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Les Sentiers Commémoratifs de la Rivière

Entretien avec John Tittel

Publié le 16 décembre 2017

Jean-Claude Tremblay, collaboration spéciale - À travers ma pratique conseil, j’ai le privilège de côtoyer toute sorte d’entrepreneurs intéressants et d’entreprises diversifiées, mais ce matin-là,  j’entrais dans un univers méconnu : celui des entreprises funéraires.

Fébrile, c’est la première fois que j’allais à la rencontre d’une personne dont le métier a déjà porté le titre… de croque-mort ! Celui qui porte ce surnom datant du 18e siècle, est le cofondateur des Sentiers Commémoratifs de la Rivière, John Tittel, un gentil géant qui le temps d’une chaleureuse poignée de main, réussit instantanément à vous mettre à l’aise.  

Lui et son partenaire d’affaires Guy d’Anjou, révolutionnent quotidiennement le monde funéraire avec leur cimetière naturel, s’étendant sur 2 kilomètres aux abords de la rivière du nord. Ils offrent une alternative intéressante et apportent de la fraicheur dans une industrie qui a grandement besoin de renouveau pour « survivre ». Leur promesse est donc la livraison d’une expérience humaine et écologique, qui s’articule autour de la célébration de la vie, au lieu de miser sur la traditionnelle noirceur de la mort.  

Est-ce que l’on choisit le créneau de la mort, ou c’est l’inverse ?

Il n’avait que 13 ans lorsqu’il est confronté à ce sujet, des suites d’un décès dans sa famille. Alors que la plupart des gens auraient envie d’être ailleurs, le jeune John lui, questionne à fond les responsables du salon funéraire et veux savoir comment ça se passe. Dans son cas, il est clair qu’il ne s’agit pas d’un choix de carrière, mais bien d’une carrière qui l’a appelé dès son jeune âge.

Fossoyeur et directeur de funérailles : vocation

Dur dur l’entrepreneuriat, surtout lorsque l’on doit (en plus) porter ces deux chapeaux ! Je vous pose une question: iriez-vous, creuser des trous et enterrer des urnes contenant les cendres d’êtres humains ? Aussi : seriez-vous capable de dormir à côté de votre téléphone et recevoir, en pleine nuit, des appels d’inconnus que vous devez consoler, car ils pleurent la mort d’un proche ?

C’est pourtant la profession de foi envers le genre humain qu’exerce John Tittel.  Ce valeureux évolue dans un domaine où le taux de divorce est un des plus élevés, car on y laisse souvent une partie de soi, au profit du bien-être des autres. Il a la chance de pouvoir compter sur des proches qui supportent sa mission de vie, ce qui est invariablement, une des clés de son succès tant professionnel que personnel.    

Protecteur de l’âme des défunts et de l’intimité des endeuillés

J’étais curieux de savoir où on trouve le courage et la force quotidienne d’aider et de guider les familles dans ce processus inévitable. « C’est eux qui me donnent la force, je suis fasciné par le pouvoir de résilience de l’être humain », me répond sereinement l’entrepreneur.  « À part eux, j’ignore d’où vient ma force, mais je sais qu’elle est toujours là quand j’en ai besoin », ajoute-t-il. Si ce n’est pas la définition d’une vocation, ça, alors je ne sais pas ce que c’est.  

Et les opportunités commerciales, face à un endeuillé vulnérable ?

Lorsque vous rencontrez un mari qui a perdu son épouse, ou une mère qui vient de perdre son enfant, comment on atteint l’équilibre entre « rentabiliser son entreprise » et, « agir dans les meilleurs intérêts de l’humain » ? John Tittel est catégorique : il n’est pas là pour vendre. « Mon rôle à moi c’est de les guider, leur enlever un fardeau et rendre leur expérience des plus agréable, dans les circonstances », répond celui qui croit que les principes d’éthique et de transparence sont non-négociables.

Mes conclusions

J’ai dans mon métier, assisté à plusieurs centaines de décès... d’entreprises. Pas aussi dramatique que d’accompagner des familles endeuillées, certes, mais non sans tragédies. Une entreprise qui disparait entraine dans son sillage des employés et leurs familles. C’est pourquoi les leçons de partenariat apprises ici sont importantes. Le cofondateur croit que le succès passe par le service. Il croit aussi que dans un marché à maturité, il faut s’unir pour servir et ultimement, pour réussir. Des partenariats locaux, en passant par leur association comme ambassadeurs de la réputée maison Magnus Poirier – John et Guy ont compris que le meilleur moyen de rayonner c’est d’innover et de s’associer.

Je conclus en affirmant qu’il n’y a pas de succès absolu, tant qu’il n’y a pas d’amour pour ce que l’on fait, pour la cause que l’on porte, et pour les gens que l’on sert. Tenez-vous-le pour dit, c’est ce qui vous permettra de ne pas vous écrouler quand les inévitables difficultés vont se présenter. Longue vie à cette innovante entreprise qui œuvre dans le commerce équitable de la dignité.

Les Sentiers Commémoratifs de la Rivière

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