(Photo : Économie sociale Laurentides)
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L’économie sociale au service de l’humain et du vivant

Par Ève Ménard

Novembre est le Mois de l’économie sociale partout au Québec. Cette initiative vise à promouvoir ce modèle économique alternatif et centré sur l’être humain.

Les entreprises d’économie sociale, aussi appelées entreprises collectives, combinent deux notions qui semblent s’opposer : l’économie et le social. Contrairement à l’économie traditionnelle, l’économie sociale ne mesure pas sa rentabilité en termes de profits, mais par l’amélioration de la qualité de vie d’une communauté et de ses membres. L’humain et le vivant sont au cœur des prises de décision, indique Amélie Girard, directrice générale d’Économie sociale Laurentides.

Servir la communauté

Une entreprise collective peut prendre la forme d’une OBNL, d’une coopérative ou d’une mutuelle. Elle se crée par l’initiative de citoyens et de citoyennes qui, en se regroupant, répondent à un besoin de la communauté. Il existe 440 entreprises d’économie sociale dans les Laurentides, dont le Festival des Arts de Saint-Sauveur, le Théâtre du Marais, le Théâtre du Patriote, le Théâtre Gilles-Vigneault, la coopérative alimentaire à Sainte-Lucie, etc. Le Théâtre Le Patriote, par exemple, offre des expériences culturelles pour bonifier la qualité de vie des individus. Il rend aussi la culture accessible aux jeunes de la région. Des organismes communautaires autonomes, comme la Maison Alois Alzheimer à Saint-Jérôme, peuvent également avoir un volet d’économie sociale.

Pour qu’une entreprise soit reconnue en tant qu’entreprise collective, elle doit adhérer à certains principes. Notamment, elle doit répondre aux besoins de ses membres ou de la collectivité, sa gestion doit être autonome vis-à-vis de l’État, elle doit prévoir une gouvernance démocratique et doit aspirer à une viabilité économique. Lorsqu’une entreprise collective accumule des surplus, ceux-ci doivent être réinvestis dans la mission même de l’organisation. Cette logique d’économie circulaire vise l’enrichissement de la communauté et de ses membres, et non d’un individu en particulier. Il n’y a donc pas de propriétaire ou d’actionnaire qui recherche le profit à tout prix.

Un modèle enrichissant

La gouvernance d’une entreprise d’économie sociale étant démocratique, il y a toujours un conseil d’administration « garant de la mission de l’organisation », souligne la directrice d’Économie sociale Laurentides. Les décisions sont collectives, ce qui participe à créer un sentiment d’appartenance fort chez les membres. D’ailleurs, les entreprises collectives, en moyenne, détiennent une meilleure rétention du personnel. En contexte de pénurie de main-d’œuvre et de réflexion entourant les modes de gestion, Amélie Girard croit que l’économie sociale est un lieu privilégié pour réfléchir à de nouvelles façons de faire et les implanter.

L’environnement est également au cœur des entreprises collectives, de par sa logique de circularité et son aspect local. Des réflexions en lien avec le rapport aux ressources et la manière de consommer habitent les entreprises d’économie sociale. Ces dernières travaillent justement sur la mutualisation, c’est-à-dire de mettre en commun des expertises, des ressources ou bien des savoirs. « S’il n’y a pas tout le monde qui a un bureau, alors on va se partager des espaces pour travailler. Il peut s’agir aussi d’équipement : on utilisera un camion pour différentes organisations », donne en exemple Amélie Girard.


En chiffres dans les Laurentides

  • 440 entreprises d’économie sociale
  • 6 600 employés
  • Chiffre d’affaires annuel de 758 M$

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