(Photo : Ville de Saint-Jérôme)
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Saint-Jérôme : 4 603 personnes en situation de grande vulnérabilité

Par France Poirier

Une étude faite à travers le Québec, à partir de données de Statistiques Canada, mesure l’indice de grande vulnérabilité. « On a pris une trentaine de villes pour lesquelles on est en mesure d’avoir des données, mais surtout parce que ce sont des villes régionales. Elles ont souvent un tissu urbain présent », explique Pierre Langlois, économiste et auteur de l’étude.

Dans les Laurentides, on a mesuré l’indice de grande vulnérabilité de Saint-Jérôme (7,03 %), Mirabel (6,62 %), Saint-Eustache (6,63 %) et Blainville (5,81 %) . La moyenne québécoise est de 6,13 %. Saint-Jérôme se retrouve au 9e rang des villes du Québec dont on a recueilli les données. On compte ainsi 4 603 personnes en situation de grande vulnérabilité dans la capitale des Laurentides.

Double pauvreté

L’étude compile les situations de double pauvreté. Celle-ci se mesure d’abord avec le seuil de pauvreté. « Ce phénomène représente la population qui ne dispose pas de revenus nécessaires pour être en mesure de subvenir à ses besoins de base. Et le 2e phénomène est la pauvreté sociale qui est mesurée par plusieurs facteurs. On s’intéresse particulièrement à la littératie. Avec le cumul de ces deux phénomènes, une personne seule qui se retrouve en double situation de pauvreté, on dit qu’elle est dans la spirale de grande vulnérabilité », souligne Pierre Langlois.

On a demandé à l’économiste quelle était la cause de cette double pauvreté. « Les deux phénomènes de pauvreté s’alimentent pour créer cette spirale de vulnérabilité. Si j’ai des enjeux d’alphabétisation, ça impacte mon employabilité. Et si mon employabilité est affectée, je ne réussis pas à trouver un bon emploi. L’OMS [Organisation mondiale de la Santé] fait référence à cette spirale. Sans une aide externe, c’est quasi impossible de se sortir de cette spirale », explique l’économiste.

Qui se retrouve dans la spirale ?

On retrouve toutes sortes de gens dans cette spirale. « Par exemple, on retrouve des aînés qui ont des revenus fixes qui progressent moins rapidement que l’inflation et qui ont, pour certains, des enjeux de littératie. Aussi, les gens qui se retrouvent à la sécurité du revenu. Chacun des ses individus ont leur parcours propre et vivent des situations de vie difficile », explique M. Langlois.

Ce sont environ 425 000 Québécois et Québécoises qui sont piégés dans une spirale de grande vulnérabilité. C’est ce que dévoile la plus récente étude de la Fondation pour l’alphabétisation, Aperçu d’un indice de grande vulnérabilité dans plusieurs villes du Québec, réalisée par l’économiste Pierre Langlois.

Malgré une diminution du taux de pauvreté qui laissait présager une amélioration de l’indice, la forte poussée inflationniste et l’exacerbation des inégalités sociales depuis la pandémie entrainent une tendance inverse alors que l’indice de grande vulnérabilité est reparti à la hausse.

Cette étude permet de faire un zoom dans certaines municipalités et d’identifier le nombre de personnes entrainées dans une spirale de précarité. Cette spirale est causée d’une part par des enjeux de littératie, d’autre part par une situation de faibles revenus qui rend difficile de sortir d’une telle situation.

Pistes de solution

On propose la mise en place d’un projet pilote dans les MRC ou des arrondissements ciblés pour mettre en place des ressources et du financement nécessaires pour agir auprès des individus en brisant la circularité de la pauvreté.

Cette stratégie permettrait à plus de 180 000 personnes de 20 à 59 ans en situation de grande vulnérabilité de sortir à la fois des pauvretés économique et sociale.

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