ai entendu que des employeurs congédient leurs employés par texto. Ça ne se fait pas! Tu viens de tuer un ambassadeur pour ton entreprise », prévient Mme Halley.

Quelques suggestions de Mylène Halley pour garder ses employés :

• Accueillir les nouveaux employés.

• Faire un rapport d’étonnement. « Après une semaine, on sonde l’employé pour savoir comment ça se passe. Est-ce qu’il y a des trucs qui l’étonnent? Ou qui le déçoive? A-t-il des suggestions? »

• Faire des entrevues de fidélisation. « Pendant l’année, c’est important d’accompagner les employés, et de s’intéresser à ce qu’ils ont à dire. »

• Mettre la bonne personne au bon endroit. « Il n’y a pas pire mécanicien qu’un fleuriste dans l’âme. »

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