Nicolas Zorn. (Crédit : Amélie Philibert)
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Nicolas Zorn, un porte-parole qui sait de quoi il parle

Par France Poirier

Nicolas Zorn est porte-parole et vice-président du conseil d’administration de la Fondation des Centres jeunesse des Laurentides.

En 2017, on lui a demandé d’agir à ce titre parce qu’il avait publié un livre intitulé J’ai profité du système: des centres jeunesse à l’université : parcours d’un enfant du modèle québécois.

La DPJ a pris en charge Nicolas, à l’âge de 11 ans, jusqu’à sa majorité. À l’âge de 11 ans. « J’avais le privilège d’avoir reçu un héritage de mon père décédé alors que j’avais 8 ans, mais je l’ai su à l’âge de 18 ans. Si je n’avais pas eu ça, je ne sais pas comment j’aurais pu faire des études supérieures et me trouver un logement. Vivre en logement pour un jeune de 18 ans qui n’a pas de référence, c’est difficile. J’ai dépensé la majorité de l’argent à vivre mon adolescence en accéléré comme je ne l’avais pas vécu vraiment en centre jeunesse », raconte-il. 

« J’ai été peu de temps en famille d’accueil, puis en foyer de groupe pendant une année, mais la majorité du temps je l’ai passé en centre jeunesse à Huberdeau. J’avais des problèmes de comportement et le décès de mon père n’a pas aidé. Ma mère est toujours présente dans ma vie, même si durant cette période j’ai coupé quelquefois les ponts. Il y a eu des périodes plus difficiles », se rappelle Nicolas.

Le décès de son père a tout fait bousculer. Il avait lui aussi des troubles de comportement. « Mes parents se sont séparés alors que j’avais 5 ans. Quand j’ai été pris en charge par la DPJ à 11 ans, ma mère a réalisé à quoi servaient ses impôts. La DPJ est comme une assurance pour les parents : soit que les parents ne vont pas bien, soit que c’est l’enfant qui ne va pas bien. C’est avoir accès à une foule de services qu’on ne pourrait pas se payer. Selon moi, la DPJ est un filet social pour les parents, les enfants, mais aussi pour la société », explique-t-il.

Une rencontre déterminante

C’est une rencontre avec un orienteur qui lui a fait comprendre essentiellement que tout ce qu’il désirait faire dans la vie passait par des études universitaires. 

« À partir de là, j’ai pensé au genre de vie que je voulais. Je ne me voyais pas être pizzaman toute ma vie. Mon secondaire n’était pas terminé, alors j’ai réalisé que je devais le finir, puis me rendre au Cégep et à l’université en espérant qu’un baccalauréat sera suffisant. Je voulais être historien, archéologue, mais finalement je suis au doctorat à l’Université de Montréal en Sciences politiques. »

Aujourd’hui il est papa d’un petit garçon de 4 ans. « Je voulais être un bon père, un meilleur père que celui que j’ai eu. Il avait des qualités, ce n’était pas un mauvais père, mais il avait certains problèmes. Je voulais être un bon parent. Ça s’apprend, être un parent. Il y a des essais et des erreurs. Ce n’est pas compliqué être un bon parent, il faut être à l’écoute et être présent. Je joue beaucoup avec mon fils, on a une belle relation. Le message que j’enverrais aux parents et aux jeunes est de ne pas lâcher. Il y a de l’aide et il ne faut pas avoir honte de parler et de demander de l’aide », conclut Nicolas.

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