(Photo : France Poirier )

Santé : Le soutien à domicile, une priorité pour Sonia Bélanger

Par France Poirier

Elle est entrée en politique avec tout son bagage de travailleuse de la santé et surtout de gestionnaire du domaine de la santé. Présidente directrice générale du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, qui compte plus de 20 000 employés, Sonia Bélanger a décidé de plonger dans la politique active pour apporter sa contribution.

Elle était à la tête du plus gros CIUSSS depuis sept ans et aurait pu renouveler pour un 3e mandat. Elle voulait faire autre chose et trouvait que c’était le bon moment. « J’ai décidé d’aller en politique avec M. Legault et la CAQ. Il est un leader axé sur les résultats. C’est quelqu’un qui veut faire une différence, toujours à la recherche de solutions. Il s’entoure de personnes qui ont cette même approche », nous confie Sonia Bélanger, députée de Prévost et ministre déléguée à la Santé et aux Aînés. « Il y a plein de défis en santé et comme je connais bien le réseau, je sais que je peux apporter ma contribution. La seule chose que je demandais pour me porter candidate, c’était de me présenter dans ma circonscription qui est celle de Prévost. Je vis ici depuis 2015. »

D’ailleurs, quand on lui demande si elle s’était fait promettre un ministère au moment de sa candidature, elle répond : « aucunement ». « En fait, j’estime que quand on se présente en politique c’est dans le but de faire une différence dans sa communauté et c’est ce qui m’a motivé. Pour le reste, c’est le premier ministre qui décide. C’est certain que j’avais l’expérience du réseau de la santé. Comme le premier ministre souhaitait mettre en place un trio santé, j’avais des chances, mais je ne prenais rien pour acquis. J’ai appris ma nomination à la dernière minute comme tous les autres ministres », explique madame Bélanger.

Le trio santé

Avec Lionel Carmant et Christian Dubé, elle complète le trio santé. « J’ai connu Christian Dubé en pleine pandémie, alors qu’il est arrivé en poste en juin 2020. Sa première visite dans un établissement c’était dans mon CIUSSS à l’Hôpital de Verdun. On y avait monté une tente hôpital de 36 lits individuels. C’était génial, toute l’équipe s’était mobilisée. Ç’a été sa première visite : une tente hôpital. Ç’a été un privilège de le recevoir dès les premières heures de son mandat », explique la ministre.

Pendant la pandémie, elle présidait aussi la cellule de crise à Montréal et a eu l’occasion de travailler avec le ministre. Elle a travaillé avec le ministre. « J’ai développé des liens avec le ministre et les différents intervenants. Nous avons mis en œuvre la vaccination de masse au Palais des congrès. J’aime sa façon de concevoir la gestion, ça me rejoint. M. Legault et M. Dubé sont des gestionnaires très humains avec de la bienveillance. On fait une bonne équipe », souligne-t-elle.  Elle ajoute que le ministère de la Santé est très gros. Les gens ont de grosses attentes et ils ont raison à son avis. « La pandémie est venue fragiliser notre système. Nous avons un réseau public, c’est un choix qu’on fait comme société. La moitié du budget du gouvernement est dédié à la santé. Si on veut un système public, on doit le renforcer », soutient la ministre.

Les grands défis

En lien avec son rôle de ministre déléguée, madame Bélanger s’est fixée trois objectifs. Le premier est d’intensifier le virage soutien à domicile. « Quand on demande aux personnes âgées où elles veulent vivre, la plupart répondent qu’elles veulent vivre à la maison. Ça veut dire offrir du soutien domestique, du soutien aux activités de la vie quotidienne et des soins professionnels. On doit augmenter le nombre d’employés dans nos équipes CLSC et dans les organismes », explique la ministre.

Elle ajoute que dans les quatre dernières années, le gouvernement a investi 2 milliards de dollars pour le soutien à domicile. « Tous les établissements ont augmenté le soutien à domicile. Les organismes ont reçu beaucoup d’argent. Le problème, c’est le manque de ressources. D’ailleurs, le défi de la pénurie de main-d’œuvre n’appartient pas uniquement au ministère de la Santé. En effet, c’est un enjeu pour le ministère du Travail, le ministère de l’Éducation et le ministère de l’Enseignement supérieure. On travaille actuellement pour rencontrer nos collègues pour s’assurer d’envoyer plus de gens dans les programmes pour en former plus. On a comme objectif de recruter 5 500 professionnels de plus et 650 médecins au cours du mandat actuel. C’est déjà commencé avec les facultés de médecine et dans les universités en soins infirmiers. Les cégeps vont aussi abonder dans le même sens », soutient madame Bélanger.

La consolidation du réseau d’hébergement

Comme deuxième objectif, elle vise la consolidation du réseau d’hébergement. « On a, dans notre réseau, des CHSLD publics et d’autres qui sont privés. Il y a aussi des RPA, des RI et des maisons des aînés. Il faut soutenir les petites RPA. Nous souhaitons faire cheminer le réseau d’hébergement vers un modèle de CHSLD privé subventionné. Éventuellement, on veut standardiser l’hébergement afin de s’assurer d’une compréhension commune, sur la qualité des soins et des services », ajoute-t-elle. Et finalement, le 3e objectif est la mise en place d’hôpitaux à domicile qui offriraient des soins à domicile plus intensifs.

Une deuxième carrière pour des retraités

S’il y a des retraités qui sont en bonne santé et qui ont envie de s’investir dans le soutien à domicile, la ministre les invite à suivre une formation. « Ce sont des formations courtes et je crois que certains aimeraient travailler dans un autre domaine que celui de leur première carrière. Actuellement, des bourses sont offertes. On va continuer d’accentuer ça. Il y a aussi le volet immigration sur lequel on travaille avec le ministère. »

L’accessibilité à la première ligne, une priorité en santé

La région des Laurentides est celle qui va recevoir le plus de médecins de famille au cours des quatre prochaines années, selon la ministre Bélanger. « Il y a du rattrapage à faire. On a du développement aussi à faire. On doit ajouter plus de groupes de médecine de famille (GMF) et plus de cliniques de première ligne. Ce n’est pas pour rien que les gens se rendent à l’urgence. Ça passe par les médecins, mais aussi par les infirmières praticiennes spécialisées (IPS). Il y en a qui s’installent dans la région. Elles peuvent offrir plusieurs soins. Il y a aussi les pharmaciens qui ont une pratique plus large. Ils peuvent prescrire certains médicaments et en ajuster d’autres. » Pour Sonia Bélanger, il y a de l’espoir parce qu’il y a des projets qui avancent et qui font la différence.

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