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La CSN lance une campagne pour sauver le réseau public

Par France Poirier

MANIFESTATION. En organisant une chaîne humaine, mercredi soir dans le parc Labelle au centre-ville de Saint-Jérôme, les regroupements du Conseil central des Laurentides affiliés à la CSN lançaient une campagne régionale d’information et de sensibilisation auprès des parents et de la population sous le thème Un réseau qui fait grandir!.

Par ce mouvement, ils veulent obliger le gouvernement Couillard à cesser ses attaques contre les services de garde et, notamment, à réinvestir pour en assurer la qualité.

Fin de la tarification unique et choc tarifaire

«Depuis des années, le réseau des services de garde éducatifs à 5$, puis à 7$, est mis à rude épreuve», explique la présidente du Conseil central des Laurentides, Louise Jetté. «C’est encore plus vrai aujourd’hui en raison des politiques d’austérité du gouvernement libéral, alors qu’il a imposé, sans débat, des hausses tarifaires sans précédent, mettant en cause l’universalité et l’accessibilité aux services de garde si chèrement acquises au Québec».

En CPE et en milieu familial régi, la contribution parentale est passée de 7$ par enfant par jour, en 2014, à un maximum de 20$ en 2015, notamment en raison de la modulation des tarifs selon le revenu familial. C’est ce que les parents vont bientôt découvrir en faisant leur rapport d’impôt. En milieu scolaire, la contribution est passée durant la même période de 7$ à 8$. C’est sans compter que le gouvernement a procédé depuis le 1er janvier dernier à l’indexation de tous les tarifs, entraînant des hausses chaque année.

Un parti pris pour les garderies privées

Selon la présidente du Conseil central des Laurentides, les gouvernements libéraux, qui se sont succédé, ont mis en place des mesures pour favoriser le développement de garderies commerciales: pour certaines, en leur accordant des places à contribution réduite et, pour d’autres, par le biais de la bonification du crédit d’impôt versé aux parents pour frais de garde. En 2003, les garderies commerciales représentaient 16 % du total des places régies, contre 35 % aujourd’hui.

Des compressions sans précédent

«Ce n’est pas l’entente intervenue récemment avec les associations de CPE et de garderies privées sur les compressions budgétaires et la refonte du financement des services de garde qui va changer les choses», affirme le vice-président régional Laurentides-Lanaudière de la FSSS, David Deschatelets. «Ce sont les parents et leurs enfants, ainsi que les travailleuses et travailleurs qui vont en payer le prix, notamment en raison des impacts sur la qualité des services».

Il explique qu’en CPE, on vit avec la diminution des heures consacrées à l’alimentation, à la désinfection et à l’entretien sanitaire, à l’accompagnement des enfants aux besoins spécifiques ainsi que le non-remplacement du personnel. En milieu familial reconnu, il y a une baisse des ressources dédiées à l’aide pédagogique et à l’aide aux enfants ayant des besoins spécifiques. Finalement, en milieu scolaire, on réduit l’achat de matériel ainsi que le temps de planification et de préparation au détriment de la diversité des activités offertes aux enfants.

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