Jean Gagnon, représentant du secteur préhospitalier, à la Fédération de la santé et des services sociaux.

| Par Luc Robert

Les négociations achoppent au niveau salarial

La Fédération de la santé et des services sociaux affiliée à la Confédération des syndicats nationaux (FSSS-CSN) et le Conseil du trésor du gouvernement du Québec poursuivent les négociations, bien que les propositions salariales démontrent un grand écart entre les deux parties.

Sans convention collective depuis maintenant deux ans, les paramédicaux veulent être rémunérés à la hauteur des employés des autres services d’urgences et professionnels qu’ils côtoient au quotidien dans les hôpitaux.

« Le Conseil du trésor refuse les propositions syndicales, dont la réévaluation les salaires. Nous avons eu trois jours de négociations pour aborder les matières à incidence financière. Le mercredi 13 avril, vers 22h, bien que nous ayons progressé, le Conseil a mis fin à la séance de négociations et a annoncé qu’il procéderait, le lendemain matin, à un dépôt d’offres monétaires, afin de régler le dossier », a dévoilé M. Jean Gagnon, représentant du secteur préhospitalier à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS).

Or, la proposition gouvernementale n’a pas atteint les objectifs du syndicat, dont font partie 300 employés des Services préhospitaliers Laurentides-Lanaudière (SPLL).

« Nous avons pris connaissance des offres. La partie patronale souligne qu’il y a plus que 2 % par année (x 3 ans) sur la table, mais du même souffle, elle nous a répété à plusieurs reprises que nous ne sommes pas un groupe prioritaire aux yeux du gouvernement. À l’heure actuelle, les parties sont incapables de se rejoindre quant aux objectifs monétaires », a-t-il poursuivi.

Des représentants des employeurs et d’Urgences-santé étaient présents lors des négociations de la semaine sainte.

« Ce sont eux qui ont demandé une table nationale. Nous comprenons donc que tous les employeurs sont en accord avec ce qui nous est offert par le Conseil. Bien que l’offre ne soit pas à la hauteur, nous ne quitterons pas la table. Nous nous ferons voir et entendre (distribution de tracts). Le Conseil du trésor doit comprendre que nous ne sommes pas qu’une colonne de dépenses dans le budget. »

Problèmes récurrents

Parmi les autres doléances, les ambulanciers du SPLL ont vu le processus de prise de vacances être chamboulé. L’employeur a décrété une nouvelle méthode de distribution de celles-ci.

« Il invoque les moyens de pression exercés par les paramédicaux (pour expliquer le changement), mais ce sont davantage les difficultés d’attraction et de rétention du personnel qui sont en cause. Les paramédicaux expérimentés sont de plus en plus nombreux à quitter la profession. Les conditions de travail n’attirent plus la relève. Nos membres sont à bout de souffle, tannés de ne jamais pouvoir manger à l’heure ni de finir à l’heure. Leur santé psychologique n’est pas prise au sérieux et voilà que l’entreprise s’en prend aux vacances des salarié-es », a dépeint M. Patrice Girard, président du Syndicat des paramédicaux Laurentides-Lanaudière (SPLL–CSN).

Les équipements ne seraient pas non plus à point.

« D’autres problèmes criants doivent être réglés. On manque de véhicules, partout au Québec. Si les conditions ne sont pas au rendez-vous, le secteur va continuer de se détériorer. Le gouvernement tire dans sa chaloupe, en imposant des mesures drastiques, qui toucheront les nouveaux », a repris Jean Gagnon.

« La fermeture d’esprit du gouvernement face aux revendications est perçue comme un manque de respect pour les sacrifices que doivent faire chaque jour les paramédicaux », a achevé Gagnon.

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