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L’accessibilité des services en santé mentale

Par Ève Ménard

Pour conclure son 40e anniversaire, l’UQO propose trois midisconférences ouverts autant au grand public qu’à la communauté étudiante. La première conférence a eu lieu le 26 janvier dernier sous le thème Vers des services de santé mentale plus accessibles et mieux adaptés.

Donnée par Pierre Pariseau-Legault, professeur au Département des sciences infirmières, l’évènement virtuel a rassemblé près de 90 intéressés. Le sujet étant très d’actualité, la présentation a suscité plusieurs questionnements et réactions très positives. À travers un travail de vulgarisation efficace, le professeur a touché plusieurs enjeux, dont l’accessibilité des services, l’accompagnement, le soutien et la réadaptation ainsi que le développement des pratiques, entre autres.

Accès difficile dans les Laurentides

On y apprenait notamment que les Laurentides font piètre figure en matière d’accessibilité des services en santé mentale : selon des données datant de 2017, la région arrive au 19e rang sur 21. Pierre Pariseau-Legault indique que cette position pourrait s’expliquer par la question démographique : quand la population augmente, les services doivent aussi suivre. Mais de manière plus générale encore, le professeur a constaté dans les dernières années un sous-financement en santé mentale et même parfois une « sous-valorisation » du domaine, ce qui se répercute sur les politiques d’accès.

Midis-conférences à venir:

• Jeudi 10 février : Katrine Turgeon, professeure et chercheure au Département des sciences naturelles parle des Défis de la conservation des espèces menacées sur les terres privées.

• Jeudi 10 mars : la professeure Isabel Côté, du Département de travail social, aborde le thème Les mutations des familles contemporaines : comment fait-on famille au XXIe siècle?

Importance du recrutement

Une journée avant la conférence, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, présentait le Plan d’action interministériel en santé mentale 2022- 2026 (PAISM). Ce sont 1,2 milliard de dollars consacrés à sa réalisation, dont 361 millions de dollars en nouveaux investissements. Pierre Pariseau-Legault a accueilli ce plan de manière favorable, bien que certains questionnements demeurent. Il y a notamment la question du recrutement. « Nous devons nous assurer de solutionner les enjeux de pénurie parce qu’on ne peut pas s’attendre à mettre en oeuvre un plan aussi ambitieux sans avoir des professionnels qualifiés pour le faire. »

Le recrutement est d’ailleurs un défi dans les régions. Des campus régionaux comme l’UQO à Saint-Jérôme sont d’ailleurs une manière de palier à l’enjeu et de favoriser l’accessibilité aux ressources. « Il y a une réponse aux besoins régionaux qui doit se faire par les régions elles-mêmes, notamment par l’intermédiaire de leurs pôles universitaires et des efforts de recrutement doivent être fait en ce sens. »

Autre solution mise de l’avant par le professeur pour favoriser l’accessibilité et la qualité des services : plus de complémentarité et un élargissement des interventions à différents champs d’expertise. « On doit outiller chaque intervenant ou professionnel de la santé en fonction de son champ d’exercices, à intervenir en santé mentale, à la fois dans les services généraux et particuliers. » Il faut donc offrir des services complémentaires, mais aussi continus. « Les personnes doivent recevoir la bonne intensité de service, au bon moment. »

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