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Les hommes aussi ont besoin d’aide

Agressions sexuelles

Publié le 21 novembre 2017

La plupart des délinquants ressentent de la honte.

©Deposit photos

France Poirier - Le Centre d’entraide et de traitement des agressions sexuelles (CETAS) de Saint-Jérôme soutient les victimes masculines d’agressions sexuelles et offre un traitement pour les agresseurs.

Le CETAS est reconnu comme un leader au Québec dans le traitement des délinquants sexuels et même au niveau mondial. « Nous avons une bonne approche pour gérer la récidive. Les taux de récidive en matière d’agressions sexuelles sont parmi les plus bas, soit de 20 % et lorsqu’il y a un suivi de traitement, la récidive est en bas de 10 % », explique Katia Lavallée, psychologue et directrice du CETAS.

Intervenante en cette matière depuis 25 ans, Katia Lavallée explique que la plupart des délinquants ressentent de la honte. « Avec les traitements, ils apprennent à parler d’eux et à travailler sur eux. Ils découvrent leur problématique et qu’ils ont fait du mal et du tort aux victimes. Avec eux, on peut trouver une motivation sincère à changer », explique Mme Lavallée.

L’attirance sexuelle ne se change pas

Le défi des délinquants est d’apprendre à contrôler leur attirance. « Un homme qui découvre qu’il a une attirance envers les mineurs n’est pas heureux de cette situation, mais il doit apprendre à développer le contrôle par le moyen d’une thérapie. Il est aussi important de traiter les délinquants que les victimes », explique la psychologue.

Elle donne aussi l’exemple d’un exhibitionniste qui a l’impression de faire plaisir aux autres en s’exhibant. « Il cherche à combler des besoins affectifs de la mauvaise façon. Lorsqu’on les traite, ça fonctionne. »

Les victimes

La directrice du CETAS estime qu’on ne parle pas assez des victimes masculines d’agressions sexuelles. « Les hommes et les garçons ont aussi besoin d’aide. Au Québec, on ne donne pas les mêmes services aux garçons qu’aux filles. Les garçons victimes deviennent aussi dysfonctionnels », ajoute Mme Lavallée.

Le mois dernier, quand la vague d’allégations d’agressions sexuelles a déferlé, le gouvernement a débloqué 1 M$ pour soutenir les organismes qui viennent en aide aux victimes. « Malheureusement, il n’y a pas un sou qui a été prévu pour un organisme comme le nôtre qui s’occupe des victimes masculines d’agressions sexuelles », conclut Mme Lavallée.