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Les femmes doivent encore faire leur place

Par Marie-Catherine Goudreau

Au mois de février, un manifeste de 50 textes par 42 auteurs a été publié pour réfléchir à la situation des femmes dans le milieu des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques au Québec (STIM). Nous avons discuté avec l’une des auteures, Claudie Solar, résidente des Laurentides.

« J’ai toujours été interpellée par l’enseignement des mathématiques et des sciences », souligne Mme Solar. Elle s’est particulièrement intéressée à la question du savoir que les femmes peuvent apporter dans ce domaine.

« Davantage de femmes étudient en sciences humaines ou sociales que dans les champs des STIM. Il est normal qu’il y ait actuellement davantage de savoirs liés aux conditions de la vie des femmes dans ces domaines tandis qu’ils sont plus rares en STIM », écrit Mme Solar dans le manifeste.

Un savoir plus inclusif

Selon la chercheuse, si plus de femmes intègrent le domaine des STIM, elles « accentueront alors leurs intérêts dans la recherche en STIM ». Cela permettra de développer « des savoirs sur lesquels d’autres chercheuses pourront construire leur démarche ». C’est ainsi que naîtra un savoir plus inclusif en STIM, souligne Mme Solar.

« On a besoin de plus de femmes en STIM pour qu’elles développent un savoir qui sera de plus en plus féminisé, dans la mesure où notre champ d’intérêt n’est pas le même que les hommes », souligne-t-elle. Le problème aujourd’hui est que la formation est axée sur un savoir principalement masculin. « Les femmes là-dedans étaient rejetées », dit-elle.

Des portes encore fermées

Les femmes rencontrent encore aujourd’hui plusieurs obstacles lorsqu’elles entrent dans le domaine des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques. « Trouver un emploi, y être traitée de façon équitable. On leur demande une disponibilité égale aux hommes, alors qu’elles doivent souvent s’occuper de leurs enfants, par exemple », soutient Mme Solar.

« Souvent, les femmes se ferment des portes en choisissant les sciences humaines. Mais les mathématiques, c’est absolument important, dans tous les champs », constate-t-elle. La situation s’améliore selon elle, mais certaines femmes se font encore décourager d’aller dans ce domaine.

La situation des femmes en STIM

Le manifeste a été réalisé avec l’Association de la francophonie à propos des femmes en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (AFFESTIM). Selon l’AFFESTIM, il est montré que l’apport des femmes, par leurs manières différentes d’aborder des problèmes, contribue à la société et à son avancement dans le domaine des STIM. D’ailleurs, de nombreuses études révèlent que les femmes s’investissent aujourd’hui en plus grand nombre dans des cursus et des emplois en STIM, même si elles rencontrent toujours des barrières d’ordre systémique. La situation des femmes dans le domaine des STIM est en plein essor, mais nécessite encore des changements pour que les femmes y fassent carrière en toute égalité et équité.

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