(Photo : CSL)
M. Marc L’Heureux, président de la CSL et préfet de la MRC des Laurentides.
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Rencontre avec Christian Dubé : Réaction en demi-teinte de la Coalition Santé Laurentides

Par Luc Robert

Les représentants de la Coalition Santé Laurentides (CSL) sont déçus que le ministre Christian Dubé n’ait pas présenté des moyens qui corrigeraient les problèmes d’accès au réseau de la santé des Laurentides. Ils ont tenu une rencontre avec ce dernier le mardi 13 décembre dernier, à Sainte-Agathe-des-Monts.

Les dirigeants du CSL croyaient que cette nouvelle réunion avec le ministre de la Santé et des Services sociaux serait enfin la bonne.

« Nous étions persuadés que cette troisième rencontre en moins d’un an avec M. Dubé serait la bonne. Malheureusement, il faudra continuer les efforts », s’est désolé le président de la CSL et préfet de la MRC des Laurentides, M. Marc L’Heureux.

« À l’exception des gestes ponctuels afin de corriger des situations de façon temporaire, le ministre n’a fait que répéter ce qui nous est promis depuis 2018. Pourtant, il sait que ces engagements ne représentaient que le tiers des besoins des trois hôpitaux visés. Il s’agit de ceux de Saint-Jérôme, de Mont-Laurier et de Saint-Eustache. Puis, il n’y a rien de significatif pour les trois autres hôpitaux de la région. Sans l’actualisation des budgets disponibles, proportionnellement à la poussée inflationniste de 2022, la portion des travaux réalisés risque d’être encore moins importante que prévu. Cela pourrait repousser davantage la réalisation de certains plateaux techniques essentiels en région », a affirmé le président de la CSL.

Cette situation a une incidence directe sur la future relève des Laurentides.

« Quand on n’a pas les bons outils et plateaux techniques, ça veut dire que les gens iront juste travailler à Montréal. On a beaucoup de misère avec la rétention, dans notre région, parce qu’on n’a même pas de place pour recevoir les stagiaires. Il est donc difficile de les garder ensuite », a-t-il souligné en entrevue via Zoom.

Décision surprenante

Selon la CSL, « cette décision du ministre est particulièrement surprenante puisqu’il s’était engagé, lors des deux rencontres précédentes, à apporter des solutions concrètes cet automne. De plus, le ministre avait lui-même co-présenté, en mai dernier, une motion adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale. Celle-ci reconnait la situation alarmante d’accessibilité aux soins de santé et services sociaux dans les Laurentides, ainsi que l’urgence de voir appliquer les principes du Plan pour mettre en œuvre les changements nécessaires en santé », a-t-il précisé.

50 % en psychologie

De ce fait, « la région des Laurentides est parmi les moins bien desservies au Québec », a pointé du doigt la Coalition Santé Laurentides, pour ce qui est de l’accès aux soins de santé.

« Par exemple, il y a un tiers de moins de médecins et plus d’un tiers de moins d’infirmières par habitant que la moyenne au Québec. Pour les psychologues, on parle de 50 % de moins de ressources que pour l’ensemble québécois. Cette situation de déficit, par rapport au reste du Québec, s’applique pour l’ensemble des professionnels de la santé dans les Laurentides. »

Moins de lits

C’est le même constat pour les lits de santé physique générale , « qui sont un tiers moins présents, alors qu’en néonatalogie, c’est près de la moitié moins de lits que la moyenne provinciale ».

« Cette situation est le résultat d’un sous-financement chronique de la région. Concrètement, les Laurentides reçoivent entre 4,5 % et 5,5 % du budget en santé, alors qu’elle représente plus de 7,5 % de la population du Québec. Cette population a doublé dans les 30 dernières années, […] et il faut y ajouter les dizaines de milliers de villégiateurs tout au long de l’année. Pourtant, les infrastructures hospitalières n’ont pas été adaptées », a poursuivi la Coalition Santé Laurentides. Celle-ci regroupe des élus des 76 municipalités et des intervenants de plusieurs milieux.

Le dossier des médecins représente une portion des dossiers à régler. « Il y a aussi des défis importants au niveau des infirmières et infirmiers, des inhalothérapeutes et des techniciens en radiologie. Il faut trouver des solutions et les mettre en œuvre rapidement. »

Une quatrième rencontre

M. L’Heureux espère que Québec agira promptement. « On sent de l’inquiétude dans la population par rapport à leur système de santé. Il est temps que le gouvernement fasse son travail pour la quatrième région en importance au Québec.  Une quatrième rencontre est d’ailleurs prévue entre nos représentants et le ministre Christian Dubé, en février ou en mars prochain. Il faut que ce soit la bonne occasion et que des investissements importants soient annoncés. Ça devient urgent. Au moins, un canal (de communication) est ouvert. »

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