| Par lpbw

« Il faut donner la parole aux gens de la rue»- Yves Manseau

SAINT-JÉRÔME. Yves Manseau est connu pour avoir été un militant pour les causes de l’antipauvreté, de la brutalité policière, du système de justice, les droits fondamentaux. Il est sans domicile fixe depuis cinq ans.

Une situation déclenchée par un problème de consommation de drogue dure, tard dans sa vie. « J’ai eu besoin d’une thérapie fermée durant 6 mois que j’ai faite au Portage, à Prévost ». Il vient de Montréal.

À sa sortie du Portage, il s’est installé à Saint-Jérôme. Il y est depuis 4 ans. « Au début, j’ai pris une chambre pas chère, ce qui m’a beaucoup aidé, en plus du Café de rue, un centre de jour pour les itinérants qui a été fermé l’année passée pour des raisons incongrues. » Yves Manseau y était bénévole. Il déplore sa fermeture, d’autant que deux autres ressources ont été fermées, une maison d’insertion sociale et l’hébergement d’urgence au-dessus du CSA. Maintenant, l’organisme Fleur de macadam a repris en main l’hébergement d’urgence.

« Le grand trou ici, c’est le Café de rue, parce que c’était un lieu d’appartenance des gens de la rue, c’était pratiquement le seul lieu de socialisation pour ces gens qui souffrent de solitude. Pour moi, en tant que bénévole, c’était le seul lieu important. Organisateur communautaire, il veut faire un groupe d’entraide avec des gens de la rue. « Par les gens et pour les gens de la rue. » « Les gens de la rue ont leur mot à dire dans les services qu’on leur donne. »

Son message, Yves Manseau le fait passer en choisissant de vivre dans la rue. Il s’apprêtait d’ailleurs à y passer la nuit lorsque nous l’avons rencontré. « Il faut donner plus de place aux itinérants. Lors de la Nuit des sans-abri, les itinérants étaient dehors et aucun n’a pris la parole », déplore-t-il.

Fleur de Macadam

Patrick Fournelle est directeur de l’organisme, Fleur de Macadam. Il a été longtemps travailleur de rue, entre autres, pour l’Écluse à Saint-Jérôme.

Depuis le 1er avril 2014, l’organisme offre neuf lits en hébergement d’urgence, mixte, rue de la Gare. La plupart du temps, tous les lits sont occupés.

« Ça s’adresse aux personnes qui vivent de l’itinérance chronique ou situationnelle. On leur donne une couple de jours pour décanter. » La première semaine elles vont pouvoir rencontrer un intervenant pour faire un plan de base. « On va essayer de les accompagner pour qu’elles ne soient plus dans la même situation à la fin du séjour»

La ville de Saint-Jérôme est un partenaire important pour l’organisme, elle leur offre les locaux en plus d’avoir donné un montant d’argent «. La nouvelle administration est préoccupée par le phénomène de l’itinérance à Saint-Jérôme », nous dit Patrick Fournelle.

Ils seront là jusqu’ au 31 janvier, parce l’édifice va être démoli pour faire place à la future salle de spectacle. « On déménage ailleurs à Saint-Jérôme. Ça devrait se concrétiser pour le 1er février, dans un endroit où il y aurait éventuellement une possibilité de 20 lits. »

Patrick Fournelle nous explique que le visage de l’itinérance a beaucoup changé « L’itinérance, ce n’est pas forcément un robineux assis qui boit de l’after-shave. Maintenant, elle a plusieurs visages, c’est plus difficile à identifier. Des gens qui ont l’air fonctionnels, mais qui ne le sont pas. Ce sont des gens qui ont des carences, des problématiques de santé mentale (psychotique, bipolaire, trouble de la personnalité) »

Il y a beaucoup de moins de femmes « Les dynamiques sont différentes. Les femmes vont plus facilement se débrouiller pour être accueillies par un homme pour dormir. Être prise en pitié peut-être. Il y aussi de la prostitution.»

Il y a-t-il une augmentation de l’itinérance ? « Oui, depuis cinq ans, c’est très présent ».

Pour le directeur de Fleur de Macadam, ça prend un continuum de services, un réseau, « pour s’occuper des gens à chaque stade, comme ici, pour les accueillir, c’est le point de départ. Et ça prend des travailleurs de rue pour le terrain, ça prend de l’accompagnement pour les personnes prêtes à retourner en chambre, pour briser le cycle, la réinsertion sociale, des «drop in », pour socialiser, se désennuyer ».

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