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« Je me suis senti piégé » -Mario Fauteux


Publié le 27 octobre 2017

Mario Fauteux et sa conjointe, Carole Lacasse, ont rencontré les médias vendredi matin.

©Photo :France Poirier

Ayant convoqué les médias vendredi matin, Mario Fauteux, accompagné de sa conjointe, était encore ébranlé d'avoir été sorti de l'équipe du maire Stéphane Maher en vue des élections municipales. Il a tenu à expliquer les circonstances de son retrait forcé de la vie politique.

« J'avais eu un appui verbal le 25 septembre dernier de la part de M. Maher, mais celui-ci a fait volte-face et a mis fin à notre collaboration le 6 octobre. Je ne m'y attendais pas du tout, ayant participé à une séance photo en vue de la campagne électorale », explique Mario Fauteux avec émotion.

M. Fauteux a été convoqué au bureau du maire le 6 octobre. Les conseillers Benoît Beaulieu et Gilles Robert étaient présents à titre de témoins pour le maire. « On m'a expliqué que j'étais trop près de l'ancien maire Marc Gascon, alors que j'avais été son directeur de campagne en 2001. C'était quelque chose de connu lorsque je me suis présenté dans l'équipe Maher en 2013 », ajoute M. Fauteux. Ce dernier affirme que lors de cette rencontre, on lui a proposé un poste de prestige en compensation de la perte de sa candidature de conseiller. « J'ai trouvé incohérent que l'on m'expulse pour des raisons éthiques tout en m'offrant un poste important à la MRC », a souligné Mario Fauteux.

« Le maire m'a dit qu'il fallait que j'aille rencontrer Jacques Duchesneau et la BIPA parce que l'administration Gascon va être éclaboussée. Je lui ai demandé pourquoi il gardait Bernard Bougie et Benoît Delage qui étaient conseillers municipaux sous Gascon. Je n'ai pas eu de réponse. Moi, j'ai organisé une campagne, je ne prenais pas de décision. Je ne faisais pas partie du caucus. Au lendemain de cette annonce, celle qui devait être la candidate à ma place, Janice Bélair, avait ses affiches, accroche-portes, tout avait été planifié », soutient M. Fauteux.

Allégeances politiques

Mario Fauteux est aussi convaincu que son appui à Marc Bourcier, député péquiste de Saint-Jérôme, qui est un ancien conseiller municipal, a pesé dans la balance. « On n'appréciait pas mon implication au Parti Québécois et d'autres aussi ont subi cette pression, mais je vais leur laisser le soin d'en parler s'ils le souhaitent. Pour ma part, il y aura un suivi. Je vais déposer mes dossiers aux autorités compétentes et mes démarches ne s'arrêteront pas là », a conclu Mario Fauteux.

Stéphane Maher soutient que trois événements ont influencé le fait de ne pas reporter Mario Fauteux comme candidat dans son équipe.

« M. Fauteux a été directeur de campagne de Marc Gascon en 2001 et c'est un fait que l'on connaissait lors de l'élection de 2013. Par contre, depuis 2013, trois événements très importants sont survenus en 2017: la création du  Bureau de l'intégrité professionnelle et administrative (BIPA), la condamnation d'Érick Frigon ancien directeur de l'ingénierie de la Ville de Saint-Jérôme concernant le système de partage des contrats et la condamnation de Richard Bégin qui était ingénieur à la Ville sous le règne de Marc Gascon», explique Stéphane Maher.

M. Maher a confié en entrevue avoir demandé à M. Fauteux pour quelles raisons il n'avait pas été rencontrer Jacques Duchesneau du BIPA concernant l'élection clé en main de Gascon de 2001. « Le BIPA est en place depuis juin dernier et tout le monde est invité à dénoncer des situations. Pour moi, ça ne se défend pas. Je ne l'accuse de rien, mais il doit aller rencontrer le BIPA pour dire ce qu'il sait. Le BIPA enquête et il faut être prudent. Jamais je ne défendrai un directeur de campagne du maire Marc Gascon ».

Selon le maire Maher, Mario Fauteux avait l'opportunité de se présenter comme candidat indépendant. « Il aurait eu le temps de recueillir ses 25 noms pour sa candidature», conclut Stéphane Maher.

Lorsqu'on lui demande si les allégeances politiques de Mario Fauteux ont joué en sa défaveur, le maire de Saint-Jérôme soutient que non.