Hôtel de ville.

| Par Simon Cordeau

Saint-Jérôme: (Re)découvrir son patrimoine bâti

Le 15 janvier dernier, un incendie majeur faisait rage à Saint-Jérôme. Ce soir-là, la maison Langwell, plus vieux bâtiment du centre-ville, a disparu, avec une partie de l’histoire de la ville. Regard sur le patrimoine bâti de Saint-Jérôme qui persiste, avec l’aide d’Henri Prévost, président d’Histoire et Archives Laurentides.

Maison Langwell (1838)

Saint-Jérôme est fondée en 1834. Robert Langwell, marchand écossais, fait construire sa maison en 1838. En 1851, il achète l’Île Perrault et y fait construire un moulin à farine, en 1855. Ce moulin sera lui aussi la proie des flammes, en 1980. Heureusement, il sera restauré, et on peut encore l’admirer aujourd’hui, sur la rue de Saint-Faustin. La pierre et l’architecture d’esprit français des deux bâtiments sont typiques de l’époque.

Langwell quittera Saint-Jérôme en 1872. Alfred Laviolette, industriel influent et frère du premier maire de la ville, Godefroy Laviolette, deviendra le deuxième propriétaire de la maison. À travers son histoire, la maison Langwell abritera plusieurs propriétaires et commerces.

Moulin Langwell (1838).

Maison Charbonneau (1832)

À notre connaissance, il n’existe qu’un seul bâtiment datant de la même époque qui est toujours debout : la maison Chardonneau. Construite en 1832, son architecture en pierre rappelle celle de la maison Langwell. Elle abrite maintenant le siège social de Tourisme Laurentides, à l’angle de l’autoroute 15 et de la route 158.

Mais… la maison n’est plus là où elle fut construite! Au début des années 1980, le jour de Noël, un glissement de terrain a failli l’emporter dans les eaux de la rivière du Nord. Pour la sauver, elle fut déplacée plus loin de la rivière, à son emplacement actuel.

Tout près se trouve également le lieu de fondation de Saint-Jérôme. L’été, on peut encore y voir les fondations de la toute première chapelle de la ville, construite en 1820.

La maison Charbonneau est construite en 1832, avant même la fondation de Saint-Jérôme en 1834.

Hôtel Beaulieu (1877)

Il existe encore quelques bâtiments datant de la fin du 19e siècle à Saint-Jérôme, comme l’ancien hôtel de ville (1874), la maison Prévost (1891), et la vieille gare (1897). L’hôtel Beaulieu, construit en 1877, représente peut-être le mieux le Saint-Jérôme de l’époque.

Le train arrive en ville en 1876. Avec l’industrialisation et l’afflux de touristes, l’expansion de la ville s’accélère, et a besoin d’hôtels pour loger tout ce beau monde. L’hôtel Beaulieu, construit par Louis Beaulieu à la demande du curé Labelle lui-même, en est le seul survivant aujourd’hui. Immense et impressionnant (pour l’époque), à proximité de la gare, il portera aussi le nom de Château Larose et, plus longtemps, celui d’hôtel Plouffe.

Hôtel Beaulieu (1877).

Vieux-Palais (1924)

Aujourd’hui la Maison de la culture Claude-Henri-Grignon, l’ancien palais de justice fait partie intégrante du paysage jérômien, avec le parc Labelle devant, la cathédrale à côté (1897) et la maison Prévost tout près. Sa vocation judiciaire avait pris fin en 1969, après la construction du nouveau palais de justice, de l’autre côté de la rivière. Le bâtiment a continué d’abriter la prison jusqu’en 1979, et la galerie d’art ouvre en 1978.

Mais en 1982, son avenir est incertain. Le gouvernement provincial veut le démolir et y construire un nouvel édifice. Heureusement, des Jérômiens et des Laurentiens, mobilisés par la société d’histoire de l’époque, marchent dans la rue en protestation. Finalement en 1985, le ministère des Transports cèdera l’édifice à la Ville pour la somme symbolique de 1 $.

Vieux-Palais (1924).

Ancienne caserne (1929)

Abritant le poste de police et la caserne de pompiers jusqu’en 1990, l’imposant édifice est présentement inoccupé. Cela inquiète Henri Prévost, puisque c’est lorsque les bâtiments patrimoniaux sont inoccupés qu’ils sont le plus à risque de disparaître.

Ils peuvent alors être laissés à l’abandon, ce qui rend leur restauration plus difficile et coûteuse, ou être tout simplement détruits par le temps ou les intempéries. La maison Langwell, par exemple, était inoccupée depuis 2 ans avant d’être la proie des flammes.

Un autre exemple : l’ancienne maison Rolland, construite dans les années 1920, qui a longtemps abrité le siège social de la papeterie. Aujourd’hui, des travaux de 700 000 $ à 800 000 $ seraient nécessaires pour la restaurer et garantir sa pérennité. En attendant qu’on trouve l’argent, son délabrement continue.

Ancienne caserne (1929).

Bonus : application mobile

L’application mobile Destination Saint-Jérôme vous permet d’explorer vous-mêmes le patrimoine bâti de la ville. Vous y trouverez une carte interactive, des circuits patrimoniaux et des fiches d’information sur les principaux bâtiments. Parfait pour votre prochaine balade à Saint-Jérôme.

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2 Comments

  1. Citoyen

    La rue St-Louis serait la plus vieille de la ville. Avez-vous des informations à ce sujet?

    Reply
  2. Benoît Monette

    Merci beaucoup pour ce beau moment d’histoire

    Reply

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