Une juge refuse de procéder et se rétracte

France Poirier france.poirier@tc.tc
Publié le 25 novembre 2016

Un constable a été suspendu ce matin au palais de justice de Saint-Jérôme.

©TC Media - Élaine Nicol

SAINT-JÉRÔME. La juge Nancy McKenna de la Cour du Québec a semé la controverse vendredi matin au palais de justice de Saint-Jérôme en refusant de siéger à la salle RC-02 parce que le constable qui y était assigné portait des jeans.

On sait que depuis plusieurs mois, les agents spéciaux dans les palais de justice ne portent pas leur pantalon cargo d'uniforme, mais des jeans ou des pantalons de camouflage. «Par contre, celui qui est assigné à la salle de cour porte des jeans et non des pantalons de camouflage», explique l'un d'eux. Après avoir demandé au constable s'il voulait aller revêtir son uniforme complet et que celui-ci eût refusé, elle a suspendu dès 9h30. Les avocats ont été rappelés dans la salle à 10 h 30 et un autre constable, toujours habillé en jeans, s'est présenté devant elle. Elle a finalement accepté de commencer les travaux disant que ce n'était pas l'idéal, mais que comme il y avait plusieurs causes à entendre elle procéderait. Cette décision a été un soulagement pour les avocats présents et les personnes qui devaient comparaître. Faut savoir que plus d'une centaine de personnes devaient comparaître devant la juge durant la journée.

Un geste que le syndicat ne comprend pas

Présent au palais de justice de Saint-Jérôme, le président du syndicat des constables spéciaux, Franck Perales, ne comprend pas pourquoi le premier constable a été refusé alors que le second a été accepté alors qu'il portait aussi des pantalons jeans. «Le premier constable a été retourné chez lui par l'employeur soit le ministère de la Sécurité publique. Il a été suspendu tant qu'il n'allait pas se changer, ce qu'il a refusé. «L'employeur est content, la "job" de bras se fait par la magistrature», a souligné le président du syndicat.

Cette semaine, six agents spéciaux ont été suspendus au Québec et un juge a refusé de siéger au palais de justice de Joliette, jeudi. «On ne comprend pas, notre travail est fait et bien fait. Le seul moyen de pression que nous avons c'est la visibilité», conclut le président.

Les constables spéciaux sont sans contrat de travail depuis mars 2015. Ils souhaitent que leur salaire soit majoré. Ils sont 350 constables spéciaux au Québec.

 

Le président du syndicat des agents spéciaux, Franck Perales.

©(Photo: TC Media)