| Par Luc Robert

Les paroissiens en mode solution plutôt que confrontation

La saga du déplacement des arbustes et des ornements entourant les monuments du cimetière Saint-François- Xavier, à Prévost, a pris une nouvelle tangente, alors que les concessionnaires de lots ont opté pour présenter des solutions, plutôt que d’en venir à de possibles affrontements judiciaires.

Au moment d’aller sous presse, lundi midi, Le Nord a appris que la suite des événements s’est jouée mardi (hier 31 août), lors d’une réunion de la Fabrique de la Paroisse Saint-François-Xavier.

« La réunion se déroule à huis clos. Mme Lagrange, une des concessionnaires de lot (qui a témoigné dans Le Nord la semaine dernière, NDLR), a demandé à nous soumettre une proposition. On verra ce que le conseil de Fabrique décidera. Personne d’autre ne devrait être admis », a souligné Mme Claire Boivin-Boisvert, secrétaire et marguillière à la Fabrique.

Rappelons que depuis le tollé de la semaine dernière, les travaux de réaménagements ont été suspendus, afin d’y voir plus clair dans le dossier.

Le journal a laissé un message à la boîte vocale du maire Paul Germain, afin de savoir si un représentant de la municipalité devait être présent à l’assemblée.

Sur la page publique Spotted Prévost, de Facebook, le premier citoyen y est allé de propos précis. « Le cimetière est géré et appartient à la Fabrique de la Paroisse Saint-Francois-Xavier : il s’agit donc d’une propriété privée. À la suite des événements de cette semaine (dernière), la ville s’est assuré du respect de la réglementation municipale. La Fabrique est un organisme fier de son indépendance. Dans le passé, les relations entre mon administration, la Fabrique et l’Évêché n’ont pas toujours été au beau fixe. Notre pouvoir d’influence se résume donc à ZÉRO. Toute intervention de notre part pourrait même avoir l’effet inverse », a-t-il expliqué.

Bénévoles prêts

Pour Mme Dominique Labelle, dont la fille occupe le lot 26 depuis 2011, tendre la main à la Fabrique demeure la solution.

« On est en processus de paix. Le Comité de la Fabrique a l’occasion de faire amende honorable. C’est le temps d’ouvrir leur coeur et d’accepter que les bénévoles effectuent l’entretien. Je suis moi-même prête à placer mon nom sur la liste. Il y a déjà un bénévole qui a repeint des statues. Ce n’est pas le moment de nous claquer la porte au visage. On est plus dans les années 50, où l’Évêché et la Fabrique décidaient et que tous suivaient. Il faut un dialogue. Les paroissiens veulent aider. »

« D’ailleurs, l’église représente le pardon. Je n’ai reçu aucun appel pour enlever les arbustes. Mme Boivin-Boisvert m’a dit qu’il y a eu un manquement (dans les procédures). Elle m’a assuré qu’il n’y aura rien d’autre de fait, avant l’assemblée. Elle a constaté que je n’étais pas sur la liste des personnes jointes . C’est leur chance (la Fabrique) de créer un pont avec les paroissiens, car plusieurs veulent rendre le cimetière unique, splendide et chaleureux. Mme Boivin-Boiverst m’a assuré que je serai avisée et que j’aurai un délai raisonnable pour aller chercher mes végétaux sur place. C’est à suivre. »

Dans le ravin

Pour l’entrepreneur Emmanuel Monette, du Lac Renaud, le fait d’avoir disposé des arbustes dans un ravin, près de l’entrée du cimetière, pose problème. « Quand j’entends la Fabrique dire que l’entrepreneur a lui-même décidé de jeter les arbustes dans un ravin, au lieu que nous puissions les récupérer, je trouve ça déplorable. Certains arbustes ont été arrachés et cassés grossièrement, sans sauver les racines. Il n’y en a pas gros de récupérables », a-t-il évalué.

« Pour nous, c’est plus qu’un espace pour défunts. C’est un lieu de rituel et d’hommage (à ma mère). Quand tu es là depuis les années 1980 (terrain des Genest), il me semble que tu as un certain droit acquis. C’est notre espace, même s’il est écrit que la législation peut changer. »

Celui qui est aussi propriétaire de l’entreprise Entretien paysager ALM inc., a témoigné à la ville.

« Je ferai ma déposition auprès du responsable de l’environnement à la municipalité, M. Philippe Labbé, comme témoin. La Fabrique avait-elle un permis pour procéder ? Des arbustes de plus de 4 pouces de diamètre ont-il été coupés ? Estce que les opérations ont été planifiées ou improvisées ? Je déneige bénévolement le cimetière depuis plusieurs hivers. On s’empresse de m’appeler s’il y a une seule égratignure de chasse-neige sur le chemin asphalté. Mais quand ils engagent une mini-pelle à chenilles en métal (et non en caoutchouc) et que des bouts d’asphaltes sont arrachés, c’est acceptable ! C’est deux poids, deux mesures », a repris M. Monette.

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