Le dermatologue ne pratique plus depuis le 7 décembre 2010
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L’au revoir du Docteur Gilles Ouimet

Par lpbw

Le Docteur Gilles Ouimet, dermatologue, a quitté précipitamment sa clientèle début décembre 2010. La cause? Un problème cardiaque.

  Depuis, le Dr Ouimet a été obligé de s’arrêter définitivement de pratiquer. Une épreuve pour le médecin qui adorait son travail. « C’était ma vie. J’aimais ma patientèle,» nous partage-t-il avec humour, non sans tristesse et amertume. «Je veux que mes patients sachent. Mon départ a été brutal, à ce moment-là, je n’étais plus capable de parler. Chers patients devenus des amis, chers amis devenus des patients je veux vous mettre au courant de ce qui s’est passé,» partage  le médecin.

 Parfois le médecin est mal considéré parce qu’on ne connait pas son métier,» confie Gilles Ouimet. Pour lui, il existe trois  étapes dans sa vie. Pour commencer, la vie d’un médecin, puis les maladies d’un médecin et, pour terminer, la mort d’un médecin. Pour le dermatologue, la mort, c’est lorsqu’il a arrêté de travailler. «Ça m’a bouleversé. Je suis médecin depuis 44 ans.»

 Au départ, la vie en Gaspésie

La vie du médecin, commence à l’image du film «La grande séduction.» Il part, avec un ami médecin rencontré à Montréal. «Michel Pelletier et moi, nous nous sommes  connus pendant le stage où nous étions.» Ils finissent leur médecine ensemble. En 1967, ils décident de partir en Gaspésie, afin de relever un défi, rouvrir un centre médical, à Grande-Vallée.

 «Ils nous ont attiré là-bas, exactement dans le même contexte que le film «La grande séduction». Les gens ont tout fait pour les garder. «Ils nous invitaient chez eux…À Grande-Vallée, nous faisions tout, pharmaciens, médecine générale, nous traitions nos patients chez eux, faisions des accouchements à la maison.» Ils remplacent le dentiste, enlèvent des dents, deviennent vétérinaires, soignent les vaches. «Il fallait souvent improviser, » témoigne le Dr Ouimet. « Les gens étaient vraiment gentils. Parfois ils ne pouvaient pas payer, mais ils nous donnaient des patates, du poisson.» En réalité, le médecin a travaillé gratuitement pour l’équivalent de 17 000 $.

 Les études et le trajet

Gilles Ouimet est de Montréal. « J’ai étudié au Collège Sainte-Marie (collège jésuite de Montréal), un endroit sérieux où j’ai fait mon cours classique. J’ai ensuite décidé de faire ma médecine. J’aimais la littérature, les poèmes, j’étais moins bon en physique, mais ça a bien été. » Ensuite, il choisit la dermatologie. Gilles Ouimet a choisi la dermatologie «Car on voit le problème. On peut palper et porter un diagnostic rapidement, c’est devant nos yeux.»

D’après lui, peu de médecins veulent faire dermato.  L’esthétique ne l’a jamais intéressé même si ça rapporte beaucoup.

Notre-Dame, Sainte-Justine, Saint-Luc, l’Hôtel-Dieu, Maisonneuve-Rosemont…« J’ai beaucoup enseigné à l’Université de Montréal, dans différents hôpitaux, Sacré-Cœur à Cartierville surtout. J’y ai enseigné gratuitement pendant des années. « Dans le passé des médecins nous ont aidés, c’était ma façon de redonner.»

«Je n’ai jamais aimé vivre à Montréal. Après la Gaspésie, je suis allé vers le nord.»

Le docteur Ouimet pratique durant 3 ans à Laval. À la mort de son collègue et ami, décédé à 49 ans, il quitte Laval et se dirige plus au nord. «J’ai été bouleversé. J’ai laissé Laval pour le nord.» Il pratiquera dans une clinique médicale à Saint-Jérôme sur la rue De Martigny puis à Saint Antoine à la Clinique Médicale Antoine Labelle. Le dermatologue y servira ses patients près d’une vingtaine d’années.  Le Dr Gilles Ouimet a travaillé  de nombreuses années avec son associé, le Dr Jean-François Desgagnés.

 Les maladies d’un médecin

Quatre accidents vasculaires cérébraux (AVC), une opération à cœur ouvert il y trois ans. 1 an avant de  pouvoir reparler. En ce moment, il a encore un problème de valve cardiaque. Le médecin n’est pas épargné par la maladie «J’ai été hospitalisé longtemps, j’ai subi une chirurgie, 3 mois d’hospitalisation.» Ce sont aussi toutes les maladies attrapées à l’hôpital. «Des périodes où je faisais beaucoup de consultations en  milieu hospitalier. J’ai attrapé le Clostridium difficile (C difficile) puis la bactérie mangeuse de chair, j ai failli perdre mon bras. J’ai été hospitalisé 12 jours et c’est parti. J’ai eu de la chance, la maladie causée par la bactérie mangeuse de chair est très grave et peut causer la mort.» Il arrêtera de travailler complètement le 7 décembre 2010.

 Et maintenant ?

À 67 ans, il vit  dans sa maison de Sainte-Adèle, depuis 7 ans, avec sa compagne Ginette Marsolais, avec laquelle il partage sa vie, depuis 11 ans . Ils ont chacun 3 garçons et chacun deux petits enfants (une fille et un garçon).

 «J’aimais ce que je faisais, Dans les deux dernières années, je voyais 20 à 30 patients par jour. J’ai toujours des amis dans le milieu et j’ai encore une belle vie. J’ai hâte de pouvoir aller à la pêche à la chasse de faire du sport. J’étais un bon joueur de tennis. » Pour le moment, Gilles Ouimet se remet doucement, marche le plus possible, fait de la lecture.

 La semaine dernière le dermatologue partait pour un colloque de médecin dans les Cantons de l’Est, une occasion de revoir ses amis. Le 3 mai dernier, le Dr Ouimet  retournait  à l’hôpital pour son  problème de valve cardiaque.

En guise de conclusion

  «Je voulais que les gens me connaissent, sachent ce qui m’est arrivé. Je sais que j’étais apprécié les patients m’aimaient. J’avais des patients de Montréal jusqu’à Mont-Laurier. C’était toute ma vie! »

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