Autodrome St-Eustache : derniers tours de piste

Par Louise Guertin
Autodrome St-Eustache : derniers tours de piste


Le Guide de l'Auto

Article par Agence QMI

Par Louis Butcher

Alan Labrosse n’a pas encore commencé à compter les dodos, mais il réalise que sa belle aventure avec l’Autodrome St-Eustache tire à sa fin.

Le complexe de sports motorisés présentera son dernier programme de courses le 13 octobre.

Puis, un mois plus tard, le site passera sous le pic des démolisseurs pour faire place à une nouvelle construction destinée à une entreprise commerciale. Le bâtiment principal et le circuit asphalté seront rasés.

Après s’être porté acquéreur de l’Autodrome St-Eustache en décembre 2007, Labrosse a annoncé, le 12 avril 2018, qu’il avait conclu une entente pour se départir des lieux. Le montant de la transaction n’a pas été divulgué.

Une première offre en 2012
« Contrairement à ce plusieurs ont pensé, ce n’est pas Hydro-Québec qui a acheté le site, mais bien la Ville de Saint-Eustache, a indiqué Labrosse en entrevue au Journal de Montréal. Il est vrai qu’Hydro-Québec souhaitait ériger des lignes de haute tension près du circuit. Disons que cette intervention a fait bouger le dossier. »

La Ville de Saint-Eustache avait déjà fait une offre d’achat en 2012, mais Labrosse n’était pas disposé à rendre les armes aussi tôt.

« À cette époque, je n’avais pas atteint mes objectifs, a-t-il affirmé. J’avais beaucoup de projets en tête avec mes deux fils Jason et Alexandre. Aujourd’hui, le contexte est différent. »

La proximité des résidents
Ce contexte, c’est la proximité des résidents, qui en ont marre du bruit. Une réalité que vit non seulement l’Autodrome St-Eustache, mais les autres établissements du genre au Québec qui se battent pour la même cause.

« Ce n’était pas une vente forcée, de poursuivre Labrosse, mais ça aurait été difficile de continuer à côtoyer une population de plus en plus contraignante. À un moment donné, tu étouffes.

« Les relations avec la Ville ont été cordiales, mais sans plus. Je n’ai jamais senti que les autorités voulaient m’aider dans les démarches. En fin de semaine, par exemple, j’aurais souhaité organiser un défilé dans les rues pour promouvoir ma course NASCAR, mais je n’ai jamais pu obtenir un permis pour le faire. »

Une carrière de 40 ans
Âgé de 58 ans, Labrosse mettra un terme à une carrière de près de 40 ans d’implication en sport automobile. D’abord comme pilote de moto et de monoplace (F2000), puis comme promoteur de courses (série Indy au circuit Gilles-Villeneuve en 2004 et 2006) et agent d’athlètes avant d’acheter l’Autodrome.

« Je ne dis pas que j’aurais continué bien longtemps si la Ville n’était pas revenue à la charge, raconte-t-il, mais c’est quand même particulier de fermer un commerce quand il a atteint sa pleine maturité.

« Aujourd’hui, je suis serein avec la situation, enchaîne-t-il. Je suis prêt à passer à autre chose. Je vais commencer par me reposer.

« C’est triste de voir cette institution disparaître dans la région. Mais je ne parle pas pour moi, mais pour tous ces amateurs qui sont des clients assidus de l’endroit. Ils vont tous manquer l’Autodrome. »

Un coup d’argent ?
« Le monde s’imagine, souligne-t-il, que je me remplis les poches. L’achat du site a été un risque énorme. J’ai encore une hypothèque à rembourser et j’ai un associé qui va réclamer sa part.

« En bout de ligne, il me restera moins d’argent que les gens pensent, mais suffisamment pour prendre ma retraite. Je vais aussi demeurer propriétaire des ateliers de mécanique [situés à l’entrée du site] qui ne sont pas inclus dans la vente. »

Jason recruté par ICAR
Localisé à une trentaine de kilomètres de l’Autodrome St-Eustache, le circuit ICAR, à Mirabel, va récupérer une partie de la programmation l’an prochain.

Ses dirigeants ont aussi recruté le fils aîné de Labrosse, Jason, qui a été le bras droit d’Alan au cours des 15 dernières années. Son autre fils, Alexandre, entend réorienter sa carrière vers l’immobilier après avoir, lui aussi, travaillé avec papa.

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