(Photo : Courtoisie)
Lorsque l'on retrouve ce logo, ça signifie qu'il y a de la nalaxone disponible dans ce lieu.
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Drogues de synthèse : Prévenir pour éviter le pire

Par France Poirier

Durant la période des Fêtes, on apprenait le décès d’un adolescent montréalais de 15 ans. Il a succombé à la suite d’une surdose liée à une pilule achetée sur le marché noir. C’était un comprimé d’opioïde encore plus puissant que le fentanyl. Mathis Boivin aurait pu être n’importe quel jeune qui tente des expériences. Mais que peut-on faire pour que ce genre d’accident ne se reproduise pas ?

Nous avons discuté avec Dre Catherine Aubut, médecin conseil spécialiste en santé publique des médecines préventives. « En santé publique, notre mandat est en prévention et en promotion, mais nous avons aussi un mandat de surveillance et de protection. On analyse les données comme celles qui sont liées à la surdose. Nous émettons des appels à la vigilance aux professionnels de la santé et aux différents intervenants, par exemple, lorsqu’il y a de nouvelles substances dangereuses qui circulent. Nous émettons aussi des avis à la population », nous explique-t-elle.

Prévention promotion

Dans le cadre de la prévention et la promotion, surtout chez les jeunes, le rôle de la Santé publique est de soutenir le développement des connaissances avec ses partenaires. « On participe au comité de concertation Toxicomanie Laurentides. On échange sur les meilleures pratiques en toxicomanie avec le scolaire, le municipal, les premiers répondants et les policiers. À l’école au secondaire, on s’associe à des organismes communautaires pour déployer le projet de prévention des surdoses chez les 12-17 ans. Nous soutenons aussi les activités et les ateliers en les finançant. On offre des outils. Nous avons des infirmières scolaires qui peuvent faire de l’enseignement sur les trousses de nalaxone, par exemple », poursuit Mme Aubut.

« La montée des surdose nous inquiète et on prend ça très au sérieux. Nous avons observé une hausse à chaque année. Nous observons notamment une légère hausse des taux de décès liés aux opoïdes qui sont plus dans la catégorie des 35 à 64 ans. Chez les jeunes, c’est plus rare. Depuis 2018, on compte 4 décès chez les 0 à 19 ans qui étaient surtout en situation de poly consommation. Il n’y avait qu’un seul cas lié aux substances de synthèse qui s’apparentait, mais qui était plus puissante qu’une base d’opioïde. »

Message aux jeunes

Le principe de la réduction des méfaits est une approche favorisée auprès des jeunes. « Ce principe vise à diminuer le ton moralisateur parce que si on dit aux jeunes de ne pas consommer, on sait que ceux-ci sont téméraires et souvent, ils veulent impressionner et épater leurs amis. Ce principe-là vise à les responsabiliser sur la façon de consommer. Le message est de ne jamais consommer seul, mais accompagné de personne de confiance; de désigner une personne dans le groupe qui ne consommera pas; de ne pas consommer différentes substances en même temps, ce qu’on voit souvent et qu’on appelle la poly consommation et de consommer la drogue en plus petite quantité pour tester ses effets », souligne Dre Aubut.

Le Dispensaire

Dans les Laurentides, l’organisme le Dispensaire est un centre de santé communautaire qui fait la lutte au VIH/Sida et à l’hépatite C. Il travaille avec les clientèles vulnérables et fait la promotion de la prévention tant en santé sexuelle que pour les drogues. « Nous travaillons spécifiquement avec la clientèle adulte, mais nous faisons aussi de la prévention au Cégep par exemple. On constate une augmentation de la consommation », explique Valérie Parisé, directrice du Dispensaire à Saint-Jérôme.

« Nous on a perdu quelqu’un décédé d’une surdose durant la période des Fêtes. C’était une personne que l’on côtoyait régulièrement. Il avait arrêter de consommer, il venait d’avoir un appartement. Mais dans les période des Fêtes, nous étions fermés. C’est difficile d’arrêter de consommer. Pour le jeune à Montréal, qui en était à à ses premières expériences, il a vraiment été malchanceux. »

« On offre des tests à notre clientèle avec lesquels les gens peuvent tester et connaître ce qu’une pilule contient. Ce test, ils peuvent le faire eux-mêmes », explique Valérie Parisé.

Il s’agit d’une petit languette qui peut retracer dix substances différentes qui se trouvent dans le comprimé. « Sachant ce qu’il contient, la personne peut faire un choix plus éclairé, s’il décide de le prendre. On en trouve dans des centres de thérapies, chez des organismes comme le nôtre », ajoute-t-elle.

Le Dispensaire travaille avec la Santé publique. « Nous avons obtenu un programme pour remettre du matériel sécuritaire. On parle des antidotes et des drogues dangereuses qui circulent  », souligne Valérie Parisé.

 

 

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