(Photo : UQO – Sarah Scott)
Paul Samuel Greenman est professeur et directeur du département de psychoéducation et de psychologie à l’UQO à Gatineau.
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Et si les relations facilitaient l’autonomie et l’indépendance?

Par Ève Ménard

Jeune, Paul Samuel Greenman réalise que ce qu’il y a de plus significatif dans sa vie sont ses relations, qu’elles soient familiales, amicales ou de couple. Depuis une vingtaine d’années, il consacre sa carrière à cet intérêt : actuellement professeur et directeur du département de psychoéducation et de psychologie à l’UQO (Gatineau), il se spécialise notamment dans le développement social et les relations interpersonnelles.

Dans sa pratique, le psychologue voit de plus en plus évoluer l’intelligence émotionnelle des individus. De plus en plus, ils ont le vocabulaire pour exprimer ce qu’ils ressentent et pour mieux communiquer. Le professeur continue tout de même de constater des difficultés chez certains : « Beaucoup de personnes, surtout des hommes, dans notre culture individualiste et occidentale, ont tendance à recevoir le message selon lequel on n’est pas sensé vivre des émotions fortes et être au-dessus de nos affaires. »

De l’enfance au monde adulte

Au doctorat, monsieur Greenman focalisait son travail surtout sur les amitiés entre enfants, et la manière dont celles-ci influencent la performance académique ou la santé mentale. Aujourd’hui, il s’intéresse aux relations chez les adultes et plus spécifiquement, dans sa pratique clinique et ses recherches, dans les relations de couple. Toutefois, le psychologue remarque de nombreuses ressemblances entre les relations entre enfants et entre adultes. Au centre de son approche, il y a la science de l’attachement.

Le professeur s’explique : « Cette science nous dit que tous les êtres humains sont programmés par des centaines de milliers d’années d’évolution à avoir besoin de ressentir, de créer et de maintenir des liens émotionnellement proches avec d’autres êtres humains. » Le développement personnel passe ainsi par une certaine dépendance à autrui. Mais est-ce qu’elle peut devenir problématique, et nuire à l’identité propre de chaque individu?

Entre autonomie et attachement

Dans l’approche prônée par Paul Samuel Greenman, la dépendance n’est jamais perçue comme étant pathologique. « Ce n’est pas pathologique d’avoir besoin d’une autre personne, ce qui peut être problématique, c’est la manière dont certaines personnes tentent de combler ce besoin. » En ce qui concerne le développement de l’identité ou de l’autonomie, cet élément de dépendance lui est en réalité profitable. « On devient qui on est en tant qu’être humain dans nos relations avec nos proches. On ne peut pas parler de développement d’identité ou de personnalité sans parler des relations que nous avons avec les autres. »

Le professeur souligne que les individus qui vivent dans un contexte de « dépendance efficace », profitent de ces relations pour développer leur identité. En effet, si un individu ressent qu’il a une relation où se réfugier lorsque les choses vont mal, alors il aura davantage tendance à explorer le monde et à prendre des risques. « Ce sont ces liens sécuritaires qui facilitent l’autonomie et l’indépendance. »

Dès l’enfance et jusqu’à l’âge adulte, des personnes à l’extérieur de la sphère familiale deviennent ainsi ces « figures d’attachement » vers lesquelles on se dirige en situation de stress ou de menace. C’est à partir de cette conception que Paul Samuel Greenman vise toujours l’amélioration du lien entre deux personnes, principalement en couple, en passant par le biais de l’émotion.

La thérapie centrée sur les émotions (TCE)

La thérapie centrée sur les émotions est une approche humaniste bien connue de la psychothérapie, formulée dans les années 1980. Elle est développée en tandem avec la science de l’attachement de l’adulte, une théorie du développement de la personnalité et des relations intimes. Cette science considère que les êtres humains sont relationnels, sociaux et qu’ils sont faits pour se lier intimement aux autres. Le modèle TCE donne la priorité à l’émotion et à la régulation émotionnelle en tant qu’agents organisateurs clés de l’expérience individuelle et des principales interactions relationnelles. Source : https://iceeft.com/

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