| Par lpbw

Payer pour prendre un bain de plus dans un CHSLD

Aînés. Des préposés aux bénéficiaires de Centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) des Laurentides auraient reçu des montants en argent comptant pour donner des bains supplémentaires à des personnes âgées.

C’est le député François Paradis, porte-parole de la Coalition Avenir Québec en matière de santé et pour les aînés, qui a divulgué cette information le 15 avril après avoir reçu copie d’une lettre de la commissaire régionale aux plaintes de l’Agence de santé des Laurentides.

Les préposés auraient donc en quelque sorte vendu aux aînés des services de bains supplémentaires. Le paiement serait fait en argent comptant. Dans sa lettre, la commissaire aux plaintes s’inquiète du fait que ces transactions se fassent au noir et qu’elles présentent un risque d’abus financier envers les aînés et qu’aucune qualité des services ne peut être assurée.

Pire encore, dans sa lettre confidentielle, la commissaire aux plaintes affirme que des gestionnaires de ces établissements étaient au courant de cette pratique et l’endossaient.

Un bain par semaine

Le député Paradis voit dans cette pratique un manque de respect inacceptable envers les personnes âgées. Il a lui-même remis le document au ministre de la Santé, Gaétan Barrette. « Comme tout le monde, le ministre est troublé, il se questionne, a mentionné François Paradis. On parle ici d’hygiène, pas d’un luxe. Ça permet de nous questionner sur les normes minimales d’hygiène qui sont d’un bain ou d’une douche par semaine. »

Par ailleurs, le député n’a pas été en mesure de déterminer dans quels CHSLD les services de bains supplémentaires ont été signalés.

Quelques heures après ces révélations, le ministre Barrette a émis une consigne pour que tous les établissements de santé de la province mettent fin à ces services. Il a avoué que la pratique était beaucoup plus répandue qu’il ne le croyait.

Des bains supplémentaires toujours possibles

De plus, la direction du nouveau Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides, a réagi en demandant aux établissements de ne plus tolérer une telle pratique et de s’assurer « qu’aucun soin d’hygiène ou tout autre service ne doit être offert par le personnel en échange d’une contribution en argent, en dehors du cadre de travail. »

« Nous souhaitons identifier les résidents qui se prévalaient de ces services d’hygiène pour, entre autres, connaître leurs besoins et nous procéderons ensuite à la révision de leur plan d’intervention clinique pour évaluer les soins d’hygiène qui leur sont offerts et revoir leur niveau de soins requis », a affirmé le président-directeur-général du CISSS des Laurentides, Jean-François Foisy. L’institution recueillera également les demandes de services privés rémunérés.

« Nous réitérons que nous n’endossons aucunement cette pratique. Dès que nous avons été informés de cette situation, nous avons pris position. Tel que l’a recommandé la commissaire, nous allons nous assurer que cette pratique cesse », a précisé M. Foisy.

Pas dans les Pays-d’en-Haut

La pratique des services de bains vendus au noir ne toucherait par le CHSLD des Hauteurs situé à Sainte-Adèle. Selon Claire Lefebvre, coordonnatrice de la Coop SORE et membre du comité des usagers du CHSLD, ces services n’étaient pas offerts par les employés du CHSLD. Depuis que la problématique a été mise au jour, elle affirme avoir été informée par diverses sources, dont des employés, que les services de bains supplémentaires n’étaient pas vendus aux résidents.

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